Brexit : les banques s'effondrent en Bourse

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Le secteur bancaire européen chute de 16% en moyenne ce 24 juin, après l'annonce du Brexit.
Le secteur bancaire européen chute de 16% en moyenne ce 24 juin, après l'annonce du Brexit. (Crédits : Reuters/Russell Boyce)
Deutsche Bank s'effondrait ainsi de plus de 16% vendredi matin, comme BNP Paribas, tandis que Société Générale décrochait de plus 25%.

S'il est un secteur d'activité qui a subi de plein fouet le choc boursier du Brexit, ce 24 juin, c'est bien celui des banques européennes, avec une chute de 16% en moyenne. Deutsche Bank s'effondrait ainsi de plus de 16% vendredi matin, comme BNP Paribas, tandis que Société Générale décrochait de plus 25%. Il faut dire que les valeurs bancaires avaient nettement remonté, ces derniers jours, les derniers sondages augurant d'un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, BNP Paribas a toutefois souligné que son exposition au Royaume-Uni était "limitée", et ne représentait que 6% de ses engagements commerciaux et 2,5% de son résultat d'exploitation. De son côté, la banque Dexia a souligné que ses expositions à des contreparties au Royaume Uni, évaluées à 26 milliards d'euros au 31 mars 2016, présentaient une très bonne qualité de crédit, étant notés dans la catégorie Investment Grade à 97%.

Mais c'est surtout l'impact de la chute de la livre sterling sur les bilans des banques qui inquiète les investisseurs. En effet, selon le dernier rapport de la Banque des règlements internationaux (BRI), les dérivés de taux d'intérêts en livre sterling représentaient une valeur notionnelle (sous-jacente) de 38.127 milliards de dollars fin 2015, soit près de 10 % de l'ensemble du marché mondial. La valeur notionnelle des dérivés de change en livre s'élève à 9.113 milliards de dollars, soit 13 % du marché mondial.

Or, les banques françaises et allemandes sont particulièrement exposées au marché des dérivés. La Deutsche Bank, par exemple, la première banque allemande, dont la solvabilité est régulièrement mise en doute par les marchés, affiche plus de 500 milliards d'euros de produits dérivés dans son bilan, soit près d'un tiers du total. Compte tenu de l'importance des notionnels, l'effet d'une crise de la livre sera immédiatement transmis à cette banque, maillon faible du secteur bancaire allemand et européen. En cas de crise financière plus large, la Deutsche Bank sera menacée et ceci pourrait avoir un impact sur l'ensemble du secteur bancaire.

La Fédération bancaire française (FBF) a cependant estimé vendredi que la réaction des marchés financiers au Brexit était "gérable" et que les banques françaises étaient préparées pour gérer les conséquences immédiates du référendum au Royaume-Uni. Le président de la FBF, Frédéric Oudéa, qui est aussi directeur général de Société générale, a en outre indiqué que les banques françaises ne s'attendaient pas à un impact significatif de la volatilité des marchés des changes sur leurs résultats.

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