L’ex-président de Rossignol au secours d’Aqualung

Laurence Bottero
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Aqualung restera-t-elle une pépite française ? Alors que la Conférence des Nations-Unies pour l'océan vient tout juste de s'achever, l'entreprise co-créée en 1943 par celui qui a été l'un des premiers explorateurs des mers, Jacques-Yves Cousteau, devenue le numéro un mondial de l'équipement pour la plongée sous-marine, connaît des vents contraires. Placée en redressement judiciaire, Aqualung, basée à Sophia-Antipolis, avait annoncé en avril dernier être entrée en négociations exclusives avec l'autrichien Head Group, présent dans divers segments dont le ski, le tennis ou encore la plongée, et numéro 3 du secteur.
Une acquisition qui semblait ne présenter aucun enjeu. Jusqu'au dépôt ce 18 juin d'une seconde offre, portée par Bruno Cerclay.
Ce dirigeant a été dans les années 2000 le directeur général de Rossignol, le fabricant français de ski qui, revendu à Quicksilver, va se retrouver en grandes difficultés, plombé par une diversification vers le textile qui ne prend pas. C'est le consortium Chartreuse et Mont Blanc qui récupère la marque tricolore en 2008, consortium mené par Bruno Cercley, lequel va mener une stratégie qu'il appelle alors de rationalisation, permettant à Rossignol de retrouver le chemin de la réussite entreprenariale.
En 2022, le fonds Montagu Private Equity, propriété d'Aqualung, fait appel à Bruno Cerclay pour mener le développement du numéro un mondial du matériel de plongée. Mais la cession, 15 mois plus tard, en 2023, à la société d'investissement Barings stoppe l'aventure. Aqualung va alors revoir sa stratégie organisationnelle, céder ses activités aux Etats-Unis, fermant ses usines outre-Atlantique ainsi qu'en Italie pour relocaliser la production en France. Et se retrouver en redressement judiciaire.
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C'est en quelque sorte un peu le même schéma qui a été déployé il y a dix ans pour Rossignol, que Bruno Cercley entend appliquer à Aqualung. Ainsi, pour l'heure, c'est avec le taïwanais ODE Sports que l'offre est pensée. Distributeur de la marque sur le marché asiatique, il serait « un atout indéniable pour le développement d'Aqualung par sa connaissance du réseau fournisseur, alors même que la plongée se développe en Asie », commente Bruno Cercley. Bien qu'injectant 49 millions d'euros dans le projet de reprise, ODE Sports demeurerait minoritaire dans l'actionnariat, à hauteur de 25%. Car Bruno Cercley entend réitérer, en quelque sorte, le modèle Chartreuse et Mont Blanc en convaincant d'autres capitaux de rejoindre l'aventure. S'il estime que la banque publique d'investissement, Bpifrance, pourrait soutenir le projet, ce sont des acteurs du secteur militaire notamment qu'il vise. Aqualung fournit en effet différentes armées européennes, dont l'armée française, un segment qui représente 30% de son activité, sachant que le chiffre d'affaires généré s'élève à 100 millions d'euros.
Laurence Bottero