La deuxième banque italienne UniCredit pourrait retirer son offre sur BPM
latribune.fr
Fin novembre 2024, UniCredit avait lancé une OPE sur le numéro trois du secteur bancaire italien, alors que Banco BPM s'était engagé peu auparavant dans une OPA sur le gestionnaire d'actifs Anima.
Ce lundi, le PDG d'UniCredit a indiqué qu'il pourrait prendre cette décision si BPM relance son offre publique d'achat (OPA) sur Anima, dernier grand gestionnaire d'actifs indépendant d'Italie.
Le PDG d'UniCredit Andrea Orcel a prévenu, ce lundi, qu'il pourrait retirer son offre publique d'échange (OPE) hostile sur Banco BPM, née en 2017 de la fusion entre Banco Popolare et Banca popolare di Milano. UniCredit pourrait retirer son offre notamment si BPM relance son offre publique d'achat (OPA) sur Anima, dernier grand gestionnaire d'actifs indépendant d'Italie.
« UniCredit réaffirme qu'elle n'a pas pris de décision sur les conditions de l'offre », affirme son PDG, dans un communiqué. Le dirigeant met en garde les actionnaires de BPM, troisième banque italienne, contre « les risques et incertitudes liés aux propositions qui lui ont été faites, et les possibles conséquences de leurs décisions ». Il laisse aussi entendre aux actionnaires que, si UniCredit se retire, le titre de BPM pourrait chuter en Bourse.
« Allégations très dangereuses »
Ce sont des « allégations très dangereuses » qui visent à « influencer le vote des actionnaires lors de l'assemblée », a rétorqué le directeur général de Banco BPM cette après-midi, Giuseppe Castagna, dans un entretien à Bloomberg TV. « Ce type essaie bien sûr de jouer un jeu. Il est très doué pour cela. Il veut faire baisser nos actions et faire monter les siennes, mais nous répondrons aussi sur un plan légal à ce genre d'allégations », a-t-il lancé.
Lors d'une réunion avec des investisseurs à Londres, « on nous a dit qu'il essayait de faire peur aux actionnaires en disant que nous n'aurions pas assez de capital », a raconté Giuseppe Castagna. « Je peux rassurer nos actionnaires, nous aurons assez de capital », a-t-il affirmé.
BPM lorgne sur Anima
Cet avertissement du PDG d'UniCredit intervient alors que BPM doit valider, lors d'une assemblée générale de ses actionnaires le 28 février, l'augmentation du prix de l'OPA sur Anima de 6,20 à 7 euros. Cette offre généreuse est toutefois conditionnée au feu vert des autorités de régulation pour bénéficier des règles de consolidation favorables, connues sous le nom de « compromis danois ».
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Le conseil d'administration de BPM a décidé la semaine dernière la hausse du prix pour l'achat d'Anima, une décision qui doit être approuvée en AG. Cette convocation a été rendue nécessaire par le « principe de passivité » imposé à Banco BPM par l'offre d'UniCredit, qui limite les prises de décisions stratégiques de ses dirigeants.
En outre, BPM a annoncé avoir reçu des engagements d'adhésion à son OPA sur Anima de Poste Italiane et du Fonds stratégique italien (FSI) pour des actions correspondant à 21 % du capital. Ce qui lui permettra de « dépasser les 43 % ». BPM détient déjà 22,38 % d'Anima.
La banque BPM ne veut pas être rachetée
Fin novembre 2024, UniCredit avait lancé une OPE sur le numéro trois du secteur bancaire italien, alors que Banco BPM s'était engagé peu auparavant dans une OPA sur le gestionnaire d'actifs Anima.
Mais depuis cette offre publique d'échange hostile, BPM est sur la défensive, son conseil d'administration jugeant l'OPE d'UniCredit insuffisante, avec une valorisation proposée à 10,1 milliards d'euros. Pour contrer les envies d'UniCredit, numéro deux du secteur bancaire italien, BPM a publié la semaine dernière des bons résultats annuels, au lendemain de ceux - excellents - d'UniCredit.
Les dirigeants de BPM ont aussi annoncé qu'ils augmenteraient les dividendes aux actionnaires, et ce jusqu'en 2027 (7 milliards contre 4 milliards). À la mi-décembre, le conseil d'administration de BPM avait aussi demandé au gendarme boursier italien, la Consob, de prendre des mesures afin de « protéger toutes les parties prenantes [de BPM, NDLR] et du marché », et bloquer l'offensive d'UniCredit.
Enfin, BPM a assuré qu'une fusion avec UniCredit entraînerait 6 000 suppressions d'emplois, compte tenu des synergies de coûts de 900 millions d'euros par an invoquées par sa rivale. UniCredit avait qualifié de « pure conjecture » ces accusations, estimant avoir fait ses preuves « dans la gestion de son personnel ».
Commerzbank aussi sur la défensive face à UniCredit
Sur le front allemand, Commerzbank, dans laquelle UniCredit a pris à la hussarde environ 28 % du capital, muscle également sa défense. Après avoir annoncé fin janvier un résultat net en hausse de 20 % à 2,7 milliards d'euros, la banque allemande prépare, selon l'agence Reuters, un vaste plan de restructuration, avec plusieurs milliers suppressions d'emplois à la clé.
De son côté, le PDG d'UniCredit a indiqué la semaine dernière qu'il se donnait entre « trois et cinq trimestres » pour prendre une décision de lancer, ou non, une offre publique sur Commerzbank. Toujours selon l'agence Reuters, le dirigeant d'UniCredit pense que le rachat de la banque allemande sera difficile à empêcher. Le cours de Commerzbank a grimpé de 50 % depuis d'UniCredit a manifesté son intérêt.