La fusion entre Société Générale et le réseau Crédit du Nord génère toujours autant de remous en interne. Les organisations syndicales ont rejeté en bloc à la mi-avril ce rapprochement qui doit se traduire par la création d'un réseau unique et la disparition de 600 agences. Leurs inquiétudes ont été renforcées par le rapport d'un expert indépendant qui craint "un projet big bang, porteur de risques d’exécution très élevés"."Un projet 'big bang', porteur de risques d'exécution très élevés". Cette vive critique émane du rapport publié mi-avril par l'expert indépendant Secafi, mandaté par le Comité d'entreprise (CSE) du Crédit du Nord, pour étudier le rapprochement entre le groupe Société Générale et le réseau Crédit du Nord et ses filiales (Banques Courtois, Kolb, Laydernier, Nuger, Rhône Alpes, Société Marseillaise de Crédit, Tarneaud). Le plan dévoilé début décembre par la banque au logo rouge et noir vise à créer un réseau unique et prévoit la disparition de 600 agences, soit 30 % du parc, d'ici à 2025.
Malmené depuis plusieurs années sur ses résultats, Société Générale entend doper la rentabilité de ses activités de détail (dans un environnement de taux, de concurrence et de réglementation de plus en plus contraignant), après avoir mené de front plusieurs chantiers de réduction des coûts et du risque de sa banque d'investissement.
450 millions d'euros d'économies attendues à l'horizon 2025
Avec cette large restructuration, le groupe bancaire espère réaliser 450 millions d'euros d'économies à l'horizon 2025. Or, pour l'expert Secafi, "les raisons financières avancées pour justifier la fusion-absorption, sont difficiles à valider à ce stade, du fait de la non-communication de certaines informations commerciales, financières et sociales".
"Environ 1/3 de ces synergies de coûts attendues correspondraient aux économies sur le système informatique, les 2/3 restants soit environ 300 millions d'euros à des économies sur les frais de personnel hors informatique, les charges immobilières ...en lien avec les réductions d'effectifs (regroupement des back-offices et des fonctions centrales, diminution du nombre de conseillers et de directeurs d'agence du fait notamment du traitement à distance d'une partie de la clientèle et du regroupement d'agences) et de la fermeture de sièges et d'agences", indique le rapport en relevant que le détail des économies n'a pas été dévoilé.
Un chantier informatique jugé risqué
Dans sa synthèse, Secafi alerte surtout sur les risques de l'opération avec "un projet de transformation totale, percutant toutes les fonctions et recouvrant des chantiers très lourds qu'il va falloir mener de manière concomitante et rapide, amplifiant les risques d'exécution". Le chantier informatique inquiète en particulier.
Laurence Bottero, Marie Lyan et Florine Galéron