BNP Paribas reconnaît avoir commis des erreurs juridiques comme éthiques

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Le monde a changé estime Jean Lemierre (ici en 2008) et, dans le nouveau contexte, l'approche légaliste jusqu'à présent adoptée par les banques ne suffit plus.
"Le monde a changé" estime Jean Lemierre (ici en 2008) et, dans le nouveau contexte, l'approche légaliste jusqu'à présent adoptée par les banques ne suffit plus. (Crédits : Reuters)
Interrogé par le Financial Times, le président du groupe, Jean Lemierre, prône la nécessité d'un changement de culture à l'intérieur des banques pour éviter que les scandales ne se succèdent.

Une "sonnette d'alarme". Voici comment Jean Lemierre, président de BNP Paribas, a représenté l'amende de 8,9 milliards d'euros prononcée en 2014 par les autorités américaines à l'encontre de la banque française.

Interrogé par le Financial Times, le numéro un du groupe a reconnu que cette expérience a provoqué une "réorganisation massive" des fonctions de contrôle du groupe. Cela répond à une nouvelle nécessité, puisque "le monde a changé" et que, dans le nouveau contexte, l'approche légaliste jusqu'à présent adoptée par les banques ne suffit plus.

>>LIRE AUSSI: Jean Lemierre remplace Baudoin Prot à la tête de BNP Paribas

L'éthique doit être respectée au-delà des règles

Les "standards éthiques" doivent désormais être intégrés et respectés autant que les règles, imposant un changement de culture, estime notamment Jean Lemierre. En concluant entre 2002 et 2013 des transactions en violation des sanctions adoptées par les États-Unis à l'encontre de pays considérés comme terroristes ou génocidaires, BNP Paribas a échoué sur les deux fronts.

 "Une erreur, une grosse erreur même je dirais, a été commise, qui n'aurait pas dû avoir sa place dans la culture de BNP Paribas", selon le président du groupe, pour qui il est "crucial" de remédier à ce genre de "difficultés au-delà de la situation américaine".

Tous les contrôles sur les opérations en dollars centralisés à New-York

BNP Paribas est ainsi le premier prêteur non américain à avoir transféré à ses entités new-yorkaises les procédures de contrôle et d'agrément pour toutes les transactions en dollars, affirme Jean Lemierre. Jusqu'à présent, la plupart des contrôles étaient effectués au niveau local, par exemple à Paris, Singapour ou Genève, explique le FT.

Jean Lemierre exclut que ce choix puisse se traduire en un désavantage concurrentiel, en rendant ces transactions plus coûteuses en temps et en argent.

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Commentaires
a écrit le 23/02/2015 à 21:14 :
Belle opération de comm... je peux vous assurer, que malgré "cette grosse erreur", je n'ai pas vérifié que "les "standards éthiques sont intégrés et respectés autant que les règles", bien au contraire : je vous assure qu'il est très difficile "d'imposer ce changement de culture".
Je lutte justement presque au quotidien pour ce changement de culture mais je sens que je suis astucieusement bloqué (volontairement ?).
Ce qui est intéressant c'est que quand on y travaille de l'intérieur, on remarque alors qu'il existe des différences entre l'image "transmise" et la réalité du terrain.
a écrit le 18/02/2015 à 8:19 :
Des erreurs juridiques et ethiques comme dans #affaireapollonia : escroquerie en bande organisée au préjudice 1 milliard €.
Reconnaître du bout des lèvres c'est un début, la finalité c'est réparer le préjudice subi par les 1000 victimes
a écrit le 17/02/2015 à 16:01 :
la BNP est aussi impliquée dans #affaireapollonia
Escroquerie en bande organisée en France de 1 milliard €
1000 victimes / Affaire instruite au pénal à Marseille depuis 2008
a écrit le 16/02/2015 à 21:56 :
J'aurais le temps, je verserais une larme
a écrit le 16/02/2015 à 18:48 :
La photo du monsieur , par ailleurs illustre inconnu n'est pas très sexy. Pourriez-vous conserver l'article mais nous mettre la photo de Tom Cruise ?
Thanks in advance.
a écrit le 16/02/2015 à 16:18 :
Cela fait mal de voir des sociétés françaises prendre de telles amendes. des sommes d'argent faramineuses, et qui manqueront pour être investies en France. Mais cela fait encore plus mal d'entendre ses discours, par lesquelles les dirigeants de ces grandes sociétés prêtent allégeance à nos amis américains, et à leur vision du Monde. (Note pour l'AMF: je ne suis pas prêt d'être actionnaire.), et font leur mea culpa: il est vrai que c'est là un comportement bien français..
Réponse de le 16/02/2015 à 18:13 :
Pour moi, Aucune question d allégeance. Bnp avait 2 choix : refuser l amende et se fermer le marché américain
Ou
Payer celle ci: cher droit d entrée mais qui sera rentabilisé dans la prochaine décennie : cf ' les investissement prévus par bnp aux US'
Réponse de le 16/02/2015 à 18:28 :
+1
Réponse de le 23/02/2015 à 14:11 :
Pour aller plus loin qu'AKA... il ne s'agit pas uniquement de se fermer le marché US, mais une bonne partie de l'activité financière mondiale compensée en dollars US + des clients globaux majeurs qui seraient allés à la concurrence si BNPP se retrouve dans l'incapacité d'accompagner ses clients sur les fonds US. bref, baisse action et donc BNP serait devenu une proie intéressante

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