Du Libor à l'or, les grandes banques multiplient les scandales

 |   |  653  mots
D'autres affaires sont en cours sur les subprime (banques américaines), l'évasion fiscale (banques suisses) le blanchiment d'argent et les violations de l'embargo américain (Société Générale, BNP Paribas et Credit Agricole).
D'autres affaires sont en cours sur les subprime (banques américaines), l'évasion fiscale (banques suisses) le blanchiment d'argent et les violations de l'embargo américain (Société Générale, BNP Paribas et Credit Agricole).
Du Libor à l'Hibor en passant par l'or et les devises, les scandales sur des manipulations des marchés par les grandes banques se multiplient. La Tribune fait le point.
  • Le Libor

Calculé par un panel de 6 à 18 banques, il sert de référence pour environ 360.000 milliards de dollars de produits financiers et a notamment une incidence sur les prêts aux ménages et aux entreprises.

L'affaire du Libor a démarré en 2008 avec des premiers soupçons émis par l'association des banquiers britanniques (BBA). C'est en 2012 qu'elle éclate vraiment lorsque la britannique Barclays révèle qu'elle va payer 290 millions de livres pour mettre fin à des investigations en Angleterre et aux Etats-Unis.

Depuis, des enquêtes ont été lancées en Europe, au Royaume-Uni, en Suisse, en Asie (Hong Kong, Tokyo et Singapour) et aux Etats-Unis. Un régulateur bancaire américain, la FDIC, vient ainsi d'attaquer en justice une série de banques, chargées de fixer ce taux.

Outre Barclays, sont visées les américaines JPMorgan Chase, Citigroup et Bank of America mais aussi les banques suisses UBS et Credit Suisse, les britanniques HSBC, Royal Bank of Scotland, Lloyds et Barclays, Société Générale, l'allemande Deutsche Bank, la canadienne Royal Bank of Canada, ou encore la japonaise Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ, WestLB et Norinchukin Bank.

Le régulateur américain les accuse d'avoir faussé ce taux à leur propre avantage De lourdes amendes ont déjà été prononcées à travers le globe, dont 1,7 milliard de dollars infligé en décembre à huit banques par l'UE.

Des têtes sont déjà tombées, dont le flamboyant directeur général de Barclays Bob Diamond poussé à la démission. Des courtiers ont été suspendus et six d'entre eux ont été inculpés en Angleterre. Le procès de trois employés (UBS, Citigroup et du courtier RP) est prévu début 2015 à Londres.

  •  Les devises

Le scandale a éclaté au printemps 2013 quand l'Autorité de conduite financière (FCA) britannique a lancé une enquête sur ce marché, dont les transactions se montent chaque jour à plus de 5.000 milliards de dollars.

Les enquêteurs soupçonnent une entente illicite entre courtiers de grandes banques pour influencer le taux de référence quotidien WM/Reuters.

Sont visées Deutsche Bank, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan, RBS, Société générale, BNP Paribas, Barclays, UBS, Credit Suisse, Bank of America et HSBC.

Les investigations sont menées sur trois continents: l'Europe, l'Asie et l'Amérique et se conjuguent avec les enquêtes internes des banques qui ont suspendu plusieurs cambistes. L'enquête a même éclaboussé la vénérable Banque d'Angleterre, qui a suspendu le 5 mars un employé et lancé une enquête interne.

Pour l'instant, aucune amende n'a encore été infligée

  •  Or, argent et autres métaux

L'affaire a éclaté en décembre quand le régulateur financier allemand, la BaFin, a lancé une enquête officielle sur la façon dont sont fixés les prix de l'or et de l'argent.

La fixation du prix de l'once de métal jaune à Londres est effectuée électroniquement deux fois par jour par un groupe de cinq banques internationales (Barclays, Deutsche Bank, HSBC, Société Générale et Bank of Nova Scotia).

Ce taux de référence est utilisé par les compagnies minières et les banques centrales pour évaluer la valeur des métaux. Il affecte directement les prix des bijoux mais surtout les revenus des compagnies aurifères et les prix que doivent payer les raffineurs.

Un particulier s'est joint aux régulateurs et poursuit en justice Société générale HSBC, Barclays, Deutsche Bank et Bank of Nova Scotia

Ni suspension, ni amende n'ont encore été prononcées.

>> Pour aller plus loin: UBS sanctionnée pour avoir tenté de manipuler le taux Hibor

Hormis ces trois grands scandales, d'autres affaires sont en cours sur les subprime (banques américaines), l'évasion fiscale (banques suisses) le blanchiment d'argent et les violations de l'embargo américain (Société Générale, BNP Paribas et Credit Agricole).

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/11/2017 à 4:34 :
Les magouilles des costumes cravates ne sont pas une nouvauté
a écrit le 21/04/2014 à 10:40 :
Les découvertes de scandales à répétition dans la formation des prix ne sont que les résultat de la réglementation qui place les banque souvent sous prétexte de murailles de Chine en permanence en conflit d'intérêt en liant les fonction d'intermédiation et de négoce pour compte propre ou en mêlant gestion d'actifs et structuration, le tout étant facilité par de compensations de risques indues car liée à des corrélation de circonstance et à des valorisation sur modèle en neutralisant le temps et les risques extrêmes. L'essentiel du processus réside dans le fit que un nombre réduit d'opérateurs dominent ces marchés ce qui facilite la collusion.
a écrit le 17/03/2014 à 9:55 :
Qu'on mette les patrons de banques, les membres du board et tous les traders en taule Mieux qu'on les envoie dans des camps de rééducation à la chinoise du temps de Mao. Finalement Mao avait peut être bien compris la puanteur du capitalisme financier et comment traiter cette peste de grande puanteur.
a écrit le 15/03/2014 à 14:41 :
Quel est la vrai valeur du Libor,devises et métaux??
a écrit le 15/03/2014 à 13:26 :
Les financiers coupables de fraudes jouissant de une impunité totale car les banques qui les emploient passent à chaque fois des accords à la amiable avec des régulateurs comme amf, sec, etc qui protègent les intérêts des places financières. Il est donc logique que les fraudes massives se multiplient. Une fraude qui fait gagner 2 milliards donne lieu à une amende de 1 milliard et est donc rentable. Il est grand temps de supprimer les ami la sec et autres protecteurs des financiers et de les soumettre à la vraie justice. La même justice que pour les autres fraudes et crimes, en toute égalité et sans favoritisme.
Réponse de le 17/03/2014 à 18:54 :
Désolé, mais ... faux. Si vous suiviez un peu mieux, vous pourriez constater qu'à chaque "scandale", le montant de l' "amende" se situe entre 5 à 10 % de la fraude. Quand à écrire des gros mots comme "égalité", essayez d'éviter la prochaine fois.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :