Pour sa dernière présentation des résultats annuels de la Société générale à la presse, Frédéric Oudéa, directeur général, n'a pas versé dans l'émotion excessive : « Je suis heureux de laisser une banque avec des fondations très solides à Slawomir (Krupa, actuel patron de la banque d'investissement et prochain directeur général à partir de la fin mai, NDLR) qui poursuivra le développement de notre banque ».
Les fondations de la banque sont en effet solides, au terme d'une année 2022 « intense, exigeante », selon l'expression du directeur général. Sans l'impact négatif de 3,3 milliards d'euros pour solder l'aventure russe, le résultat net « sous-jacent » est de 5,6 milliards d'euros pour un résultat d'exploitation de plus de dix milliards d'euros. Le coefficient d'exploitation (charges sur revenus) atteint même un excellent niveau de 61%. Les résultats sont particulièrement bons au quatrième trimestre, largement au-dessus du consensus, ce qui témoigne d'un momentum positif pour la banque depuis le troisième trimestre 2022. Solide enfin avec un ratio de solvabilité « dur » (CET1) de 13,5%, bien au-dessus de la cible de 12% (post Bâle IV) et largement (440 points de base) au-dessus des exigences réglementaires.
Les chantiers de la banque, lancés par Frédéric Oudéa, avancent bien, comme la fusion des réseaux bancaires en France (la migration informatique est prévue ce semestre) ou bien l'ultra-croissance de la banque en ligne Boursorama, qui affiche 4,7 millions clients au compteur. En précisant au passage que pour cette filiale, qui cherche encore sa rentabilité, la priorité reste « la croissance organique », après la reprise partielle du fonds de commerce d'ING France. Ce qui ne fait pas forcément de la Société générale le candidat le plus en pointe pour une éventuelle reprise d'Orange Bank, qui cherche un repreneur.