L'activité du secteur privé a continué à se dégrader en novembre en France et en zone euro

Pour le sixième mois consécutif, l'activité du secteur privé s'est contractée en novembre, aussi bien en France qu'en zone euro, selon les indices PMI publiés par le cabinet d'analyse financière S&P Global et la Hamburg Commercial Bank. Une faiblesse persistante de l'activité qui commence à affecter le marché de l'emploi.
L’industrie manufacturière a été le principal moteur de la baisse de l'activité économique de la France en novembre, la production des fabricants ayant enregistré « son plus fort recul depuis mai 2020 ».
L’industrie manufacturière a été le principal moteur de la baisse de l'activité économique de la France en novembre, la production des fabricants ayant enregistré « son plus fort recul depuis mai 2020 ». (Crédits : ALY SONG)

L'activité économique du secteur privé à de nouveau reculé en novembre en France. Selon la première estimation de l'indice PMI Flash du cabinet S&P Global et de la Hamburg Commercial Bank (HCOB), publié ce jeudi 23 novembre, ce dernier s'est replié à 44,5 en novembre, après 44,6 le mois précédent (après révision puisque la première estimation le plaçait à 45,3).

« La forte contraction de l'économie française s'est poursuivie » en novembre pour le sixième mois consécutif, indiquent S&P Global et HCOB dans un communiqué.

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L'indice se rapproche ainsi de son niveau de septembre (44,1), son plus bas depuis novembre 2020. Pour rappel, un indice supérieur à 50 montre une expansion de l'activité tandis qu'un chiffre inférieur à ce seuil indique une contraction.

« L'économie française semble se trouver dans l'impasse », commente auprès de l'AFP Norman Liebke, économiste à la Hamburg Commercial Bank. Ces données « suggèrent un repli marginal du PIB au quatrième trimestre » avec un « risque inflationniste qui reste bien présent ».

L'industrie manufacturière particulièrement touchée

Le tableau économique en France s'est détérioré depuis plusieurs mois. Faiblesse de la demande, hésitation face au contexte géopolitique et manque de visibilité économique sont les trois facteurs clés de cette situation. La demande de biens et de services a enregistré « sa plus forte détérioration depuis trois ans », précisent S&P Global et HCOB.

Dans le détail, l'industrie manufacturière a été le principal moteur de la baisse, la production des fabricants ayant enregistré « son plus fort recul depuis mai 2020 » tandis que l'activité des prestataires de services a continué de fortement baisser. S&P Global et HCOB soulignent aussi une forte augmentation des prix des achats et une hausse des prix de vente accélérée, avec un taux d'inflation à son plus haut niveau depuis le début de l'été.

L'activité de la zone euro en crise

La France n'est pas le seul pays à voir son activité se dégrader. Elle s'est aussi contractée dans la zone euro, pour le sixième mois consécutif, mais à un rythme toutefois moindre qu'en octobre, selon les données du cabinet d'analyse financière publiées également ce jeudi. L'indice PMI Flash, calculé sur la base de sondages d'entreprises, s'est ainsi redressé à 47,1, contre 46,5 en octobre, et signale toujours un risque de récession au quatrième trimestre.

« L'économie de la zone euro reste enlisée dans la crise en novembre, le secteur manufacturier et celui des services ayant chacun, au cours des derniers mois, affiché un taux de contraction de l'activité relativement constant », a souligné Cyrus de la Rubia, chef économiste pour la HCOB.

Selon lui, les dernières données de l'indice PMI suggèrent « la possibilité d'un deuxième trimestre consécutif de contraction du PIB (ndlr : produit intérieur brut) de la zone euro, synonyme de récession technique ». Le PIB des vingt pays partageant la monnaie unique a reculé de 0,1% au troisième trimestre, selon les derniers chiffres d'Eurostat, après une stagnation sur les trois premiers mois de l'année et une hausse de 0,2% au deuxième trimestre.

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Premières secousses sur le marché de l'emploi

Les fabricants français ont fait part d'une diminution de leurs effectifs en novembre tandis que la croissance de l'emploi dans les services n'a été que « marginale », face au manque de nouvelles affaires, ajoutent S&P et HCOB.

Les perspectives d'activité des entreprises privées se sont par ailleurs dégradées pour 2024, avec pour conséquence un « premier recul de l'emploi depuis la fin de l'année 2020 ». Le taux de chômage en France a en effet enregistré une hausse au troisième trimestre, à 7,4% de la population active (hors Mayotte), contre 7,2 au deuxième trimestre, selon l'Insee. « On pouvait s'attendre à une telle hausse compte tenu du ralentissement de l'économie mondiale », avait aussitôt réagi le ministre du Travail Olivier Dussopt, affirmant rester « entièrement mobilisé » face à cette augmentation qu'il espère « ponctuelle ».

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Du côté de la zone euro, alors que le chômage est toujours au plus bas - à 6,5% de la population active en septembre - la faiblesse de l'activité commence à affecter le marché de l'emploi, selon S&P. La baisse des carnets de commandes ont conduit les entreprises privées de la zone euro à réduire leurs effectifs en novembre. « L'emploi a reculé pour la première fois depuis près de trois ans, à un rythme toutefois marginal », note le cabinet.

Cette diminution résulte de suppressions de postes dans le secteur manufacturier, les plus fortes depuis août 2020, ainsi que d'un ralentissement des créations d'emplois dans les services. « Un nouveau ralentissement des créations de postes, voire une diminution des effectifs, au cours des prochains mois risque de faire remonter le taux de chômage, jusque-là peu affecté par la dégradation de la conjoncture », avertit Cyrus de la Rubia.

Pour autant, la Commission européenne ne s'affiche pas inquiète. Elle estime que le marché du travail devrait rester solide et table sur un taux de chômage « globalement stable » à 6,5% cette année et l'an prochain, selon ses dernières prévisions de mi-novembre.

(Avec AFP)

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Commentaires 8
à écrit le 23/11/2023 à 19:15
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Nos dirigeants sont nuls.

à écrit le 23/11/2023 à 18:45
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Il faut dire que le Président le gouvernement et les inutiles deputes nefont pas rêver au contraire. Les discours technocratiques insipides décalés sont des repoussoirs économiques. Le plus beau spécimen le très très technocrate ministre de l'écono...

à écrit le 23/11/2023 à 17:49
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Euh mais quelle surprise🤣🤡🤡

le 23/11/2023 à 20:40
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Une des principales raisons est due aux ruptures d'approvisionnements qui deviennent endémiques , il ne se passe pas quelques semaines sans que les médias s'en fasse l' écho dans les industries automobiles ou aéronautiques, dans le bâtiment , les pro...

le 24/11/2023 à 11:54
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@Idx. Oui, en effet, et selon toute vraisemblance, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne (encore une autre surprise🤣) car si l'on regarde un peu dans le rétroviseur - entre avril et juin 2023 - d’après un recensement du gestionnaire d’actif...

à écrit le 23/11/2023 à 14:55
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Déjà la fin du rayon de soleil? L'embellie a été brève.

à écrit le 23/11/2023 à 12:45
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...la production des fabricants ayant enregistré « son plus fort recul depuis mai 2020 »... La réindustrialisation est en marche, mais arrière. Tous les pays plus libéraux que la France ont plus d'industrie et moins de déficits

le 23/11/2023 à 14:54
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D'accord avec vous!!!! Moi je ne connais pas un seul pays socialiste ou étatique comme qui soit prospère. Regardez la Suisse, Les Pas Bas, L'Allemagne, l'Autriche, les USA, la Corée du Sud etc. : Tous ces pays sont libéraux et pratiquent l'économie ...

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