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ÉconomieUnion européenne

L'inflation en zone euro revue à la baisse pour 2024... tout comme la croissance

latribune.fr

Publié le 15 février 2024 à 12:26 - Mis à jour le 15 février 2024 à 12:26

Selon la Commission, l'inflation dans la zone euro sera plus faible qu'attendue en 2024, à 2,7%, contre 3,2% anticipé jusqu'ici.

Selon la Commission, l'inflation dans la zone euro sera plus faible qu'attendue en 2024, à 2,7%, contre 3,2% anticipé jusqu'ici.

YVES HERMAN

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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La Commission européenne a publié ses perspectives économiques pour la zone euro en 2024. Elle attend une inflation sous les 3%, mais aussi une croissance sous la barre des 1%. Un fort ralentissement qui pourrait influencer les prochaines décisions de la Banque centrale européenne en matière de taux.

La Commission européenne revoit ses perspectives 2024 à la baisse. Selon sa dernière estimation, publiée ce jeudi, l'inflation dans la zone euro sera plus faible qu'attendue cette année, à 2,7%, contre 3,2% anticipés jusqu'ici.

«La baisse des prix des matières premières énergétiques et le ralentissement de la dynamique économique ont placé l'inflation sur une trajectoire descendante plus prononcée que prévu», a expliqué la Commission.

La hausse des taux directeurs, passés de 0% début 2022 à 4,25 et 4,75% aujourd'hui, est aussi en partie à l'origine de la baisse de l'inflation, puisqu'elle a rendu plus cher et difficile l'accès au crédit et, in fine, à la consommation.

Revers de la médaille de l'inflation et de la hausse des taux, la Commission européenne a nettement revu à la baisse jeudi sa prévision de croissance pour la zone euro en 2024 à 0,8%, contre 1,2% anticipé jusqu'ici, après un « faible » début d'année. Et ce, alors que « l'économie européenne laisse derrière elle une année extrêmement difficile », a reconnu le commissaire européen à l'Économie Paolo Gentiloni.

L'inflation et la hausse des taux plombent l'économie européenne

« Après une récession technique évitée de justesse » au second semestre de 2023, les perspectives pour l'économie européenne « restent faibles » au premier trimestre, estime la Commission qui table cependant sur une « accélération progressive » dans le courant de l'année. Pour rappel, le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a seulement progressé de 0,5% sur l'ensemble de 2023 par rapport à l'année précédente. Et cette zone a enregistré une croissance nulle au dernier trimestre, en glissement trimestriel, après un recul de 0,1% sur la période de juillet à septembre.

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Après un faible début d'année, « le rebond attendu en 2024 devrait être plus modeste que prévu il y a trois mois, mais s'accélérer progressivement grâce au ralentissement de la hausse des prix, à l'augmentation des salaires réels et à la solidité remarquable du marché du travail », a déclaré Paolo Gentiloni.

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« Cependant, le paysage mondial reste très incertain », a nuancé le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis. « Nous suivons de près les tensions géopolitiques, qui pourraient avoir un impact négatif sur la croissance et l'inflation », a-t-il averti. Ces prévisions sont « entourées d'incertitudes » liées en particulier au risque d'extension du conflit au Moyen-Orient.

Les attaques de navires en mer Rouge contraignent des armateurs à emprunter des routes plus longues pour le transport de marchandises. Certains redoutent une flambée des cours du pétrole et du gaz qui pourrait faire repartir l'inflation et plomber encore davantage la croissance européenne. « L'augmentation des coûts d'expédition à la suite des perturbations commerciales en mer Rouge ne devrait avoir qu'un impact marginal sur l'inflation », tempère la Commission. « D'autres perturbations pourraient toutefois entraîner de nouveaux goulets d'étranglement au niveau de l'offre, ce qui pourrait étouffer la production et faire grimper les prix », prévient-elle.

Vers une baisse des taux en 2024 ?

Avec cet alignement de baisse de l'inflation, qui n'a cependant pas atteint l'objectif de 2% de la BCE, et de baisse de l'activité, la gardienne de l'euro pourrait décider de baisser ses taux directeurs prochainement.

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« La désinflation devrait redonner du pouvoir d'achat aux ménages, tout en ouvrant la voie à un assouplissement de la politique monétaire. Le débat sur les baisses de taux est enfin ouvert à la BCE et l'on peut penser qu'il sera tranché à la mi-année »,

 a expliqué l'économiste en chef de ODDO BHF, Bruno Cavalier dans une récente note.

Fin janvier, une semaine après sa réunion mensuelle où elle a décidé de maintenir encore ses taux inchangés, Christine Lagarde, la présidente de la BCE a assuré sur la chaîne américaine CNN que la prochaine évolution des taux serait une baisse. « Il peut y avoir plusieurs pauses mais le prochain mouvement se fera à la baisse », avait-elle déclaré, en précisant que les membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) étaient sur la même ligne « Si nous avons le choix entre augmenter et réduire, ce sera de les réduire », avait-t-elle ajouté.

La prudence reste de mise

Les marchés financiers tablent pour le moment sur une baisse dès le printemps qui pourrait redynamiser la demande de crédit et donc la consommation et l'investissement. 

Mais l'institution de Francfort se veut prudente sur l'annonce d'une date. 

« 

Nous sommes sur une tendance désinflationniste, cela ne fait aucun doute. Mais nous devons être plus avancés dans le processus pour avoir confiance », a estimé Christine Lagarde lors de la dernière réunion de la BCE

.

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L'évolution des salaires en Europe est particulièrement observée par les banquiers centraux pour déterminer l'évolution de la politique monétaire. Au cours de la dernière réunion des gouverneurs à Francfort, la BCE a martelé que la croissance des salaires serait le facteur le plus important pour décider, ou non, d'une baisse de taux.

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L'inflation sous-jacente est également un indicateur très surveillé par les banques centrales de la zone euro. Sur le Vieux Continent, l'inflation, hors prix de l'énergie et de l'alimentaire, devrait s'établir à 2,7% en 2024 et 2,1% en 2025, contre 5% en 2023, selon l'Eurosystème. Or, ces prévisions dépendent grandement de la conjoncture. Un nouveau choc pourrait faire bondir l'indice général des prix.

(Avec AFP)

latribune.fr

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