ENTRETIEN. Peu connu du grand public, My Money Group, racheté en 2017 par le fonds d’investissement Cerberus, est pourtant un acteur de premier plan en France dans le domaine du crédit, et numéro un dans le regroupement de crédit. Le groupe s'est constitué à partir du rachat, en 1995, par GE Capital de la Sovac (ex Lazard) et de la Banque Royale Saint-Georges. Il est désormais sous les feux de l’actualité depuis l’annonce de son projet d’acquisition des activités de banque de détail d’HSBC France, une opération qui doit être finalisée au premier trimestre 2023. Dans un entretien accordé à...... Tribune, le patron de My Money Group, Eric Shehadeh, revient sur cette opération et explique comment il compte faire renaître la marque CCF, disparue depuis quinze ans. Il défend un modèle de banque de proximité adapté au marché français, loin de l’approche standardisée qui prévaut dans les grands groupes bancaires internationaux.
LA TRIBUNE. Quel est votre sentiment après l'annonce de la reprise des activités de banque de détail d'HSBC France ?
ERIC SHEHADEH. Nous sommes bien évidemment très enthousiastes sur ce projet qui nous permet de changer de dimension sur le marché français. Nous étions jusqu'à présent une banque majoritairement spécialisée dans le crédit et nous accédons désormais à l'univers de la banque de détail, avec un fonds de commerce de 800.000 clients, un réseau de 244 agences et 3.900 collaborateurs, quelque 24 milliards d'euros de total d'actifs et aussi, la marque prestigieuse du Crédit Commercial de France (CCF). C'est une opération majeure sur le marché bancaire français et clairement un beau challenge pour nous, dont nous mesurons bien la dimension et la responsabilité.
Faire revivre une marque, le CCF, disparue depuis plus de quinze ans, n'est-il pas risqué alors que de nouvelles franchises, très high tech, se profilent sur le marché ?
Je ne le pense pas. Nous avons fait beaucoup d'études de marché sur le territoire français et c'est incroyable de voir comment cette marque, laissée à l'abandon depuis tant d'années, reste toujours aussi présente dans l'esprit du public. Sur la tranche d'âge des plus de 45 ans, le CCF est ainsi cité spontanément parmi les sept enseignes les plus connues en France ! Bien sûr, nous allons devoir rafraîchir cette notoriété et moderniser la marque. Mais cette marque emblématique, très française, est un atout clé de notre projet : être un acteur français pour le marché français et non plus une marque internationale standardisée.
Comment comptez-vous réussir là où HSBC a échoué ?