Zone euro : ces menaces qui pèsent sur la stabilité financière, selon la BCE

Confrontée au ralentissement économique en zone euro, la Banque centrale européenne avait été contrainte d'acter une pause dans le resserrement de sa politique monétaire, après avoir procédé à dix hausses successives. Compte tenu des perspectives économiques en baisse pour l'année à venir, la BCE tire la sonnette d'alarme dans un rapport publié ce mercredi.
« La faiblesse des perspectives économiques, ainsi que les conséquences d'une inflation élevée mettent à rude épreuve la capacité des particuliers, des entreprises et des gouvernements à rembourser leur dette », a prévient Luis de Guindos dans ce rapport de la BCE.
« La faiblesse des perspectives économiques, ainsi que les conséquences d'une inflation élevée mettent à rude épreuve la capacité des particuliers, des entreprises et des gouvernements à rembourser leur dette », a prévient Luis de Guindos dans ce rapport de la BCE. (Crédits : WOLFGANG RATTAY)

Les nuages continuent de s'accumuler au-dessus de la zone euro. Le durcissement des conditions d'accès au crédit, la croissance atone et les tensions géopolitiques accrues pèsent sur les perspectives de stabilité financière, prévient la Banque centrale européenne (BCE), dans un rapport publié ce mercredi.

« La faiblesse des perspectives économiques, ainsi que les conséquences d'une inflation élevée mettent à rude épreuve la capacité des particuliers, des entreprises et des gouvernements à rembourser leur dette », a prévenu Luis de Guindos, vice-président de la BCE, en introduction du rapport semestriel sur la stabilité financière de l'institution monétaire.

Les prévisions économiques pour la zone euro ont été révisées à la baisse à la mi-novembre. La croissance du PIB se limiterait ainsi à 0,6% en 2023 (-0,2 point) et 1,2% en 2024 (-0,1 point). « La faiblesse de l'industrie s'est étendue aux services entrés en récession durant l'été », avait observé le commissaire à l'Economie, Paolo Gentiloni, lors d'une conférence de presse, la semaine passée.

La « résilience » des banques saluée

Bien qu'au plus bas depuis deux ans, et malgré la politique monétaire engagée depuis de longs mois, la hausse des prix à la consommation devrait en effet rester problématique. Bruxelles la voit reculer moins qu'espéré l'an prochain à 3,2%, contre 2,9% attendu jusqu'ici, après 5,6% en 2023 (prévision inchangée).

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Au regard de ces sombres prévisions, la BCE avance « des risques baissiers importants », d'après le rapport. Un ralentissement économique plus marqué que prévu actuellement « pourrait s'avérer difficile » pour les entreprises de la zone euro, « en particulier si leurs niveaux d'endettement sont élevés, leurs bénéfices modestes et leurs ratios de couverture des intérêts faibles », insiste le rapport.

Les banques de la zone euro, elles, ont fait preuve de « résilience » aux chocs depuis la pandémie et leur rentabilité a progressé. Mais leurs coûts devraient augmenter, notamment car elles devront faire face à une baisse des volumes de prêts, résultant de la hausse des taux d'intérêts menée par la BCE pour lutter contre l'inflation.

De leur côté, les marchés financiers et les institutions financières non bancaires, comme les fonds d'investissement restent « vulnérables ». De ce point de vue, ils doivent donc renforcer leur résilience, préconise la BCE.

Le conflit au Proche-Orient pointé du doigt

L'institution de Francfort a remonté avec une ampleur inédite ses taux directeurs, procédant à dix hausses d'affilée depuis juillet 2022 pour combattre l'inflation. Le mois dernier, elle a effectué une pause dans ce resserrement monétaire, laissant ses taux inchangés, mais sans exclure un nouveau tour de vis si nécessaire.

« Il est essentiel que nous restions vigilants alors que l'économie évolue vers un environnement de taux d'intérêt plus élevés couplé à des incertitudes et des tensions géopolitiques croissantes », a appuyé Luis de Guindos.

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, liées à la guerre entre Israël et le Hamas, pourraient avoir « des répercussions négatives sur l'approvisionnement en matières premières énergétiques si le conflit s'aggrave encore », avance le rapport. De plus, elles pourraient « susciter une aversion au risque sur les marchés financiers et miner la confiance dans l'économie ».

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La BCE n'est, évidemment, pas la seule à s'alarmer des répercussions du conflit au Proche-Orient. La guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre, pourrait provoquer un nouveau choc de prix sur les matières premières, avait ainsi souligné la Banque mondiale (BM), dans son dernier rapport qui y est consacré, fin octobre.

« Le conflit au Proche-Orient vient s'ajouter au plus gros choc sur le marché des matières premières depuis les années 70 provoqué par l'invasion russe de l'Ukraine », avait rappelé le chef-économiste de l'institution, Indermit Gill, cité dans un communiqué.

La Banque mondiale estimait que l'impact dépendra grandement de ses effets sur les exportations de pétroles dans le monde.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 22/11/2023 à 18:35
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Derrière leur dette notre sang.

à écrit le 22/11/2023 à 18:18
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Bonjour, bon la stabilité financière dépends surtout de la stabilité économique.. Certe, les guerres d'Ukraine ( embargos de la Russie) et la guerre limitée du Proche-Orient ( risque de déstabilisation de la région). Sont surtout des pressions sur l...

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