L'Union européenne est sur la bonne voie pour dépasser son objectif de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020. Mais elle ne compte pas revoir à la hausse son objectif sans le soutien des autres pays développés lors de la COP 21.
L'objectif de réduction de 20% des émissions de CO2 d'ici à 2020 va être largement dépassé par l'Union européenne, selon Miguel Cañete, commissaire au climat.
Ce dernier a présenté le 20 octobre à Bruxelles un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) qui prédit une réduction des émissions de 24 % d'ici 2020, sans que des mesures supplémentaires soient prises. Ce chiffre passerait à 25 % grâce à la mise en place de mesures politiques planifiées dans les États membres.
"C'est une réelle bonne nouvelle avant la Conférence climat de Paris", s'est réjoui Miguel Cañete devant les journalistes. "Les émissions de gaz à effet de serre n'ont cessé de chuter chaque année depuis 10 ans [...], nos politiques fonctionnent."
De 1990 à 2013, l'UE a réduit ses émissions de 19,8 %. En 2014, ce chiffre est passé à 23 %, notamment grâce à un hiver particulièrement chaud. Le rapport prévient toutefois que la Belgique, l'Irlande, le Luxembourg et l'Autriche n'atteindraient pas l'objectif pour 2020. Par ailleurs, le transport est le seul secteur qui a vu ses émissions augmenter, à hauteur de 19 %, entre 1990 et 2013.
Hans Bruyninckx, directeur de l'AEE, a ajouté que le bloc était sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs 2020 pour accroître l'efficacité énergétique et la part des renouvelables dans le marché de l'énergie à 20 %.
Niveau d'ambition stable
Pourtant, selon le commissaire au climat, le fait que l'UE soit certaine d'aller au-delà de ses objectifs ne signifie pas que l'objectif 2020 sera rehaussé à 30%.
"Soyons très clairs: pour être plus ambitieux [pour l'objectif 2020], nous avons besoin d'une décision politique des chefs d'États et de gouvernement de l'UE", a affirmé Miguel Cañete. La décision d'élever l'objectif dépend de l'approbation de mesures similaires par d'autres pays développés, explique le commissaire. "C'est un lien qui doit être confirmé avant que toute décision soit prise par les chefs d'État et de gouvernement", a-t-il ajouté.
Un niveau d'ambition supplémentaire que le commissaire attend notamment dans le cadre des négociations climatique de la COP 21. D'ici quelques semaines, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres des Nations unies vont se retrouver à Paris afin de s'accorder sur les mesures de lutte contre le changement climatique.
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L'UE à la peine sur les objectifs 2030
Si la courbe de réduction des émissions européennes est sur la bonne voie pour 2020, les objectifs pour 2030 sont eux plus compliqués à atteindre. En octobre de l'année dernière, les dirigeants de l'UE se sont accordés sur un objectif 2030 d'au moins 40 % de réduction, comparé au niveau d'émissions de 1990.
Hans Bruyninckx, a déclaré aux journalistes que, sans action supplémentaire, l'UE atteindrait une réduction de seulement 27 % d'ici à 2030. Prendre davantage de mesures permettrait donc de réduire les émissions de 30 %, même si le calcul n'a pas pris en compte la réforme à venir du marché du carbone européen.
Mobilisation des pays développés à la COP 21
L'engagement des 40 % est la pierre angulaire de la contribution de l'Union à la Conférence de l'ONU sur le changement climatique, qui vise à conclure un accord mondial pour limiter le réchauffement climatique en dessous des deux degrés.
Jusqu'à présent, les INDC présentées ne limiteraient le réchauffement climatique qu'à 3 degrés au-dessus des niveaux préindustriels, a-t-il expliqué.
La COP 21 doit aboutir à un objectif à long terme, à un système de bilan mondial et régulier et à un système solide de transparence et de responsabilité. Les pays devraient faire un bilan tous les cinq ans et relever leur degré d'ambition, a-t-il estimé.
Selon lui, un objectif général juridiquement contraignant risque de ne pas être possible. Pour un tel accord, le président américain Barack Obama devrait en effet soumettre le pacte à un Congrès des plus hostiles.
Accord contraignant
"Nous aimerions conclure un accord contraignant", a-t-il dit, "mais à l'ONU, l'unanimité est nécessaire [...], nous ne pouvons pas commettre la même erreur qu'à Kyoto".
Le protocole de Kyoto est un accord international juridiquement contraignant qui engageait les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
"À Kyoto, seuls 35 pays se sont engagés. Tous les gros pollueurs étaient en dehors [de l'accord]", a commenté Miguel Cañete. Kyoto ne couvrait que 13 % des émissions totales, alors que l'approche non contraignante des INDC couvrait 90 % des émissions.
L'accord final comportera quand même de nombreux éléments contraignants, a-t-il précisé, dont les systèmes de responsabilité et de bilan.
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CONTEXTE
Les négociations sur le changement climatique ont commencé en 1992. Tous les ans, l'ONU organise une conférence internationale sur le changement climatique appelée la Conférence des Parties, ou COP.
Paris organise la 21ème conférence en décembre 2015, la COP 21.
Les États participants doivent y conclure un accord pour remplacer le protocole de Kyoto, dont le but était de réduire les émissions de CO2 entre 2008 et 2012.
D'ici la conférence, les États doivent impérativement négocier un accord, qu'il soit juridiquement contraignant ou non.
PROCHAINES ÉTAPES
30 novembre : Début de la Conférence climat de l'ONU à Paris.