L'assemblée générale des actionnaires du réassureur Scor s'annonçait difficile après une année marquée par la crise du Covid, des résultats en berne, un cours de l'action au tapis, un couac de gouvernance avec l'aller et retour d'un successeur présomptif, Benoît Ribadeau-Dumas et, enfin, un conflit juridique et médiatique qui s'éternisait avec l'assureur mutualiste Covéa.
Tout semble aujourd'hui rentrer dans l'ordre. L'armistice signé avec Covéa (toujours actionnaire à hauteur de 8% mais Scor dispose d'une option d'achat) a été salué par les marchés, le ciel de la réassurance se dégage et le nouveau successeur désigné de Denis Kessler, l'actuel PDG, aux manettes de Scor depuis 19 ans, en la personne de Laurent Rousseau, un homme du sérail, fait l'unanimité.
Résultat, l'assemblée générale s'est déroulée (en virtuel) sans clash ni accroc, malgré la pression toujours exercée par le fonds activiste CIAM. Toutes les résolutions ont été votées à une écrasante majorité. A une exception près. Une fois encore, la question de la rémunération de Denis Kessler (1,95 million d'euros, dont 750.000 euros de variable), a fait débat parmi les actionnaires et les agences de conseil de vote ont appelé à voter contre la résolution en raison du mode de calcul de la parte variable. Même la très institutionnelle Association française de la gestion financière (AFG) est montée au créneau. Finalement, la résolution a été adoptée mais de justesse, à 55% des suffrages, un score bien inférieur à celui de l'an dernier (68%).