À la veille de son mariage avec CNP, La Banque Postale affiche sa résilience
Juliette Raynal

Photo d'illustration
Mal Langsdon
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Alors que La Banque Postale s'apprête à changer de dimension en s'unissant officiellement à CNP Assurances, le groupe bancaire public a partagé des résultats solides pour son exercice 2019, démontrant sa capacité à résister à un environnement de taux durablement bas, voire négatifs, qui rognent la rentabilité du secteur bancaire.
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de plus de 9,2 milliards d'euros. La filiale bancaire de La Poste détiendra alors 62,1% du capital de CNP Assurances, qui restera cotée.En attendant ce jour "historique", Rémy Weber s'est félicité de "résultats résilients". "Depuis six ans, nous affichons un résultat avant impôts supérieur à un milliard d'euros", a-t-il indiqué. En 2019, La Banque Postale a enregistré un résultat avant impôts de 1,05 milliard d'euros, en hausse de 1,9% sur un an. Son PNB s'élève à 5,64 milliards d'euros, en hausse de 1,4%. La banque de détail, qui représente plus de 90% du PNB, enregistre une hausse de 1,1%. L'activité d'assurance non vie, qui pèse moins de 5% dans les revenus, enregistre quant à elle une forte croissance à +14,7%, tandis que la gestion d'actifs, très minoritaire également, enregistre une légère hausse de 1,7%.
Cette stratégie de diversification regroupe les activités entreprises et secteur public local, le crédit à la consommation, l'assurance non vie, la BFI, de la gestion d'actifs et la gestion privée.
La filiale bancaire de La Poste a également vu ses encours de crédits accordés aux particuliers augmenter de 5,5% et ceux accordés aux personnes morales s'envoler à + 23%. "L'année 2019 a été une très bonne année pour le secteur public local avec 6 milliards d'euros d'encours. Cela est directement lié à l'environnement conjoncturel, les élus réalisant beaucoup d'investissements l'année précédant la fin de leur mandat", explique Tony Blanco. La Banque Postale a aussi travaillé les segments des PME et des professionnels. Et "les volumes ont considérablement crû dans le domaine de l'affacturage", ajoute Tony Blanco.
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Interrogé sur son intérêt pour les activités de banque de détail d'HSBC France, le patron de La Banque Postale est volontairement resté flou : "Nous avons marqué un intérêt à regarder ce dossier sur la base d'un périmètre qui n'est pas forcément celui qui est aujourd'hui en vente", a-t-il répondu. La Banque Postale souhaite en effet se renforcer sur les segments de la clientèle patrimoniale et des entreprises, alors que les PME et les ETI ne devraient pas faire partie des activités en vente, circonscrites aujourd'hui à la clientèle de particuliers et des plus petites entreprises.
Outre cette stratégie de diversification, l'année 2019 a été marquée par d'importants investissements en matière de digitalisation avec notamment le lancement de Ma French Bank. Cinq mois après son coup d'envoi, cette offre 100% mobile comptait 122.000 clients actifs à la fin 2019. Elle en revendique aujourd'hui 151.000. "Une merveilleuse réussite", selon Rémy Weber, qui vise 1,25 million de clients en 2025. Volume nécessaire pour atteindre le seuil de rentabilité. Ma French Bank s'enrichira dans le courant de l'année de produits d'assurance pour la maison et le mobile. Une offre pour les mineurs doit également voir le jour en 2020 et une autre dédiée aux professionnels est prévue en 2021.
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La Banque Postale, qui entend devenir une société à mission, veut conforter son rôle de leader dans la finance durable. Elle maintient son objectif de mettre en conformité la totalité de ses encours sous gestion, soit environ 230 milliards d'euros d'actifs, aux principes de l'ISR d'ici la fin 2020. "Aujourd'hui, nous sommes à 60%", a précisé Rémy Weber.
Juliette Raynal