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ÉconomieInternational

Inflation: après la Fed, la BCE relève une nouvelle fois ses taux de 25 points de base

Photo de Pauline Chateau

latribune.fr

Publié le 04 mai 2023 à 12:16 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 19:30

BCE

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Reuters

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11 juillet 2026

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La Banque centrale européenne a entériné une nouvelle hausse de ses taux d'intérêt à l'issue d'une réunion ce jeudi. Un relèvement de 25 points de base qui signe un ralentissement de la part de l'institution monétaire. Elle a néanmoins estimé que l'inflation est encore « trop élevée pour trop longtemps » pour faire une pause dans son resserrement monétaire. Hors prix de l'énergie, le repli de l'inflation reste, en effet, pour l'heure, timide. Quant à la croissance économique en zone euro, elle demeure...

[Article publié le jeudi 04 mai 2023 à 06h26 et mis à jour à 14h30]

Le resserrement de la politique monétaire se poursuit. La Banque centrale européenne a annoncé, ce jeudi, une nouvelle hausse de ses taux d'intérêt à l'issue d'une réunion. Avec un relèvement de 25 points de base, l'institution monétaire ralentit toutefois le rythme du fait à la fois du timide repli de l'inflation, hors prix de l'énergie, et de la faible croissance économique en zone euro.

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Avant l'annonce, les Bourses européennes ouvraient en repli ce jeudi, au lendemain de l'annonce d'une hausse des taux de la Réserve fédérale de 25 points de base comme attendu. La Bourse de Paris reculait de 0,30% à 7.381,40 points à 9 heures. Francfort cédait 0,21%, Milan 0,26% et Londres 0,24% dans les premiers échanges.

L'inflation est encore « trop élevée pour trop longtemps »

Après une série de six hausses de taux depuis juillet 2022, la BCE estime que l'heure n'est pas encore venue de mettre un terme à son cycle de resserrement monétaire. L'inflation est encore « trop élevée pour trop longtemps » en zone euro (les 20 pays à avoir adopté la monnaie unique), ainsi estimé l'institution ce jeudi. « Sur la base des informations dont on dispose aujourd'hui, nous avons encore du chemin à faire, et nous ne faisons pas de pause », a également affirmé sa présidente, Christine Lagarde. Et d'ajouter que, « nous faisons un voyage, et nous ne sommes pas encore arrivés ». Quelques jours plus tôt, l'économiste en chef de la BCE, Philip Lane, avait déjà indiqué que « ce n'est pas le moment » d'arrêter de relever les taux.

Et pour cause, l'inflation a navigué encore bien au-dessus de l'objectif de 2% en avril, regagnant 0,1 point de pourcentage, à 7%, après des mois de ralentissement. Toutefois, en excluant les prix d'énergie, de l'alimentation, du tabac et de l'alcool, l'inflation « sous-jacente » a reculé pour la première fois en un an, à 5,6% contre 5,7% en mars, selon Eurostat. A travers le resserrement de sa politique monétaire mené depuis juillet qui se traduit par un renchérissement du crédit, la banque centrale entend freiner la demande de prêts immobiliers, à la consommation ou pour les investissements des entreprises. Objectif affiché, ralentir la hausse des prix.

Toutefois, les 26 membres du conseil des gouverneurs de la BCE ont opté pour une hausse limitée ce jeudi. Une « majorité » d'entre eux vont se sentir « plus à l'aise avec une hausse plus faible des taux d'intérêt », prédisait Ulrike Kastens, économiste chez DWS, en amont de cette annonce. Plusieurs économistes tablaient en effet sur un relèvement de 0,25 point de pourcentage. Le taux qui fait référence, en rémunérant les dépôts bancaires excédentaires dormant au guichet de la BCE, est ainsi porté de 3,0% à 3,25%.

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Conséquence de la politique monétaire européenne, dans le secteur bancaire, les conditions d'octroi de prêts se durcissent comme jamais. Le resserrement monétaire fait ainsi progressivement son effet : « Tous ces impacts vont continuer à se diffuser dans l'économie progressivement, ce n'est pas fini », a estimé Philip Lane. Si le danger de crise bancaire présent en mars s'est éloigné, une hausse forte des taux pourrait créer de nouvelles tensions.


