Pour ou contre : faut-il une hausse générale des salaires face à l'inflation ? (Jonathan Marie face à Sylvain Bersinger)
Paul Marion
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La hausse des prix va encore durer plusieurs mois. Même si la Banque de France vient de réviser à la baisse ses prévisions d'inflation pour 2023, à 5,4% en moyenne annuelle contre 6% attendu jusqu'ici, un retour à une stabilité des prix ciblée à +2%, n'est pas attendue avant deux ans (+ 2,4% en 2024 et +1,9% en 2025). Surtout, l'évolution de la structure de l'inflation impacte le pouvoir d'achat des Français. Et pour cause : avec une hausse qui pourrait atteindre 15% sur un an en juin, les prix alimentaires ont pris le relais de ceux de l'énergie comme principal moteur de l'inflation. De quoi rogner le budget des ménages qui n'est pas protégé par un bouclier alimentaire comme c'est encore le cas dans l'énergie.
Dans les cortèges de manifestations, les revendications sur les hausses salariales côtoient les demandes de retrait de la réforme des retraites. Si le salaire mensuel brut a progressé de 3,8% en 2022, le rythme reste inférieur à celui de l'inflation annuelle (+5,2%), synonyme de baisse du pouvoir d'achat réel. Plus qu'une simple augmentation, 87% des Français souhaiteraient même réindexer les salaires sur l'inflation, comme c'était le cas jusqu'en 1982, au risque d'alimenter une boucle salaire-prix qui pourrait perpétuer l'inflation.
Alors, faut-il une augmentation générale des salaires face à l'inflation ?

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L'inflation demeure élevée et progresse même depuis janvier, atteignant 6,3% par an en février 2023 en France indique l'Insee. Depuis mars 2020, les prix à la consommation ont déjà augmenté de près de 11%. La progression nominale des salaires est plus faible : les salaires réels diminuent. La part des salaires dans le PIB se contracte, au profit de celle de la rémunération du capital. Depuis l'été 2022, la Banque Centrale Européenne a décidé de modifier sa politique monétaire, pour « éviter le déclenchement d'une boucle prix-salaires ». Selon le discours officiel, la hausse des taux d'intérêt vise, par l'augmentation du coût de l'endettement, à freiner la demande, tout en favorisant la reformulation des anticipations d'inflation sur un rythme d'inflation de 2%. Ainsi, salariés comme entrepreneurs s'abstiendraient de rechercher des hausses de salaires ou de prix supérieures à ce rythme. C'est cette logique qui a poussé la BCE à augmenter ses taux directeurs une nouvelle fois le 16 mars, portant le principal taux à 3,50% quand il était de 0% jusqu'au 27 juillet 2022.
Paul Marion