Union européenne : un accord à 500 milliards d'euros pour relancer l'économie face au coronavirus

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(Crédits : Reuters)
Les ministres des Finances de la zone euro sont convenus jeudi d’un plan de soutien de 500 milliards d’euros pour faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire du coronavirus, après des semaines de querelles qui ont souligné les douloureuses divisions au sein du bloc communautaire.

Ils ont trouvé un consensus. Les ministres européens des Finances sont parvenus, jeudi soir, à un accord sur une réponse économique commune face au coronavirus après avoir trouvé un terrain d'entente avec les Pays-Bas qui bloquaient les discussions depuis mardi. Face à la pandémie, la réponse européenne doit s'orienter sur trois axes principaux : jusqu'à 240 milliards d'euros de prêts du Mécanisme européen de stabilité (MES, le fonds de secours de la zone euro), un fonds de garantie de 200 milliards d'euros pour les entreprises et jusqu'à 100 milliards pour soutenir le chômage partiel.

La brûlante question des "coronabonds", cet emprunt européen commun réclamé par les pays du Sud, en particulier l'Italie, la France et l'Espagne, pour soutenir l'économie à plus long terme après la crise, n'a pas été tranchée. Le texte final évoque en revanche un futur "fonds de relance" dont "les aspects juridiques et pratiques", notamment le "financement", devront encore être définis. M. Le Maire a plaidé jeudi soir pour un fonds de "500 milliards d'euros environ", destiné "aux dépenses d'avenir", "limité dans le temps" mais capable d'émettre de la dette commune car "c'est la seule solution".

Lire aussi : Bouclier, reconstruction collective, croissance verte... Christine Lagarde donne ses remèdes anti-crise

Selon l'accord, les prêts, jusqu'à 2% du PIB de l'Etat concerné, soit 240 milliards d'euros pour l'ensemble de la zone euro, pourront être utilisés sans condition pour les dépenses de santé et de prévention liées au coronavirus. Un compromis jugé "juste et raisonnable" par le ministre néerlandais Wopke Hoekstra, qui souligne qu'"un soutien économique" du MES hors dépenses de santé restera assorti de "certaines conditions""Les eurobonds sont sur la table, les conditions du MES ont été retirées de la table. Nous remettons au Conseil européen une proposition ambitieuse", s'est de son côté félicité le ministre italien de l'Economie Roberto Gualtieri.

La solidarité européenne à l'épreuve de la crise

Une réponse unitaire était d'autant plus indispensable que l'économie européenne se dirige en 2020 vers une profonde récession, le Fonds monétaire international estimant même que le coronavirus pourrait engendrer au niveau mondial "les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression" de 1929. Après une première nuit de discussion infructueuse, les contacts bilatéraux se sont multipliés pour tenter d'infléchir la position des Pays-Bas, unanimement critiqués mercredi matin pour leur inflexibilité empêchant tout accord.

Les Etats membres reprochaient à La Haye de bloquer l'activation du MES, créé en 2012 lors de la crise de la dette et financé par les Etats membres, en conditionnant strictement les prêts qu'il pourrait octroyer à des réformes économiques. Une telle "conditionnalité", qui aurait renvoyé à l'époque où la Grèce a été contrainte de mettre en œuvre des réformes parfois douloureuses en échange d'argent frais, aurait été vécue comme une humiliation par Rome et Madrid, les deux pays européens les plus touchés par l'épidémie.

Lire aussi : Covid-19 : l'économie française en pleine débâcle

Allemand et Néerlandais ont tous deux rappelé leur ferme opposition à toute mutualisation des dettes de leurs pays, refusant de s'inscrire dans une démarche commune avec les Etats très endettés du Sud, qu'ils jugent laxistes dans leur gestion. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, qui n'étaient eux-mêmes pas parvenus à s'entendre lors d'un sommet le 26 mars dernier, devront encore valider toutes ces propositions.

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a écrit le 13/04/2020 à 21:14 :
Il faut noter que l'economie et la sante ont une grande corelation ,de ce fait cette crise sanitaire a des consequences graves sur l'economie mondiale comme le chomage ,l'inflation et une reduction de la production
.
a écrit le 13/04/2020 à 9:26 :
Avec 3 Allemands aux commandes principales, c'est sûr qu'on va y gagner !
Et les 140 milliards versés par la France au MES, on en fait quoi ?
Une réponse peut-être Dame Lagarde-l'incompétente ?

