Le repreneur des activités de banque de détail en France d'HSBC souhaite relancer la marque Crédit commercial de France que le groupe britannique a supprimé en 2005.
HSBC annonce la signature d'un protocole de cession de ses activités de banque de détail en France au fonds américain Cerberus. La transaction se fait sur la base d'un euro pour un transfert de 1,6 milliard d'actif net. Elle est complétée par une émission de 2 milliards d'euros d'obligations sécurisées, en partie souscrite par HSBC. Reste à réussir le défi de relancer une banque secouée par de nombreuses restructurations sous une marque qui a disparu depuis quinze ans.
HSBC est mort, vive le CCF ! L'annonce d'un protocole d'accord, ce vendredi, pour la cession par HSBC de ses activités de détail en France, y compris la marque Crédit Commercial de France (CCF, valorisée à zéro) au fonds d'investissement Cerberus, via sa structure française, My Money Group, vient clore un chapitre emblématique de l'histoire de la banque en France. Et, en ouvrir, peut être, un nouveau.
En l'an 2000, une époque bien révolue, avant la crise financière de 2008, le secteur bancaire est à son apogée. Sa valorisation en Bourse dépasse largement deux fois et demi l'actif net et les stratégies sont à la conquête du monde.
C'est pourquoi HSBC, qui souhaite créer un supermarché mondial des services financiers, sous une marque unique et avec une offre standardisée (Think Global), met 11 milliards d'euros sur la table pour racheter le Crédit Commerciale de France, un fleuron de la banque française, trop petite pour rester indépendante mais suffisamment grosse pour attiser de nombreux appétits de géants européens (KBC, ING, HSBC).
Destruction de valeur
Aujourd'hui, HSBC signe la fin de la partie par la cession de la banque de détail, dont l'actif net de 1,6 milliard d'euros est repris pour un euro. Au total, HSBC anticipe une perte totale avant impôts de 1,9 milliard d'euros dans le cadre de cette cession.
HSBC s'engage également à ce que l'entité cédée puisse émettre jusqu'à deux milliards d'euros d'obligations sécurisées, souscrites en partie par HSBC. Au total, il s'agit de renforcer les fonds propres de l'entité cédée, avec un objectif cible d'un ratio CET 1 de 15%. Ces obligations sécurisées sont garanties par les crédits immobiliers de la banque de détail cédée, avec un rating AAA.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Au total, cette opération se traduit par une destruction de valeur considérable, ce qui pose, dans un secteur aussi régulé que la finance, la question sur le modèle bancaire aujourd'hui. Le secteur se paie désormais à peine la moitié de son actif net en Bourse.