Lire aussiZone euro : les banques ont durci les conditions de crédit à un niveau inédit

En outre, si la faible croissance du Produit intérieur brut de la zone euro, de 0,1% au premier trimestre atteste de la baisse de régime souhaitée par la BCE, elle démontre aussi la vulnérabilité de l'économie de la zone euro.

La Fed augmente son principal taux d'un quart de point

Quant à la suite des événements, la BCE n'a pas donné d'indication claire, ce jeudi, sur la suite du cycle de hausses de taux. Les décisions futures de la BCE « garantiront que les taux directeurs seront amenés à des niveaux suffisamment restrictifs pour permettre un retour rapide de l'inflation à l'objectif à moyen terme de 2% », selon un communiqué publié à l'issue de la réunion de politique monétaire. Pour se décider les gardiens de l'euro vont conserver « une approche fondée sur les données » économiques.

De leurs côtés, les économistes tablent sur un taux de dépôt culminant entre 3,50% et 3,75% d'ici le creux de l'été. « Une fois atteint ce "plateau", les taux devraient se stabiliser pendant une période relativement longue », estime Maxime Mura, gérant chez Swiss Life Asset Managers.

Un autre chantier est en cours à la BCE, avec la réduction, à raison de 15 milliards d'euros par mois en moyenne depuis mars, du stock d'obligations publiques et privées acquises durant les années de basse inflation. Les « faucons » à la BCE, partisans d'une politique monétaire stricte, ont pu « faire pression (jeudi) pour un rythme plus rapide de réduction du bilan à partir du troisième trimestre », estimait, en amont, Frederik Ducrozet, chef économiste chez Pictet Wealth Management.

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Etats-Unis : la Fed relève encore ses taux mais n'exclut pas une pause dans sa politique monétaire

Une pause n'est pas exclue

La réunion de la BCE intervient au lendemain de la décision de la Fed. La banque centrale américaine a relevé mercredi son principal taux directeur pour la dixième fois d'affilée depuis mars 2022, d'un quart de point de pourcentage, laissant ouverte la suite de sa politique. L'institution américaine a ainsi montré sa détermination à juguler l'inflation, malgré des signes d'essoufflement de l'économie et en dépit de la récente crise bancaire. Le principal taux directeur de la Fed se situe désormais dans une fourchette de 5,00 à 5,25%, au plus haut depuis 2006, une décision prise à l'unanimité, a annoncé l'institution dans un communiqué publié à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC).

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Une pause des hausses n'a pas été formellement envisagée à cette réunion. « Aucune décision sur une pause n'a été prise aujourd'hui », a, en effet, averti Jerome Powell. Le soutien à une hausse d'un quart de point de pourcentage « était très fort au sein du comité, a-t-il souligné. Les gens ont évoqué une pause, mais pas tellement pour cette réunion ». Et aucune baisse de taux n'est envisagée avant la fin de l'année, car l'inflation « ne va pas baisser rapidement », a-t-il ajouté. Néanmoins, la Fed n'indique plus qu'elle anticipe des hausses supplémentaires : « on a ôté cette partie. C'est "un changement significatif" », a précisé Jerome Powell.

Les responsables de la Fed ont précisé qu'ils observeront les effets des décisions successives, et le délai avec lequel elles font effet sur l'économie réelle, mais aussi les « développements économiques et financiers », pour décider de la nécessité ou non de resserrer encore.

Une économie américaine qui s'essouffle

La crise bancaire a, en effet, apporté un soutien inattendu à la lutte menée par la Fed contre l'inflation. La fragilité de certains établissements bancaires est, d'ailleurs, revenue sur le devant de la scène avec la chute de la banque régionale First Republic, finalement rachetée au cours du week-end par JPMorgan Chase, le numéro un du secteur. « Le resserrement des conditions de crédit pour les ménages et les entreprises est susceptible de peser sur l'activité économique, les embauches, et l'inflation », a confirmé la Fed dans son communiqué, martelant toutefois que « le système bancaire américain est solide et résilient ».

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Et, alors qu'elle résistait toujours, l'économie américaine multiplie les signes d'essoufflement, longtemps attendus et enfin visibles. La croissance du premier trimestre est ressortie à 0,3% par rapport aux trois derniers mois de 2022 et à seulement 1,1% en rythme annualisé. Et la probabilité d'une récession est largement anticipée par les marchés. « La possibilité d'échapper à une récession est de mon point de vue plus probable que celle d'avoir une récession », a cependant assuré Jerome Powell.

(Avec AFP)

latribune.fr

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