Taux : les hausses vont continuer, prévoient des membres de la BCE et de la Fed
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Après sept hausses consécutives en neuf mois, les taux directeurs dépassent 3% dans la zone euro
WOLFGANG RATTAY
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Après sept hausses consécutives en neuf mois, les taux directeurs dépassent 3% dans la zone euro
WOLFGANG RATTAY
La hausse des taux ne va pas s'arrêter tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Dans la zone euro, elle risque même de durer plus longtemps que prévu. C'est en effet ce que prévoit Peter Kazimir, le gouverneur de la Banque de Slovaquie et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), une semaine après la décision de l'institution européenne de lever le pied en augmentant les taux directeurs de 25 points de base et non du double comme le demandaient certains de ses membres adeptes d'une politique monétaire restrictive.
Les marchés prévoient une nouvelle augmentation en juin, mais sont partagés sur les mesures qui suivront, même si Christine Lagarde, la présidente de la BCE a laissé la porte ouverte à une hausse des taux. Dans une interview accordée mardi à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, Joachim Nagel, le président de la Banque Fédérale d'Allemagne pousse à un maintien de la hausse des taux. Selon lui, « les taux devraient continuer d'augmenter » pour poursuivre la lutte contre l'inflation, qui a regagné 0,1 point de pourcentage en avril, à 7% en avril dans la zone euro, malgré sept hausses consécutives en neuf mois qui ont porté les taux directeurs au-delà de 3%.
Pour ce partisan d'un resserrement d'une politique monétaire restrictive, il est important que la BCE ne fasse « pas de pause » dans sa politique de hausse des taux, même si cela ralentit l'activité. « Les gens ont maintenant l'impression que la politique monétaire freine l'économie » et « il le faut, si c'est pour briser l'inflation », a-t-il dit.
Même son de cloche pour Isabel Schnabel. Egalement membre du Conseil des gouverneurs, elle a rejeté l'hypothèse d'une baisse des taux envisagée par des acteurs des marchés. Au regard des données actuelles, « il n'y a aucun doute que nous devons faire davantage pour rapprocher l'inflation de notre objectif de 2% sans tarder », a -t-elle déclaré mardi lors d'un événement à Francfort, ajoutant que les taux resteraient vraisemblablement élevés pendant longtemps.
D'après la BCE, l'inflation passera sous 3% d'ici au quatrième trimestre et il faudrait attendre encore deux ans pour que l'inflation passe sous la barre des 2%. Selon Peter Kazimir, l'influence du resserrement monétaire menée par la BCE ne sera pas perceptible avant septembre.
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Aux Etats-Unis, la banque centrale américaine n'exclut pas un relèvement supplémentaire des taux lors de sa prochaine réunion, a indiqué mardi Williams, le président de la Fed de New York, une semaine après une réunion des membres de la Réserve fédérale qui avait marqué un changement de ton et laissé prévoir une pause.
Pour rappel, la Fed a relevé ses taux d'un quart de point mercredi dernier. Son principal taux directeur se situe désormais entre 5,0% et 5,25%. Les effets de ces actions sur l'économie réelle mettent des mois à se faire sentir. Et, récemment, la crise bancaire a ajouté une couche supplémentaire de difficultés pour les emprunteurs, puisque les banques accordent moins facilement de crédits à leurs clients, ce qui agit comme une hausse des taux.
La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 13 et 14 juin. « Nous prendrons une décision à ce moment-là », a précisé le président de la Fed de New York, qui dispose d'un droit de vote permanent lors de ces réunions.
Il estime par ailleurs que la Fed doit « maintenir une politique restrictive en place pendant un certain temps pour nous assurer que nous réduisons vraiment l'inflation », pour la ramener à l'objectif de 2 %.
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La Fed a, depuis mars 2022, relevé de 5 points son principal taux directeur, le faisant passer de la fourchette de 0 à 0,25% dans laquelle il se trouvait depuis le début de la pandémie, à 5-5,25%.
John Williams prévoit par ailleurs, pour 2023, une « croissance assez modeste » pour les Etats-Unis, mais « pas de récession ».
(Avec agences)
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