Vive la solidarité " européenne " ! (MDR)
a écrit le 10/04/2020 à 19:32 :
L'Eur addition de 27 pays en divergences en tous domaines.
a écrit le 10/04/2020 à 17:47 :
Bof! Des rustines à l'échelle de l'UE et ses 400 millions d'habitants...
Aucune ambition commune de sortie de crise, avec un plan vert qui ne restera qu'un voeu pieux.
a écrit le 10/04/2020 à 17:33 :
alors que la désunion de l Europe s affiche ! que des paroles
a écrit le 10/04/2020 à 16:29 :
En fait, UE n'est plus, maintenant, c'est devenue DE.(Désunion Européenne).
L'UE c'était juste pour les "soussous" pour les affaires donc. Mais pas pour la vraie économie mais celle de la finance bien sûr. Pas non plus pour la santé des vrais gens, ceux qui n'ont pas un disque dur formaté à la place du cerveau bien sûr.
Tout s'éclaire tout a coup, on dirait presque merci "coro", tellement nombres de choses deviennent limpides, les eaux, les airs, les politiques et espérons plus tard les responsabilités bien sûr.

Quand en 2008 il a fallu sauvé les banques, la France seule a mis 450 milliard sur la table...
Aujourd'hui la quasi totalité de l'économie réelle et des banques sont par terre et la DE accouche de 500 milliards !!! Cherchez l'erreur...
Un tsunami semble se lever sur le dogme néolibérale. La DE avec ses critères de convergence et son pacte de stabilité, voit bien la mer se retirer sous ses pieds et la vague qui arrive au loin mais elle n'est plus à la hauteur pour y échapper. Les problèmes quelle a elle-même engendré vont bientôt la submerger. Le dogme néolibérale de croissance infinie fera place à la gestion écologique des ressources et a une redistribution plus équitable des revenus du travail.
Tous les courants politiques, Lrem inclus se préparent déjà à surfer la vague.
L'opportunisme de certains est vraiment sidérant, qu'une catastrophe leur soit nécessaire pour pouvoir rebondir en dit long sur la suite...
a écrit le 10/04/2020 à 16:29 :
Avis à la population : grande distribution de billets de mono-poly.
a écrit le 10/04/2020 à 14:41 :
nos politiciens ne parlent que de milliards pour continuer bêtement comme avant, ils sont incapables d'apprendre. Il faudrait surtout retenir la terrible leçon du coronavirus.
Espérons qu'en 2022 un candidat osera proposer un sortie de l'UE négociée pour en finir avec les portes grande ouvertes à la mondialisation sauvage et au tout made in china.
La Suisse montre qu'on peut rester européen sans abandonner ses frontières et sa souveraineté. On sait déjà que ce candidat ne sera ni LREM ni énarque.
Réponse de le 11/04/2020 à 9:14 :
Vous avez raison, mettez des frontières entre la région parisienne et la Normandie, la Bretagne et les pays de Loire etc...car qu'avons nous en commun à part la langue ? Il y a plus de similitudes entre l'Alsace Moselle et la Sarre, Luxembourg et Baden Württemberg qu'entre la région Île de France et ces mêmes régions. Votre obsession des frontières vire a la paranoïa. Nous sommes une union Imparfaite et cette crise agira comme un électrochoc quoi que l'on dise. Rapidement les européens se rendront compte du défi. Si les frontières de l EU étaient mieux gardées et l'union plus fédérale cela en serait autrement. A titre perso je me sens plus proche culturellement de mes voisins européens que des habitants des terres lointaines telles Mayotte, la réunion où les Antilles et pourtant françaises...
a écrit le 10/04/2020 à 13:47 :
Il faut lire "Comment l’européovirus réussit-il à s’implanter dans les esprits ? – par Vincent Brousseau" ex cadre de haut niveau à la BCE, tout y est du ..discours de la méthode qui a permis de planter le décor au nom du dogme européiste, celui-là même qui ne doit jamais être discuté, ni débattu, ni à fortiori être soumis à la ..en question puisque c ' est un dogme, on vous l' a dit et que le préalable installé est qu' un dogme ne se discute pas. Demandez à Madame Lagarde.

Ainsi l' euro. l’euro serait rien moins qu’un « paratonnerre contre la crise du coronavirus », et même « un des atouts les plus précieux contre l’épidémie » car « la France, l’Espagne et l’Italie auraient fait banqueroute si elles n’avaient pas eu l’euro ».

