La puissante association d’épargnants Afer, qui regroupe plus de 750.000 épargnants autour de son contrat unique multisupport, envisage le lancement d’un nouveau contrat au début 2025. Objectif affiché, doper sa collecte et rajeunir son fonds de commerce. Une première depuis sa création en 1976. Pour ce faire, l’association doit encore obtenir le feu vert des adhérents, lors de sa prochaine assemblée générale le 25 juin.
Une petite résolution pour une grande révolution. Les adhérents de l'Afer, la plus puissante association d'épargnants de France (752.000 adhérents), devront en effet se prononcer sur la résolution cinq lors de la prochaine assemblée générale le 25 juin. Trois lignes à peine : « L'AG donne mandat au Conseil d'administration pour dynamiser les performances et conquérir de nouveaux adhérents grâce à un nouveau contrat, qui permettra également aux adhérents actuels de profiter de son dynamisme au sein du même canton euro ».
Proposer un nouveau contrat d'assurance, c'est une première depuis la création de l'association en 1976 et son contrat vedette qui a donné le ton au marché de l'assurance-vie pendant près d'un demi-siècle.
Aux yeux de nombreux professionnels de l'épargne, le succès de l'assurance-vie en France doit beaucoup à l'Afer. Cette dernière a en effet su démocratiser le produit auprès du grand public et ainsi transformer le patrimoine financier des ménages. L'Afer a innové à plusieurs niveaux : proposer un produit simple et transparent, le même pour tous, des frais limités (0,475%), une distribution de 100% des bénéfices aux assurés, et une gouvernance véritablement associative.
Forte décollecte en 2023
Mais le monde a changé. Le long cycle de baisse des taux est terminé et la hausse des taux fait peser un risque sur les portefeuilles obligataires. La concurrence s'aiguise, notamment de la part des bancassureurs et surtout, la clientèle vieillit.
Résultat, les recettes d'hier deviennent des handicaps aujourd'hui : la quasi-absence de provision pour participation aux bénéfices (PPB), cette réserve permettant de lisser la performance en cas de hausse des taux, la résistance aux unités de compte, longtemps jugées contraire aux intérêts des assurés, une distribution dominée par des courtiers qui ont tendance à orienter les réinvestissements (en cas de décès) vers d'autres contrats plus rémunérateurs. Bref, le modèle commençait à atteindre ses limites.
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