La hausse des taux fragilise les marges des activités de banque de détail en France
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La marge d'intérêt représente 25 % du chiffre d'affaires des caisses régionales du Crédit agricole.
Crédit Agricole
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La marge d'intérêt représente 25 % du chiffre d'affaires des caisses régionales du Crédit agricole.
Crédit Agricole
Les bons résultats de l'exercice 2022 publiés cette semaine par les cinq principales banques françaises (BNP Paribas, Société générale, Crédit mutuel Alliance fédérale, Crédit agricole et BPCE), soit près de 28 milliards d'euros de profits nets cumulés, annoncent pourtant des lendemains plus difficiles en 2023. Du moins pour les activités de banque de détail en France.
La raison ? Une montée trop rapide des taux d'intérêt qui n'a pas le temps de se diffuser dans les bilans, notamment au passif, compte tenu des spécificités du marché français. Et le dirigeants des banques les plus exposées au marché français, les réseaux mutualistes en tête, ont pris soin d'expliquer cet aléa de la gestion actif/passif qui plombe les marges d'intérêt.
Comme le résume le tout nouveau président du directoire de BPCE (Banques populaires Caisses d'épargne), Nicolas Namias, « plus nous sommes exposés à l'économie française, plus le pincement des marges sera important. C'est ce que nous avons commencé à voir à la fin de l'année 2022 et c'est ce qui va marquer toute l'année 2023 ». Pour comprendre cet état plutôt contre-intuitif alors que le secteur bancaire n'a cessé de se plaindre ces quinze dernières années de la chute des taux, il faut en effet se plonger dans le bilan d'une banque française sur son marché domestique.
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A l'actif du bilan se trouvent en effet des encours de crédit à taux fixes, à taux bas et à duration très longue. En face, au passif, il y a des dépôts (gratuits), de l'épargne réglementée, plus ou moins importants, dont le coût explose et des financements de marché à des taux de marché (qui augmentent). Bref, les banques sont confrontées à des emplois à taux fixe et à des ressources à taux variables. Certes, l'actif va progressivement s'ajuster au fur et à mesure de la production nouvelle de crédit, elle-même contrainte par le taux d'usure. « Les masses sont telles que l'on sait comment cela va se matérialiser en 2023 mais il est important d'avoir une solidité financière pour faire face à cette phase transitoire », précise Nicolas Namias.
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