Lors de la 15ème édition de la Journée CCR CAT, la Caisse centrale de réassurance est revenue sur la question de l’assurabilité et les suites à donner au rapport Langreney. Le réassureur plaide pour une cartographie complète des risques et des solutions, qui pourrait être à terme opposable. Avec aussi un observatoire pour évaluer la présence des assureurs dans les zones à risque.« Le défi climatique, nous sommes en plein dedans », lâche un assureur, qui fait et refait ses comptes de la sécheresse de 2022 et 2023. Le bilan est lourd : 3 milliards d'euros de coût global assuré en 2022 et 600 à 750 millions en 2023. Avec les inondations et les séismes, la facture des catastrophes naturelles (Cat Nat) grimpe à 2 milliards d'euros de sinistres indemnisés en 2023. Un montant équivalent à celui des surprimes « Cat Nat » prélevées sur les contrats d'assurance (habitation pour la moitié, RC professionnel, auto), pour alimenter ce régime de réassurance, géré par la Caisse centrale de réassurance (CCR).
C'est peu dire que l'institution, qui bénéficie d'une garantie publique, accumule, année après année, les déficits techniques. Une situation si préoccupante que le gouvernement a accepté, en décembre dernier, d'augmenter les surprimes à compter du 1er janvier 2025.
Prise de conscience
« Les réactions (à cette hausse, NDLR) ont été plutôt calmes, voire positives, parce que la population comprend ce qui se passe, comprend qu'il y a un sujet de financement et un sujet d'assurabilité qui risque de se poser », relève Edouard Vieillefond, directeur général de CCR, lors d'une conférence de presse en marge de la quinzième Journée CAT, organisée par la CCR, en commentant un sondage réalisé pour l'occasion. Les prévisions sont connues, et elles sont affolantes, avec une augmentation d'au moins 50 % des sinistres à l'horizon 2050.
« Aujourd'hui, le marché peut faire face à des sinistres Cat Nat de 3,5 milliards, sans que la CCR ne fasse appel à la garantie de l'Etat, un chiffre en baisse constante compte tenu de la sinistralité forte de ces dernières années, et largement insuffisant en cas de scénarios extrêmes », souligne Antoine Quantin, directeur des réassurances de la CCR. Parmi ces scénarios, citons une submersion marine en côte atlantique de type de celle de 1987 (4 à 6 milliards de sinistres), une crue de la Seine de type 1910 (17 à 35 milliards) ou un cyclone sur la Guadeloupe de type Irma (5 à 20 milliards).