Grace Tulomba : cuisine africaine et « rêve français »
Maëva Gardet-Pizzo
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En ce pluvieux vendredi d'hiver, le Populo est plein à craquer. Ouvert en septembre dernier, ce lieu regroupe des échoppes où l'on mijote des plats originaires du monde entier. Au milieu, d'imposantes tables centrales sur lesquelles on s'installe librement, une assiette fumante sous le nez. Autour de l'une d'entre elles, trois imposants mangeurs pressés qui ont fait ont opté pour des assiettes creuses orange à l'intérieur desquelles sont présentés un poulet yassa fondant pour l'un, et des gaufres de patates douces garnies de poulet frits pour les deux autres. Des plats familiaux que trois salariés préparent depuis le petit local de neuf mètres carrés de Mama Nelly, un concept de cuisine africaine fraîchement né à Marseille. Neuf mètres carrés d'un rêve qui prend forme. « Le rêve français » de Grace Tulomba.
Né en 1993 en République démocratique du Congo, Grace Tulomba naît au sein d'une famille où le féminin l'emporte assez largement. Cinq sœur. Il est le seul garçon. Et pas question pour sa mère que cela lui confère un quelconque privilège. « Elle détestait l'idée que son fils ne fasse rien à la maison », sourit l'entrepreneur. Traiteur pour les mariages, elle lui prend la main et l'embarque avec elle afin qu'il mette, dès le plus jeune âge, la main à la pâte. «Ma passion pour la cuisine est née comme ça ». De même qu'une certaine fascination pour le genre féminin.
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République démocratique du Congo. Son père se sentant menacé, la famille s'envole pour la France. Direction Colmar dans un
premier temps.À lire également
« Un passeur suisse nous a laissés ici. On a vécu dans un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile à Mulhouse puis nous avons été envoyés à Marseille en 2006 ». Apprendre la langue, alors qu'à la maison, on parle portugais. Subir quelques moqueries. L'ennui de longues journées qui s'étirent tandis que les autres enfants du même âge vont à l'école, presque par automatisme. « Pendant un moment, on ne pouvait pas être scolarisés car on n'avait pas de papiers ».
Maëva Gardet-Pizzo