La deuxième banque allemande, qui a pour clients la moitié des plus grandes entreprises françaises, veut augmenter de 15% par an sa clientèle en France.
David Arlettaz est satisfait. "Nous avons atteint nos objectifs", a déclaré le directeur général de Commerzbank en France, le 20 mars, lors de la présentation de l'activité de la deuxième banque allemande dans l'Hexagone. Commerzbank compte aujourd'hui la moitié des 250 plus grandes entreprises françaises parmi ses clients, contre un tiers seulement il y a trois ans. Et la banque ne compte pas s'arrêter en si bon chemin : elle prévoit de continuer à augmenter de 15% par an le nombre de ses clients en France.
Un pays qui est une vieille connaissance pour la banque, puisqu'elle y travaille depuis 1976, auprès d'une clientèle, non pas de particuliers, mais d'investisseurs institutionnels et d'entreprises comme Saint-Gobain, Vivendi, Auchan, Air Liquide ou bien encore Neopost, à qui Commerzbank accorde des crédits, qu'elle conseille pour leurs opérations de fusions et acquisitions, et accompagne dans leurs émissions obligataires, entre autres.
Une complémentarité avec les banques françaises
En 2013, Commerzbank a ainsi piloté neuf émissions obligataires pour des entreprises françaises, et trois depuis le début de l'année 2014, pour le constructeur automobile Renault, sa filiale de crédit RCI Banque et le groupe de sidérurgie ArcelorMittal. L'an dernier, Commerzbank a également travaillé sur la première émission de "green bonds" ou "obligations vertes" d'EDF, un emprunt d'un montant de 1,4 milliard d'euros, destiné à financer des projets répondant à des critères environnementaux, sociaux ou de gouvernance.
Pourquoi la France intéresse-t-elle tant Commerzbank ? "Parce que les deux moteurs de l'économie européenne sont l'Allemagne, certes, mais également la France", explique Peter Schikaneder. "La France représente pour nous un marché hautement stratégique, du fait des liens économiques très étroits que les grandes entreprises françaises entretiennent avec l'Allemagne et la Pologne, nos deux principaux marchés bancaires", complète David Arlettaz.
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En sens contraire, quid des velléités de développement de BNP Paribas en Allemagne, la première banque française entendant croître de 8% par an outre-Rhin d'ici à 2016 ? "Nous avons une position très importante, très compétitive en Allemagne. Nous disposons d'une large clientèle de PME, que d'autres banques devraient avoir des difficultés à conquérir", rétorque Peter Schikaneder. Voilà BNP Paribas prévenue.