Pour Neoyot, l’abonnement est la (future) façon de mieux consommer le yachting
Gaëlle Cloarec
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"Neoyot fait le pari que d'ici à dix ans les plaisanciers seront majoritairement des abonnés". D'emblée, Anthony Brisacq dévoilé sa stratégie. Pour le fondateur de l'antenne française de la société luxembourgeoise Neoyot, "l'abonnement n'est ni plus ni moins que la nouvelle manière de consommer." Pour preuve, "sa percée dans l'industrie de la musique, du cinéma, de la restauration, de l'aviation privée et même de l'automobile avec des constructeurs comme Porsche et son offre à 2.900 euros par mois". En toute logique, le yachtisme devrait suivre. C'est en tout cas le postulat de départ de la jeune entreprise née en 2022 et basée à Nice, qui s'empare de ce business model pour l'adapter à la grande plaisance.
Et Neoyot de dérouler ses arguments. Le dicton qui veut qu'un propriétaire de bateau n'est heureux que deux fois, quand il l'achète et quand il le vend, n'est pas totalement déconnecté de la réalité. "Les contraintes sont en effet nombreuses et très coûteuses pour ceux qui détiennent un bateau. Quant à ceux qui choisissent la location, s'ils échappent aux désavantages de la propriété, ils en connaissent d'autres comme le calendrier figé et des services délivrés qui ne répondent pas toujours à leur besoin". Par ailleurs, l'abonnement a déjà fait ses preuves dans le secteur de la petite plaisance où les navires n'excèdent pas 10 mètres. "En l'espace de trois ans, le marché a réussi à aligner 5.000 bateaux répartis sur la côte Atlantique et la Méditerranée", précise Anthony Brisacq.
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Dont acte ! Lancée cet été, l'offre Neoyot consiste à permettre à une poignée d'abonnés - 6 cette saison, 4 la saison prochaine - d'être propriétaire d'un même bateau durant 6 mois, du 15 avril au 15 octobre. S'il rappelle le système du timeshare d'appartement, qui a connu son heure de gloire avec la démocratisation des séjours au ski, le procédé s'en détache, selon le dirigeant, grâce au digital et le "développement d'une application cousue main permettant aux plaisanciers d'utiliser le bateau de manière assez spontanée". En outre, l'accent a été mis sur le service, "de haut standing", comme la personnalisation du navire avant l'arrivée de chaque propriétaire via la livraison et l'installation de ses affaires personnelles, à l'image de ce qui se pratique dans les palaces.
Gaëlle Cloarec