Rapport Draghi : un an après, l’Europe peine à lever les obstacles
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne.
RAMZI BOUDINA
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne.
RAMZI BOUDINA
Ils semblent loin, les sourires pleins d'optimisme, de ce 9 septembre 2024, lorsque Mario Draghi, l'ancien patron de la BCE, remettait à Ursula von der Leyen, une feuille de route pour « le futur de la compétitivité européenne », en 170 propositions. Un an plus tard, dans un climat de tensions commerciales, les embrassades ont laissé un goût amer, les réformes avançant « trop lentement », à cause d'un « carcan de traités et de règlements qui fait qu'on ne peut pas comme ça, juste en claquant des doigts », répondait il y a quelques jours Christine Lagarde à son prédécesseur à la Banque centrale européenne.
Un rapport de 400 pages pour répondre au « décrochage économique européen », alimenté par le ralentissement de la croissance depuis les années 2000. Mario Draghi y prescrit un traitement de choc : réforme des institutions, intégration accrue autour de la recherche, de l'innovation et de l'énergie, mais aussi la création d'une dette commune aux Vingt-Sept, une véritable union des marchés de capitaux... Sur cette dernière, Christine Lagarde a récemment relevé « des efforts méritoires » pour sa mise en place.
L'ex-ministre italien a aussi plaidé pour un choc de simplification et une débureaucratisation face au maquis des règlements européens et de leurs transpositions nationales.
Un an plus tard, que reste-t-il des ambitions du rapport ? « L'union des investissements et de l'épargne, très importante pour avoir une capacité d'investissement au niveau de l'UE, a été lancée. Le dossier fait suite à l'union de marchés de capitaux, en chantier depuis 2014 », observe Adina Revol, essayiste, professeur affilié à Sciences-Po.
À lire également
Si les défis demeurent, ils se sont aussi décuplés. Notamment avec l'offensive de Trump sur les règles du commerce mondial en imposant aux 27 États membres 15 % de droits de douane sur leurs exportations vers les États-Unis depuis le 1er août. « Comment exister alors que Trump signe des dizaines de décrets par jour ? L'Europe est face à son destin et elle semble ne pas se rendre compte qu'elle vit son année zéro. On vit des changements historiques », estime-t-elle encore.