Les réfugiés boostent l’économie européenne
Timothée de Rauglaudre
Timothée de Rauglaudre
Contrairement à une idée largement répandue, y compris parmi les économistes, la crise migratoire ne pénaliserait pas la croissance des pays européens, même dans l'immédiat, au contraire. C'est en tout cas ce que conclut une étude menée par le Fonds monétaire international (FMI), et publiée ce mercredi 20 janvier, qui prédit que la croissance économique européenne tirera une dynamique positive de l'afflux sans précédent de demandeurs d'asile.
Alors que, suite aux événements de Cologne, les dirigeants allemands commencent à infléchir leur politique d'accueil, l'institution internationale montre que le PIB de l'Allemagne, qui a accueilli sur son sol 1 million de réfugiés l'an dernier, fuyant pour la plupart les guerres en Syrie et en Afghanistan, pourrait croître de pas moins de 0,3 % d'ici à 2017 grâce aux demandeurs d'asile. Les trois pays à avoir accueilli le plus grand nombre de réfugiés l'an dernier en tireraient un surplus de croissance de respectivement 0,3 % pour l'Allemagne, 0,4 % pour la Suède et même 0,5 % pour l'Autriche.
Un des auteurs du rapport, Enrica Detragiache, a déclaré à l'agence de presse américaine Bloomberg :
Un impact positif « devrait être plutôt immédiat » à la fois sur le PIB et sur les finances publiques, ajoute l'experte du FMI, notamment grâce à l'élargissement de l'assiette fiscale dû à l'augmentation de la population. À l'échelle de l'Union européenne, l'étude prévoit que le PIB des États, dans le scénario le plus plausible, bénéficie d'un surplus de croissance de 0,13 % en raison de la crise migratoire actuelle. Le FMI exhorte donc les dirigeants européens à ne pas se rétracter et à saisir les opportunités économiques de cette vague migratoire, la plus importante en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
La situation pourrait même être encore plus profitable si les gouvernements européens s'efforçaient d'intégrer les migrants au marché du travail : le PIB, dans les trois pays les plus ouverts aux réfugiés en 2015, pourrait alors être 1,1 % plus élevé que ce que prévoit le scénario de référence de l'étude d'ici à 2020. Enrica Detragiache prévient les dirigeants de l'Europe des 28 :
Les auteurs du rapport, qui avertissent que leurs prévisions sont à prendre avec des pincettes en raison de la difficulté à prédire l'évolution de l'afflux de demandeurs d'asile en Europe, sont toutefois en mesure d'affirmer que des politiques de soutien aux réfugiés visant à leur fournir des services tels que le logement, la santé et l'éducation permettront à court terme d'augmenter la demande globale des économies. Une politique monétaire accommodante peut, en outre, « aider à compenser les possibles pressions à la baisse sur les salaires et l'inflation en lien avec l'entrée progressive des réfugiés dans l'emploi », ajoutent les experts du FMI, qui estiment qu' « une rapide intégration au marché du travail peut déverrouiller les bénéfices économiques potentiels de l'afflux de réfugiés », et que « garantir aux demandeurs d'asile, dès leur arrivée, un accès au marché du travail des secteurs public et privé, et à l'auto-entrepreneuriat, est un prérequis-clé pour leur intégration rapide à la main-d'œuvre ». Le rapport pointe en particularité la nécessité de subventions publiques aux employeurs, ainsi que d'un investissement public dans les compétences en langues des nouveaux entrants.
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Les efforts d'intégration des migrants ne sauraient être, cependant, l'apanage des pouvoirs publics. C'est ce qu'ont tenté de démontrer plusieurs grands groupes au forum économique mondial de Davos, en Suisse, en annonçant leur volonté de s'associer pour contribuer au règlement de la crise migratoire en Europe, estimant que l'action des gouvernements et des ONG ne pouvait suffire, a annoncé mardi 19 janvier l'initiateur de ce projet, le fondateur d'origine kurde de la marque américaine de yaourts Chobani. Hamdi Ulukaya, le fondateur des yaourts Chobani, a affirmé :
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Sa fondation, la Tent Foundation, a ainsi annoncé ses premiers partenariats, dont notamment Airbnb, IKEA, LinkedIn, MasterCard, UPS et Western Union. Les noms des 100 autres sociétés partenaires devraient être révélés d'ici l'été. Les entreprises qui prennent part à ce projet s'engagent à allouer des ressources à la résolution de la crise des réfugiés.
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