Italie : l'inflation ralentit fortement en mars mais reste plus élevée que dans le reste de l'UE

La hausse des prix en Italie a fortement ralenti en mars, passant à 7,6% sur un an, contre 9,1% en février. Cela s'explique par l'accalmie sur les tarifs de l'énergie. En revanche, les prix des biens alimentaires non transformés ont accéléré leur progression. Pour soutenir le portefeuille des ménages et des entreprises, le gouvernement italien prévoit de débloquer 21 milliards d'euros.
Les tarifs des biens énergétiques réglementés ont chuté de 20,3% sur un an en mars, après avoir baissé de 16,4% en février.
Les tarifs des biens énergétiques réglementés ont chuté de 20,3% sur un an en mars, après avoir baissé de 16,4% en février. (Crédits : Reuters)

La hausse des prix à la consommation a continué de ralentir nettement en Italie en mars. L'inflation s'est établie à 7,6%, selon des données définitives publiées ce lundi 17 avril par l'Institut national de la statistique (Istat). Elle avait atteint 9,1% en février et même 10% en janvier.

Le niveau de mars est d'ailleurs légèrement en dessous de l'estimation provisoire qui se situait à 7,7%. Sur un mois, les prix à la consommation ont même reculé, cédant 0,4%, selon ces chiffres révisés.

L'indice d'inflation calculé selon les normes harmonisées de l'Union européenne (IPCA) est cependant supérieur au taux national, atteignant 8,1% en mars sur un an, contre 9,8% en février.

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L'alimentaire tire les prix à la hausse

L'inflation a freiné grâce à l'accalmie sur les tarifs de l'énergie, alors que les prix des biens alimentaires non transformés ont accéléré leur progression, a expliqué l'Istat.

Les tarifs des biens énergétiques réglementés ont, en effet, chuté de 20,3% sur un an, après avoir baissé de 16,4% en février. Les prix des biens énergétiques non réglementés ont ralenti leur hausse à 18,9%, contre +40,8% le mois précédent.

À l'inverse en revanche, les produits alimentaires non transformés ont accéléré leur hausse (de +8,7% à +9,1%). Tout comme les prix des services culturels et de soins à la personne (de +6,1% à +6,3%) et du tabac (+1,8% à +2,5%).

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Une inflation plus élevée que dans la zone euro

Malgré cette baisse générale, l'inflation en Italie reste plus élevée que celle de la zone euro, qui a reculé à 6,9% en mars, grâce au coup de frein sur les tarifs de l'énergie. Si la tendance est positive, la persistance de l'inflation démontre que la bataille pour la ramener vers l'objectif de 2% l'an sera encore longue pour la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait continuer à augmenter ses taux d'intérêt.

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Cela n'est toutefois pas sans risque : d'une part, celui de plonger l'économie dans la récession alors que l'Union européenne devrait connaître une croissance faible cette année. Et, d'autre part, de déstabiliser un peu plus un secteur bancaire sous surveillance après la faillite de la banque américaine SVB et le sauvetage de Credit Suisse.

En Italie, l'inflation devrait en tout cas redescendre à 5,3% cette année, après avoir atteint 8,7% en 2022, selon les dernières prévisions de la Banque d'Italie. Et le FMI a récemment revu à la légère hausse ses prévisions de croissance pour le pays en 2023, à 0,7% (+0,1).

21 milliards prévus sur l'année

Face à cette hausse des prix persistante, le gouvernement de Giorgia Meloni a adopté fin mars de nouvelles mesures pour aider familles et entreprises à faire face à la vie chère, notamment dans les secteurs énergétique et sanitaire, pour un montant de 4,9 milliards d'euros. Le Conseil des ministres a notamment prolongé pour le deuxième trimestre la réduction de la TVA sur le gaz à 5% et les réductions sur les factures de gaz et d'électricité pour les familles à faible revenu.

Les entreprises pourront de leur côté continuer à bénéficier jusqu'à fin juin de crédits d'impôts, si elles ont enregistré au premier trimestre une hausse de leurs factures de gaz et d'électricité supérieure à 30%.

Le gouvernement a aussi décidé de débloquer 1,1 milliard d'euros pour la santé, un secteur qui relève en Italie de la compétence des régions.

Au total, le gouvernement de Giorgia Meloni prévoit de consacrer cette année plus de 21 milliards d'euros pour soutenir ménages et entreprises face à la hausse des prix de l'énergie.

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(Avec AFP)

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