« Sans la monnaie commune, les États auraient dû faire face avec leur monnaie nationale. La conséquence aurait été une envolée des taux d’intérêt et une dépréciation des taux de change. » « La Banque de France aurait certainement procédé à une monétisation de la dette, mais au prix d’une dépréciation violente de la monnaie. »

Remarquons au passage que l’expression « dépréciation des taux de change », si bien faite pour terroriser le rentier, est dépourvue de sens quand on ne précise pas par rapport à quelle monnaie est défini ce taux de change. L’auteur agite-t-il le spectre de la dépréciation par rapport au dollar ? Ou par rapport au mark ?..
a écrit le 10/04/2020 à 11:59 :
Devant la fragilité de ce système, c’est tout le dogme mondialiste de la « construction européenne » qui tombe à terre. « Les hôpitaux seront bientôt à court de médicaments essentiels pour traiter les patients atteints du covid-19 hospitalisés en unités de réanimation », expliquent-ils. En France, la lettre a été adressée le mardi 31 mars au président de la République, au Premier ministre ainsi qu’au ministre de la Santé, explique le Monde. Source Ouest France

La mondialisation portée par l' UE qui a empêcher la gestion intelligente de Covid, en gardant les frontières ouvertes, en exilant la production à l' autre bout du monde avait déjà eu pour résultat de voir les pays se spécialiser dans un seul domaine d’activité. Mais une épidémie de coronavirus plus tard, quand vient le temps de s’approvisionner en médicaments, les pays européens s’aperçoivent qu’ils sont dépendants d’autres pays pour soigner leur population. Ainsi, devant la fragilité de ce système, c’est tout le dogme mondialiste de la « construction européenne » qui tombe à terre face à l’horreur de la situation..

Cette même UE vient nous demander aujourd' hui de casquer en nous aggravant économiquement plutôt qu' aller chercher dans les paradis fiscaux, les 100 milliards annuels que la seule France exile par le bienheureux article 63 du TFUE, kibre circulation des capitaux ?! Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre, FREXIT, vite.
Réponse de le 10/04/2020 à 16:52 :
Vous voulez réellement revenir à la roupie française ? Payer votre énergie, vos biens de consommation importés 30% de plus ? Une inflation de 6 ou 8 % ? Voir vos impôts doubler pour compenser l'explosion des taux d'intérêt que nous devrons consentir à nos prêteurs et payer une dette libellée en euro et convertie en roupie française ?
a écrit le 10/04/2020 à 11:40 :
L’union des pays du Nord sont sécessionnistes...ils veulent restaient entre eux.

Pour se séparer des pays de l’union des pays du sud quoi de plus efficace que de les mettre dans une situation politique inextricable favorable aux parties populistes hostiles
à l’Union Européenne.
a écrit le 10/04/2020 à 11:24 :
Les européens du nord ouvrent leurs hôpitaux, mettent à disposition leurs cartes de crédit à des pays méditerranéens magouilleurs, ingrats et...voulant toujours plus alors que les vaches à lait souffrent du même syndrome... Solidarité à sens unique!
Réponse de le 10/04/2020 à 15:46 :
Pays magouilleurs:
Pays Bas état voyou qui vole les taxes des grandes entreprises des autres pays = paradis fiscales
Luxembourg = paradis fiscales
Allemagne 1)1953 effacement de la dette 50% pour ne pas faire FAILLITE!! ( le restant 50% l'Allemagne a fini de payé en 2010 = après 50 années ????)
2) réunification / Euro fort = pays profiteur….
Pour info un pays du sud comme l'Italie n'a jamais fait faillite et comme la France est contributeur net alors ou sont les magouilleurs ??
Réponse de le 11/04/2020 à 8:50 :
l'Italie -. grand collabarateur des nazis, comme cetains autres gouvernements en Europe.
Réponse de le 12/04/2020 à 13:42 :
@denewelsbader
Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage, les pays bas qui profitent de l'évasion fiscale n'ont pas envie d'être solidaires voilà tout, même la presse allemande est profondément agacée par l'attitude de Mark Rutte. Un peu facile de s'autoproclamer pays sérieux...
a écrit le 10/04/2020 à 10:50 :
Les pays du nord ont gagné.Nous continuons à régler le coût de la réunification de l’Allemagne et de la pandémie.C’est du n’importe quoi.
Le Royaume Unie est plus pragmatique.
Mais ne l’a t elle pas été, déjà, en sortant de l’union Européenne ?
C’est du pain béni pour les partis populistes.

Bonjours les dégâts!!!!
a écrit le 10/04/2020 à 10:33 :
Clairement pas du tout au niveau des engeux la perte pour l'economie et plus proche des 3000 Milliards Euros donc loin du compte.
Réponse de le 10/04/2020 à 19:09 :
Certes 500 milliards c'est peu à l'échelle européenne mais n'oublie pas que chaque pays injecte des fonds aussi dans leur economie. In fine, on n'en est pas très loin des 3000 milliards.
a écrit le 10/04/2020 à 10:27 :
Malgré les beaux discours de crise, ils voudront revenir à la normale et faire les mêmes erreurs qu’après la crise de 2008 !‬ L’austérité et une politique malthusienne !

