Fermeture des comptes FN : aucune discrimination pour la Banque de France

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La Banque de France ne dit rien et est incapable de nous dire la raison pour laquelle la Société Générale a clôturé le compte du FN, a réagi mardi Marine Le Pen, pour qui c'est le tribunal qui va décider du sort de cette affaire.
La Banque de France ne dit "rien" et est "incapable de nous dire la raison pour laquelle la Société Générale a clôturé le compte" du FN, a réagi mardi Marine Le Pen, pour qui "c'est le tribunal qui va décider" du sort de cette affaire. (Crédits : Benoit Tessier)
La Banque de France a été saisie à la fois par le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, et par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire pour "vérifier que la loi a été respectée" dans le cadre de la fermeture des comptes du FN à la Société Générale.

La Société Générale n'a pas enfreint la réglementation en vigueur en fermant plusieurs comptes du Front national (FN) et n'a donc pas a priori discriminé le parti, a jugé mardi la Banque de France (BdF), saisie par le FN et le ministère des Finances.

"Les clôtures de comptes du Front national ne paraissent pas traduire un dysfonctionnement des banques au regard de leurs obligations réglementaires, et ne laissent pas supposer de discrimination", écrit la BdF dans un document.

La Banque de France a été saisie à la fois par le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, et par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, celui-ci souhaitant "vérifier que la loi a été respectée".

L'institution, qui souligne n'avoir pas mené d'enquête formelle mais une simple analyse sur la base de "contacts oraux" avec Wallerand de Saint-Just et la Société Générale, conclut que la banque a bien respecté le cadre réglementaire. Elle ne se prononce par ailleurs pas sur le cas de HSBC, qui a demandé la clôture du compte personnel de Mme Le Pen, puisqu'elle n'a pas été saisie sur le sujet, mais précise avoir aussi été en lien avec cette banque.

Une procédure "très exceptionnelle"

La Société Générale a confirmé la semaine dernière avoir demandé au FN de clôturer ses comptes, poussant le parti et sa présidente, Marine Le Pen, à dénoncer une "fatwa bancaire" et à annoncer leur intention de porter plainte. De son côté, la banque française a assuré que cette décision ne répondait qu'à des considérations bancaires et n'avait rien de politique.

Faute d'avoir trouvé une autre banque, le FN avait déjà saisi la Banque de France, qui avait enjoint le Crédit du Nord, lui-même filiale de Société Générale, d'ouvrir un compte. Dans son document publié mardi, la BdF estime que cette procédure a fonctionné selon les règles. Wallerand de Saint-Just avait dénoncé le fait que la banque nordiste refuse au parti de disposer de chéquier, les sorties ne pouvant se faire que par virement, et qu'elle empêche que les dons puissent se faire par carte bancaire via le site internet du parti.

Mais "le compte ouvert selon la procédure de droit au compte fonctionne conformément à la loi, même si le dispositif ne suffit pas à couvrir les besoins exprimés par le Front national", juge la BdF, rapportant que le Crédit du Nord propose bien les services bancaires prévus par le droit au compte. Néanmoins, l'institution souligne que cette procédure est "très exceptionnelle" pour un parti, "seules quelques formations politiques locales ayant jusqu'à présent saisi la Banque de France", tout en renvoyant au législateur pour un éventuel élargissement des services proposés dans le cadre du droit au compte.

"Au tribunal de décider"

Dans un communiqué publié dans la foulée, Bruno Le Maire, qui prend note que le FN a "bénéficié d'un traitement strictement conforme au droit", promet, dans ce cadre, de rester "attentif à ce que les partis politiques disposent des services bancaires nécessaires à l'exercice de leur mission et leur permettant de contribuer au débat démocratique".

La Banque de France ne dit "rien" et est "incapable de nous dire la raison pour laquelle la Société Générale a clôturé le compte" du FN, a réagi mardi Marine Le Pen, pour qui "c'est le tribunal qui va décider" du sort de cette affaire.

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 01/12/2017 à 9:40 :
le" plébiscité"va-t-il finir comme certains dictateurs .... dans les limbes de l'Histoire ?
c'est bien parti pour .
a écrit le 28/11/2017 à 18:06 :
Une dictature de la pensée petit à petit qui prend la forme d'une dictature tout court.
Attention la France devient un état totalitaire sous Macron.

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