Pacte de stabilité : des économistes appellent à une refonte en profondeur pour financer la transition énergétique
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YVES HERMAN
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C'est un sujet qui fracture l'Europe depuis des décennies. Alors que les ministres des Finances de l'Union européenne débattent d'un possible retour des règles du traité de Maastricht à partir de 2023, un collectif d'économistes, d'organisations et de personnalités ont appelé, ce vendredi 24 septembre, à "un pacte de résilience et de solidarité". Pour rappel, afin d'éviter une catastrophe économique, les institutions européennes avaient suspendu en 2020 les règles du Pacte de stabilité qui fixent les limites d'un déficit à 3% du produit intérieur brut (PIB) et une dette à 60% pour chaque État membre.
Dans le contexte de la reprise économique amorcée en Europe, le retour de l'application de ces règles revient sur le devant de la scène. Huit pays dits "frugaux" ont fait savoir qu'ils étaient particulièrement attachés à un rétablissement de ces mesures. En France, "le retour au sérieux budgétaire" refait surface alors que le projet de loi de finances pour 2022 (PLF 2022) est actuellement en discussion au Parlement. De leur côté, les signataires redoutent qu'un retour de ces règles freinent les investissements pour répondre à l'urgence climatique.
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Parmi les personnalités de cet appel figurent Shahin Vallée, économiste au German Council for Foreign affairs et ancien conseiller d'Emmanuel Macron, Alain Grandjean, économiste et président de la Fondation Nicolas Hulot, ou encore Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. "Réintroduire ces règles budgétaires, en l'état ou tout juste amendées de quelques concessions, serait une erreur historique, à contretemps de la dynamique, imparfaite mais réelle, du Pacte Vert amorcée en 2019 par la Commission européenne," préviennent-ils. "La demande formulée est de faire de la présidence française de l'Union européenne un point de départ des transformations du pacte de stabilité. On aura plus de visibilité sur les rapports de force après les élections allemandes", a déclaré Kévin Puisieux, économiste à la fondation Nicolas Hulot lors d'un point presse. "Le débat en Allemagne a été assez pauvre sur ce sujet malgré les élections", a ajouté de son côté Shahin Vallée. Alors que l'Allemagne s'apprête à élire un nouveau chancelier dans les jours à venir et que la France va prendre prochainement la présidence du conseil de l'Union européenne au premier semestre 2021, les futurs débats sur les traités budgétaires pourraient à nouveau révéler les lignes de division du Vieux continent.
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