Zone euro : croissance meilleure qu'attendue grâce à l'Allemagne
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Les analystes interrogés par Bloomberg s'attendaient en moyenne à une croissance de 0,2% entre juillet et septembre.
Jana Rodenbusch
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Les analystes interrogés par Bloomberg s'attendaient en moyenne à une croissance de 0,2% entre juillet et septembre.
Jana Rodenbusch
Bonne surprise. La croissance de la zone euro a été nettement plus élevée que prévu au troisième trimestre avec un PIB en hausse de 0,4% par rapport au trimestre précédent, grâce à la résistance surprise de l'Allemagne qui a échappé à une récession, a annoncé Eurostat. C'est donc bien mieux que prévu. Les analystes interrogés par Bloomberg s'attendaient, en effet, en moyenne à une croissance de 0,2% entre juillet et septembre, stable par rapport au trimestre précédent, pour les 20 pays partageant la monnaie unique.
Pour l'ensemble de l'Union européenne, la croissance a été un peu moins forte que dans la zone euro au troisième trimestre, à 0,3%, un rythme inchangé par rapport aux deux trimestres précédents.
Au sein même de la zone, les différences entre pays restent très marquées. Si la France se situe dans la moyenne du bloc au troisième trimestre, avec un PIB en hausse de 0,4%, l'Allemagne continue de sous-performer, avec une croissance moitié moindre (0,2%). Même si la première économie européenne a créé la surprise en échappant à un chiffre négatif - synonyme de récession -, après un recul du PIB de 0,3% au deuxième trimestre.
Reste que son économie fortement tournée vers l'international - les exportations de biens et services ont compté pour près de la moitié du PIB l'an dernier - pâtit du ralentissement de la conjoncture mondiale et de la multiplication des mesures protectionnistes. Catalyseur de toutes les craintes : la Chine, qui était devenue lors de la dernière décennie le premier marché international de nombreuses entreprises allemandes.
Non seulement la faiblesse actuelle de l'économie chinoise engendre une chute de la demande pour les biens « Made in Germany », mais la Chine entre désormais en compétition directe avec les producteurs allemands. C'est le cas pour les fabricants de voitures électriques, d'acier, de produits chimiques, de machines-outils - spécialités de l'industrie allemande.
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L'Italie de son côté a enregistré une contre-performance, avec une croissance nulle de juillet à septembre. Quant à l'Espagne, elle continue de caracoler en tête, son PIB progressant de 0,8%, comme au trimestre précédent.
L'économie européenne reste globalement faible. Sur l'ensemble de l'année, « les services du FMI prévoient que l'économie croîtra de 0,8% en 2024, pour atteindre 1,3% en 2025 et 1,5% en 2026. Il s'agit d'une légère révision à la baisse par rapport aux projections de juin, principalement en raison d'une contribution plus faible de la demande intérieure au cours des prochains trimestres », a expliqué la Banque centrale européenne dans son communiqué en septembre. À titre de comparaison, le FMI prévoit une croissance de 2,6% aux Etats-Unis et 5% en Chine cette année.
Dans le même temps, l'inflation a ralenti plus que prévu en septembre, à 1,7% sur un an, pour la première fois en plus de trois ans sous le seuil des 2%. Elle a amené la BCE à réduire de 0,25 point de pourcentage le taux de dépôt, qui sert de référence pour les conditions de crédit dans l'économie, pour le porter à 3,25% le 17 octobre dernier. Avec ce deuxième assouplissement monétaire d'affilée, de même ampleur qu'en septembre, les gardiens de l'euro ont ainsi pris le contre-pied de la prudence affichée il y a un mois.
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D'autant que le 18 octobre, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France a laissé penser que le mouvement de baisse allait encore s'amplifier ces prochains mois. « Ce n'est pas la première baisse des taux et ce ne sera pas la dernière », avait-il précisé devant des journalistes.
(Avec AFP)
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