‪Il faut faire l’inverse ! ‬Définanciarisation et relocalisation !‬
a écrit le 10/04/2020 à 10:22 :
Bon, en fait, il y a 240 milliards d'euros sans condition pour les dépenses de santé, 200 milliards en garantie pour les entreprises et jusqu'à 100 milliards pour le chômage partiel.
Mais rien pour un futur plan de relance (décarbonification, développement de l'autonomie dans les secteurs jugés stratégiques, etc.), alors que ce plan est crucial. C'est ce qui fera la différence, dans un sens ou dans l'autre.
Bref, ce n'est que de la communication, et rien n'est réglé.

C'est un peu honteux que les journaux ne fassent pas preuve d'un minimum d'analyse et relaient cet "accord" comme un plan de relance, ce qu'il n'est pas, et comme si le problème était réglé.
a écrit le 10/04/2020 à 10:21 :
500 Milliard d'endettement supplémentaire payé par le petit contribuable et gérer administrativement dans la voie du dogme européiste! Pour retrouver le monde d'avant!
a écrit le 10/04/2020 à 10:19 :
En gros les fourmis économes et prévoyantes ne veulent pas participer aux cigales dépensières et insouciantes....
a écrit le 10/04/2020 à 10:16 :
L éclair, non au chocolat ou café, ni même a la framboise, oui l éclair pur et dur d un Zeus terriblement écoeuré par l attitude des acteurs institutionnels et BA des dernières années, c est bien là la forme signalétique de la crise, non pas un U, L ou W mais bien l éclair, peut être bien même un double éclair pour les marchés fictifs!
a écrit le 10/04/2020 à 9:43 :
Quel dommage que l EU agit seulement dans l'urgence . Après le coronavirus et la remise sur rail de l'économie viendra le moment de se pencher sur l'avenir institutionnel de l EU. Car il va falloir trancher non pas en 2030 mais des le calme revenu. Véritable union fédérale ou union intergouvernementale telle que nous la connaissons ? J'ai peur que tant que Merkel est là, rien n'avance.
a écrit le 10/04/2020 à 9:29 :
si, le pb des coronabonds est tout a fait tranche!
c'est une eurobonds, ou ceux qui ont fait des efforts sont censes faire openbar sans controle sur leur compte en banque!
outre le fait qu'eurobonds ca a ete refuse y a presque 10 ans, faut pas oublier que c'est meme pas encore mis en place, que chacun vient avec ses depenses foireuses et autres gaspillages!
l'espagne veut financer un revenu minimum pour tous ' paye par personne', les francais sont en embuscade pour ca ( cf hamon) et pour sa non reforme des retraites!!!!
et lemaire veut deja plein d'argent de la bce en demandant que la dette soit annulee immediatement apres! une dette ne s'annule pas! on marche sur la tete! qui ici veut preter juste 100.000 a son voisin alors que celui ci annonce fierement qu'il ne va pas rembourser? personne
a écrit le 10/04/2020 à 9:27 :
A quand un fond souverain pour amortir ce genre de choc ? Décidément, la doctrine politique ne fait que mettre les citoyens de la zone euro dans la mouise...
a écrit le 10/04/2020 à 9:09 :
500 milliards c'est que dalle en rapport avec la crise économique actuelle. Les États Unis en sont à 2200 milliards avec 100 millions d'habitants de moins que nous, on est une fois de plus ridicules à écouter les radins du nord le pire étant ceux qui osent nous faire la leçon tout en s'enrichissant sur l'évasion fiscale des riches de nos pays.
Réponse de le 10/04/2020 à 11:27 :
La BCE a promis beaucoup déjà. Les 500 milliards s'ajoutent à d'autres actions.
Réponse de le 10/04/2020 à 12:02 :
@ multipseudos:

et donc c'est combien en tout ? Tu as des infos, tu as un truc à dire ou seulement là pour bêtement défendre une UE nauséabonde à l'agonie ?
a écrit le 10/04/2020 à 9:09 :
L'argent n'est qu'un outil, la vraie question attendue par l'ensemble des peuples européens et singulièrement nous autres concerne la stratégie de sortie de crise. Hors actuellement nous sommes en plein brouillard. J'observe que le Pr Raoul est une des rares autorités à proposer un remède utilisant des médicaments du moment ce qui n'exclue pas les avancées futures. Cette crise sanitaire se transforme en crise économique et il nous reste peut être un mois pour éviter un chaos social.

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