BNP Paribas veut pousser son avantage dans la banque de financement et d’investissement

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BNP Paribas a décidé de réduire les coûts de sa BFI de 1 milliard d'euros d'ici à 2019, notamment en industrialisant ses processus informatiques et opérationnels.
BNP Paribas a décidé de réduire les coûts de sa BFI de 1 milliard d'euros d'ici à 2019, notamment en industrialisant ses processus informatiques et opérationnels. (Crédits : © Yuya Shino / Reuters)
Contrairement à nombre de ses concurrents européens, qui ont adopté une stratégie de repli, la banque française se montre ambitieuse pour sa BFI, avec, entre autres objectifs, une hausse de 1,6 milliard d’euros de son résultat avant impôt d’ici à 2019.

BNP Paribas navigue à contre-courant de ses concurrents européens. Alors que plusieurs établissements bancaires du Vieux Continent, comme Royal Bank of Scotland et Barclays, ont annoncé des réductions de voilure dans leurs activités de banque de financement et d'investissement, ces derniers mois, BNP Paribas a au contraire affiché de grandes ambitions pour ses activités de marché, vendredi 5 février. À l'occasion de la présentation de ses résultats annuels, le groupe bancaire a dévoilé un plan qui doit engendrer d'ici à 2019 une hausse de 1,6 milliard d'euros du résultat avant impôt de sa BFI.

Celui-ci est ressorti à 3,329 milliards d'euros en 2015, soit une progression de près de 18% par rapport à l'année précédente (+7,6% à périmètre et taux de change constants). Une performance qui résulte d'une hausse des revenus dans chacune des activités de la BFI, qu'il s'agisse des marchés de capitaux, du financement d'entreprises ou du métier-titres, pour arriver à un total de 11,7 milliards d'euros, soit 27% de l'activité globale du groupe.

Des gains de parts de marché

« BNP Paribas bénéficie d'une banque de financement et d'investissement très solide et rentable », s'est félicité Alain Papiasse, directeur général adjoint de BNP Paribas. Et le dirigeant d'insister : « À la différence de certains concurrents européens, qui ont adopté des stratégies de repli, nous gagnons des parts de marché. » De fait, le produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires) de la BFI de BNP Paribas a augmenté de 13,2% en 2015, une croissance supérieure à celle de 10,6% enregistrée en moyenne par les banques européennes, souligne le groupe. Conséquence, ce dernier revendique une part de marché de 6,2% dans les activités de banque d'entreprise et de services aux investisseurs institutionnels, sur les neuf premiers mois de l'exercice 2015, contre 5,6% en 2014 et 5,2% en 2013.

Si nombre de banques européennes réduisent la taille de leurs BFI, c'est en raison de l'alourdissement des réglementations depuis la crise financière de 2008, qui les contraignent notamment à placer des fonds propres toujours plus importants et de meilleure qualité en face de leurs engagements jugés les plus risqués par les régulateurs. Résultat, la rentabilité des fonds propres des BFI est tombée à 7% en 2014, à l'échelle mondiale, selon une étude du Boston Consulting Group (BCG) publiée en mars 2015, contre 20% à 30% avant la crise. Une érosion qui conduit bien des BFI à se redimensionner, tant sur le plan géographique que sur celui des métiers : toujours d'après le BCG, les BFI ont réduit la taille de leur bilan de 20% environ entre 2010 et 2015.

Le potentiel de la désintermédiation

Chez BNP Paribas, il n'est pas question de repli, la BFI ayant bien l'intention de profiter au maximum du potentiel que représente le phénomène de désintermédiation, lequel va accroître le rôle des marchés dans le financement de l'économie européenne, au cours des prochaines années. Néanmoins, l'heure est à une « adaptation rapide » de sa BFI aux nouvelles contraintes réglementaires, a estimé BNP Paribas vendredi. D'autant plus que si certaines d'entre elles sont connues, comme la contribution des banques européennes au fonds de résolution unique, d'autres pourraient émerger à l'issue de processus dont l'ampleur et le calendrier demeurent incertains, à l'image de la revue des actifs pondérés et des modèles des banques menée par le Comité de Bâle.

BNP Paribas a donc décidé de réduire les coûts de sa BFI de 1 milliard d'euros d'ici à 2019, notamment en industrialisant ses processus informatiques et opérationnels. Parallèlement, le groupe travaille à une réduction brute de 20 milliards d'euros des actifs pondérés de la BFI, afin de redéployer celle-ci sur les géographies porteuses que sont la zone Amériques et la région Asie-Pacifique, ainsi que sur des métiers moins consommateurs en capital, comme les dérivés, et qui génèrent des commissions, à l'instar du conseil en fusions-acquisitions. La banque table ainsi sur une croissance annuelle de l'ordre de 4% des revenus de sa BFI, d'ici à 2019. Un horizon auquel la banque de financement et d'investissement devrait afficher une rentabilité des fonds propres supérieure de 8 points à son niveau de 2015 (18,6%).

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a écrit le 10/02/2016 à 14:24 :
Fuyez ! L'action s'est écroulé sous les 39 euros.

On commence à découvrir via l'effondrement de deutsche bank de la présence de Coco's (convertible cover bond) qui sont les nouvelles bombes à retardement.

Sachant que BNP en dérivé porte en dérivé dans son bilan , comme DB, à peu près 24 fois le PIB français (40 000 euros) , pas loin de DB, la BFI de BNP va être fortement affecté par la chute du pétrole ( regardez la dégradation de cheasapike qui va impacter négativement Well's Fargo, grosse banque américaine).

C'est justement la BFI de BNP qui m'inquiète, la force de la SG est justement d'avoir merdé avec Kerviel et d'avoir coupé dans sa BFI.

La titrisation repartie de plus belle après 2009 m'inquiète fortement, le secteur italien (BMPS etc...) a énormément de créances douteuses, les banques grecs sont au tapis (athex au plus bas, euro et alphabank ne valent plus rien, sous capitalisée) ,les banques espagnoles sont impactés par la chute en amérique latine ( brésil notamment) et les banques portugaises (nova banco, BMPI) inquiètent à nouveau, car les taux des obligations portugaises sont en forte hausse, ce qui va handicaper le gouvernement de gauche de Costa qui inquiète les marchés avec ses mesures populistes et démagogiques (retour au 35 h dans la fonction publique, nationalisation partielle de la TAP, bref totale retour en arrière).

Toute l'europe du sud va replonger dans la crise car elle a relaché ses efforts de baisses de la dépense publique, et la France n'a fait aucune réforme donc à tout à craindre de cet effondrement imminent des marchés et du secteur bancaire.

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