La BCE souhaiterait revoir le mode de calcul de l'Euribor

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La Banque centrale européenne favoriserait un taux de référence basé sur les transactions qui ont réellement eu lieu, plutôt que sur les seules déclarations des banques. Reste maintenant à arrêter le calendrier et à savoir si il est préférable d'utiliser un panel de banques ou de travailler sur l'ensemble des données.

La Banque centrale européenne (BCE) fait pression sur les responsables des taux interbancaires Euribor en faveur d'une refonte de leur mode de calcul, afin de restaurer la confiance en plein scandale sur la manipulation du Libor, affirme Reuters, citant des sources proches du dossier.

Le scandale qui a dévasté la City...

La banque britannique Barclays a accepté le mois dernier de payer 453 millions de dollars d'amende pour manipulation du Libor, un autre taux de référence dont dépend la fixation du prix de milliers de milliards de dollars d'actifs financiers dans le monde. Barclays a limogé son directeur général et l'affaire menace maintenant d'entacher la réputation de plusieurs autres grandes banques internationales.

...oblige la BCE à réfléchir au système des taux Euribor

La BCE plaide pour une modification en profondeur du système des taux Euribor - l'équivalent des taux Libor pour l'euro - qui passerait par l'abandon du mode de calcul actuel, fondé sur l'estimation par les banques des taux qu'elles pensent devoir acquitter, au profit des taux effectivement pratiqués. Les autorités de régulation craignent que le mécanisme actuel ne laisse trop de place à des possibilités de manipulation. La BCE pourrait aussi s'impliquer directement dans la supervision des taux Euribor, créés en 1999 en même temps que la monnaie unique européenne et qui impliquent pour une bonne part les mêmes banques que les taux Libor. Les taux Euribor ("EURo InterBank Offered Rate") servent de référence pour mesurer les taux que les banques se facturent les unes aux autres lorsqu'elles se prêtent des capitaux, mais aussi pour la fixation de multiples instruments financiers, qui incluent de simples prêts immobiliers aussi bien que des produits dérivés complexes.

Taux réels contre taux estimés

Aucune manipulation de l'Euribor n'a pour l'instant été établie et l'association qui en a la responsabilité - Euribor-EBF, une émanation de la Fédération bancaire européenne - assure que le nombre de banques impliquées dans la détermination des taux rendrait difficile toute tentative de fixation artificielle.
"La grande question est de savoir si l'on veut des taux affichés ou des taux réels (...) afin qu'à la fin de la journée, les banques disent quelles opérations elles ont réalisées et à quel prix", a expliqué une source de banque centrale. "Si l'on utilise les transactions effectives, on aura résolu le problème."

Une deuxième source proche du dossier a déclaré: "Tout le monde est pour cette solution. Reste à arrêter le calendrier. L'autre question, c'est de savoir si on utilise un panel (de banques) ou si on travaille sur l'ensemble des données."

La Commission européenne mobilisée

La Commission européenne a ouvert une enquête sur des soupçons d'entente concernant le Libor et l'Euribor, ce qui pourrait la conduire à imposer de lourdes amendes. Parallèlement, le commissaire au Marché intérieur Michel Barnier a commandité une étude sur le fonctionnement des taux de référence, qui pourrait l'amener à modifier la réglementation en vigueur.

Quelle supervision ?

La BCE fait figure de candidat naturel à la supervision de l'Euribor: l'institution de Francfort et les 17 banques centrales nationales de l'Eurosystème disposent de centaines de spécialistes des marchés monétaires qui sont chaque jour en relation avec les traders impliqués dans le calcul des taux Libor et Euribor.

L'autre régulateur possible, l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), n'emploie au contraire que 80 personnes pour le moment et manque de l'expérience accumulée par la BCE.

