UE : « Nous ne pouvons pas ériger un mur protectionniste », alerte Mario Draghi
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L'ancien Premier ministre italien, Mario Draghi.
Reuters
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L'ancien Premier ministre italien, Mario Draghi.
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« Nous sommes différents des États-Unis, nous ne pouvons pas ériger un mur protectionniste, car nous nous nuirions à nous-mêmes ». C'est ce qu'a plaidé ce lundi l'ancien Premier ministre italien, Mario Draghi, lors d'une conférence organisée par le centre de réflexion Bruegel, à Bruxelles. « L'Union européenne est une économie plus ouverte que n'importe quelle autre », a-t-il souligné, rappelant que le commerce représentait 50% du PIB des Vingt-Sept, contre 37% en Chine et 27% aux États-Unis.
Pour affronter la concurrence américaine et chinoise, l'ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), et auteur d'un rapport sur la compétitivité européenne dévoilé début septembre, défend ainsi la mise en place d'une stratégie industrielle à l'échelle de l'UE, avec des mesures « très prudentes, secteur par secteur » qui doivent être « axées uniquement sur le rétablissement de conditions de concurrence équitables ».
Son discours intervient alors que la pression est montée d'un cran ces derniers mois entre les grandes puissances économiques. Bruxelles a déjà annoncé le 20 août jusqu'à 36% de surtaxes pendant cinq ans sur les véhicules chinois électriques. Elle estime en effet que les prix des véhicules chinois sont artificiellement bas, du fait de subventions d'État qui faussent le marché et nuisent à la compétitivité des constructeurs européens.
Dans le détail, une grande partie des constructeurs chinois sont concernés par ces nouveaux droits de douane européens, des surtaxes de 17% seront ainsi appliquées au fabricant chinois BYD, de 19,3% à Geely, et de 36,3% à SAIC. Objectif : protéger la filière automobile européenne qui emploie 14,6 millions de salariés.
De son côté, Pékin a multiplié les enquêtes ces derniers mois. Le pays avait déjà annoncé en janvier enquêter sur une infraction supposée à la concurrence des eaux-de-vie de vin, comme le cognac, importées de l'UE et en particulier de la France, qui avait donné l'impulsion à l'enquête de Bruxelles.
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En juin, elle a aussi lancé une enquête antidumping sur les importations de porc et de produits porcins en provenance de l'Union européenne, des marchandises principalement produites en Espagne, en France, aux Pays-Bas et au Danemark. Et récemment, la Chine en a lancé une nouvelle, cette fois-ci contre les produits laitiers de l'UE.
Mais il n'y a pas qu'avec l'Europe que la Chine est en désaccord commercial. Voitures électriques ou encore semi-conducteurs : Washington a également annoncé en mai des hausses de droits de douane visant des produits chinois « stratégiques ».
Les voitures électriques importées de Chine aux Etats-Unis seront ainsi taxées à 100% à partir du 27 septembre, les batteries de véhicules électriques à 25%, et les cellules de panneaux solaires à 50%. Pour les semi-conducteurs, ça sera 50%, à partir du 1er janvier 2025. Ces taxes supplémentaires seront appliquées à l'équivalent de 18 milliards de dollars de produits chinois de secteurs considérés comme « stratégiques ».
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Par ailleurs, le gouvernement américain veut également interdire la vente aux Etats-Unis de véhicules connectés intégrant de la technologie chinoise et russe, invoquant des risques pour la sécurité nationale. Les relations commerciales entre les deux pays devraient rester tendus, ou s'empirer selon le résultat des élections américaines en novembre, qui oppose la démocrate Kamala Harris au républicain Donald Trump.
(Avec AFP)
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