Bourse : un mauvais indice fait plonger Wall Street, les places européennes orientées à la baisse

Septembre est un mois redouté par les investisseurs car d'un point de vue statistique c'est l'un des pires mois de l'année en Bourse.
ANDREW KELLY

Septembre est un mois redouté par les investisseurs car d'un point de vue statistique c'est l'un des pires mois de l'année en Bourse.
ANDREW KELLY
[Article publié le mercredi 4 août à 10h56, mis à jour à 16h02] C'est sur un air de « déjà-vu » que les principaux indices américains se sont effondrés hier dans la foulée de la publication d'un mauvais indicateur avancé ISM manufacturier sur août. L'indice Dow Jones a ainsi perdu près de 630 points à 40.936,93 points (-1,51%), alors que l'indice de référence, le S&P 500 cédait plus de 2% à 5.528,93 points et le Nasdaq, l'indice des valeurs technologiques, plus de 3% à 17.136,30 points. Les investisseurs ont également été plombés par une chute de plus de 9% du géant américain des puces Nvidia, victime de prises de bénéfices comme le reste du secteur des microprocesseurs.
Ce mercredi matin, l'indice japonais Nikkei a, lui, clôturé en recul de plus de 4% et toutes les places européennes ouvrent ce matin franchement dans le rouge. A 16h à Paris, le CAC 40 était en baisse de 0,84%, à 7.511 points. Même son de cloche à la Bourse de Francfort et à Londres. Du côté de Wall Street, à l'ouverture à 16h, le Dow Jones et le S&P 500 reprenaient 0,17% et 0,037% quand le Nasdaq affichait -0,28%.
Chacun se souvient qu'au début du mois d'août, les marchés avaient fortement chuté après la publication de la baisse de l'indice ISM en juillet, et ce, pour la quatrième fois consécutive. Un chiffre aussitôt mis en relief par de mauvais chiffres de l'emploi aux Etats-Unis.
Résultat, les investisseurs avaient pris peur face au risque d'une récession au pays de l'Oncle Sam, toujours annoncée depuis deux ans et jamais concrétisée. Un véritable sell off (ventes massives) avait alors traversé tous les marchés, un mouvement largement amplifié par le dénouement de très nombreuses opérations de carry trade (spéculation sur les écarts de taux sur les devises) sur le yen japonais.
Cette fois-ci, la « mauvaise nouvelle » économique était apparue aux yeux du marché comme une « mauvaise nouvelle » boursière, alors que les marchés avaient surfé depuis 2023 sur le fameux « bad new is a good news ». Ce qui traduit un vrai changement du sentiment de marché. Celui-ci se confirme donc en ce début de septembre. Seul l'indice de volatilité VIX (« l'indice de la peur ») reste contenu autour de 23, alors qu'il avait grimpé à 65 début août, au niveau record de la crise du Covid-19 ou de celui de la chute de la banque Lehman Brothers.
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Une inquiétude diffuse commençait à se manifester sur les marchés en cette rentrée. Le rebond des actions fin août lorsque les inquiétudes sur une récession se sont à nouveau dissipées est en effet vertigineux. L'indice vedette S&P 500 est même revenu sur ses plus hauts historiques à la fin du mois d'août, soit une hausse de 18% depuis le début de l'année ! Selon FactSet, les entreprises du S&P 500 se négocient à environ 21 fois leurs bénéfices prévus pour les 12 prochains mois, un niveau supérieur à la moyenne sur 10 ans de 18 fois.
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Le coup de torchon d'hier souligne l'extrême nervosité des investisseurs sur la question des données économiques alors que la question de la baisse des taux - dont le principe est désormais acquis - semble passer au second plan. La publication d'un rapport clé sur l'emploi vendredi aura donc valeur de test alors que les marchés s'interrogent sur l'ampleur de la baisse des taux qui sera décidée le 18 septembre par la Réserve fédérale. En Europe, des indices d'activité PMI pour plusieurs pays de la zone euro figurent à l'agenda de mercredi.