La BCE s'est refusée à tout commentaire sur son éventuelle implication dans un tel système mais le compte-rendu de l'une des réunions qu'elle organise régulièrement avec des spécialistes des marchés monétaires montre que la question de la crédibilité des taux Libor et Euribor a été débattue dès le mois de mars.  "Si la conclusion (de l'enquête de la Commission sur l'Euribor) est que le mécanisme de marché n'est pas fiable, la seule option sera de se tourner vers une institution publique", a déclaré un banquier central de la zone euro. "Nous ne militons pas pour cela mais la BCE pourrait être candidate. Trouver une alternative n'est pas chose facile."

Euribor vs. Eonia

La BCE participe déjà au calcul d'un autre des principaux taux de la zone euro, le taux au jour le jour Eonia, calcul qui utilise déjà les données effectives fournies par un échantillon de banques. Mais calquer ce système sur l'Euribor pourrait être compliqué en raison de la réticence actuelle des banques à se prêter les unes aux autres. "Si l'on utilise les taux effectifs, il est peu probable que l'on dispose chaque jours de marchés liquides sur (des échéances) jusqu'à 12 mois", explique une source de banque centrale. "Cela peut donc être très instable. La liquidité a beaucoup souffert sur le marché non garanti."
Guido Ravoet, directeur général d'Euribor-EBF, a déclaré: "Nous sommes totalement transparents et nous serions heureux que l'Euribor soit soumis à une supervision directe, qui pourrait être assurée par la BCE ou par l'ESMA, par exemple."

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Commentaires
a écrit le 21/07/2012 à 1:11 :
C'est clair pour le néophyte, encore un instrument créé par la finance pour obscursir la réalité et gagner du temps et beaucoup d''argent sur le plus grand nombre. Si nous avons bien compris plus c'est sombre plus le blanchiement en toute impunite est possible.
C'est la pratique habituelle de nos amis anglosaxon jamais à court pour spolier ses voisins et partenaires. et ils ne s'en privent pas. Il ne néritaient pas les jeux Olympiques, se sont les rois des détournements mondiaux d'argent qu'on leur confie.Il n'est même pas souhaitable de regarder une seule émission télévisée sur le sujet, y aller impassable.
a écrit le 19/07/2012 à 7:44 :
Oui sauf que tout ça c'est du blabla.
Dans les faits, les banques ont choisi volontairement le LIBOR comme référence dans leurs contrats. Il suffise qu'elles ne le fasse plus et choisissent un autre indice. Le LIBOR de par sa construction même est l'expression d'un oligopole. Il y est choisi de prendre les déclarations plutôt que les valeurs effectives.
Ensuite, la quasi totalité des affaires que l'on voit sortir, ont pour origine non pas une défaillance de la réglementation, mais de ceux qui sont chargés de veiller à son application et surtout de l'absence de pénalité à la hauteur des faits. En gros, faire payer une amende de 10% des bénéfices réalisés en infraction avec la loi et sans aucune poursuite judiciaire et sans même dans la majorité des cas que l'auteur n'ait à reconnaître avoir violé la dite loi, rend toutes ces discussions totalement vaines.
Quand un banquier vole (car c'est le résultat de son action bien souvent) qui que ce soit, il ne doit pas bénéficier d'une exemption systématique des poursuites. Il doit être poursuivi et jugé et le cas échéant condamné. Tant que cela ne sera pas fait, aucune mesure n'aura d'effet. Regardez aux US, ils sont en train de laisser filer les délais de prescription de la plupart des actes délictueux sur les subprimes et les expropritations illégales. Ils auront beau jeu d'ici quelques temps d'inculper et condamner avec force madiatisation quelques seconds couteaux, mais ceux qui ont organisé, laissé faire ou couvert avec profit ne seront plus jamais inquiétés.
a écrit le 18/07/2012 à 23:19 :
Ahh , il feraient preuve de compétence ... après avoir cru aux dogmes du libéralisme divin et à la dérégulation , qui implique une confiance en l'être humain forcement honnête , car dérégulation et escrocs ou cupides ne font pas forcement bon ménage ... c'est juste du bon sens ... Dommage c'est un peu tard ...

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