Bouclier, reconstruction collective, croissance verte... Christine Lagarde donne ses remèdes anti-crise
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Vincent Kessler
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82.700 morts dans le monde
, les économies de la planète voient leurs muscles s'atrophier. Invitée du Grand entretien sur France Inter, Christine Lagarde, la patronne de la Banque centrale européenne (BCE), a filé la métaphore d'un sportif forcé de stopper son entraînement."Cette crise sanitaire est terrible. Elle va infliger des dommages très importants à toutes les économies du monde", dont les économies européennes et celle de la France, qui a enregistré, au 1er trimestre 2020, sa pire performance depuis 1945 avec une contraction du PIB de 6% selon les premières estimations de la Banque de France.
Aujourd'hui, "toute la mission consiste à continuer à faire un peu d'entraînement pour que le jour où il faut reprendre on ne soit pas trop affaiblis, et qu'on puisse repartir de plus belle", a-t-elle poursuivi. La présidente de la BCE s'est dite toutefois "dubitative" sur les conditions de redémarrage lorsque le temps de la reprise sera venu.
Néanmoins, l'ex-ministre et ancienne dirigeante du Fonds monétaire international estime qu'il faut que le confinement dure autant de temps que nécessaire. Et, l'action de la BCE, qui agit "comme un bouclier" pour protéger les économies de la zone euro en injectant des liquidités afin que les banques continuent à prêter, durera elle aussi autant de temps que nécessaire.
À la question, cette crise sera-t-elle moins douloureuse que celle de 2008 ? Christine Lagarde a répondu: "J'aimerais bien le croire mais je ne suis pas convaincue. Cette crise très brutale et temporaire va infliger des dommages à nos économies profonds et on mettra du temps à se remettre", a-t-elle insisté.
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Interrogée sur le clivage des pays du nord et du sud de l'Europe sur la question des coronabonds, ces obligations européennes communes qui permettraient de mutualiser le coût de la dette, qui va exploser dans tous les États membres, Christine Lagarde a fait part de "progrès enregistrés" lors de la dernière réunion marathon de l'Eurogroupe, qui s'est pourtant encore achevée sur un échec.
Dans une interview accordée au Parisien, elle a toutefois appelé à ne pas se focaliser sur cet instrument financier, en précisant que d'autres formes de mutualisation pouvaient être trouvées. "Un fonds collectif de reconstruction financé collectivement, avec toutes les signatures qui se mettent ensemble, ce serait formidable", a-t-elle avancé.
"J'espère que ce sens du collectif qui émerge va pouvoir se poursuivre à la reconstruction, qui va être un moment déterminant. Il y a des progrès incroyables qui sont enregistrés", a-t-elle assuré. Dans une tribune, publiée mercredi soir dans le journal Le Monde, la présidente de la BCE a appelé les États européens à "être côte à côte". "Si tous les pays ne se relèvent pas, les autres en pâtiront. En se montrant solidaire, on sert en fait ses propres intérêts", met en garde Christine Lagarde. "Il est vital que le volet budgétaire en réaction à cette crise soit suffisamment puissant dans l'ensemble de la zone euro. Les gouvernements doivent être côte à côte pour déployer ensemble des politiques optimales face à un choc commun dont nul n'est responsable", écrit-elle.
Quid d'une suppression pure et simple des dettes des différents États membres ? "Ça me paraît totalement impensable", a répondu, sans hésiter, Christine Lagarde à un auditeur de France Inter. La présidente de l'institution monétaire gardienne de l'euro a par ailleurs souligné qu'il faudrait "beaucoup plus de temps" que deux, trois, cinq ou dix ans pour que les États de la zone euro sortent de cet endettement.
Selon la patronne de la Banque centrale européenne, l'Europe doit profiter de la crise actuelle pour accélérer la transition énergétique.
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"Aujourd'hui ce que l'on constate c'est que la manière dont nous n'avons pas suffisamment respecté la biodiversité, la manière dont nous n'avons pas suffisamment respecté notre environnement est en train de nous revenir en boomerang dans la figure", estime-t-elle. Elle anticipe un réexamen collectif d'une série de principes sur le contrôle de nos chaînes d'approvisionnement, de possibles relocalisations et des choix différents, notamment en matière alimentaire.
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