Société Générale : l'idée d'une marque unique à tout le réseau tient la corde

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(Crédits : Reuters)
Annoncé en septembre dernier, le plan de réorganisation de la banque de détail du groupe Société Générale se traduira par la disparition progressive des enseignes régionales du Groupe Crédit du Nord. La décision sera prise le 30 novembre prochain lors d’un conseil d’administration.

Article mis à jour à 20h00.

C'est un véritable « big bang » dans la banque de détail en France que prépare la Société Générale. Il est rare que nombreuses enseignes, comme la Banque Tarneaud, la Société Marseillaise de Crédit ou la Banque Courtois, souvent centenaires, soient appelées à disparaître du paysage bancaire. C'est pourtant bien ce qui risque de se passer. Selon nos informations, la banque au logo en rouge et noir envisage, en effet, dans le cadre de la réorganisation de son réseau, de « fondre » sa filiale Crédit du Nord et ses huit filiales régionales au sein d'une seule et même enseigne, Société Générale.

Lorsque les réflexions sur l'avenir du réseau ont été lancées, sous la responsabilité de Sébastien Proto, directeur général adjoint, en charge des réseaux, trois scénarios ont été envisagés : la vente du Groupe Crédit du Nord, la fusion de la Société Générale et du groupe Crédit du Nord pour créer une nouvelle entité et une nouvelle marque en France et, enfin, l'absorption des réseaux du groupe Crédit du Nord au sein du réseau Société Générale. C'est donc cette dernière option qui serait retenue par l'étude menée en interne.

Sollicitée par La Tribune, Société Générale a "catégoriquement" démenti cette information. Dans un communiqué publié dans la soirée, le groupe réaffirme "que jamais la direction générale n'a acté une telle décision qui aurait prise au mépris de la méthode de consultation et de réflexion mise en place au travers de l'étude".

Les conclusions de cette étude seront en effet présentées, le 30 novembre prochain, au conseil d'administration du groupe, avant une consultation auprès de l'ensemble des comités sociaux et économiques (CES) d'ici la fin de l'année. Ces derniers auront alors quatre mois pour se prononcer. C'est un chantier de longue haleine qui s'engage, d'au moins deux ans.

Vives inquiétudes chez les syndicats

Mais, selon des sources syndicales,c'est bien cette option de l'absorption qui sera privilégiée. Et l'inquiétude est vive. Les syndicats redoutent des doublons, notamment dans les fonctions support, et des suppressions d'agences, si la spécificité des enseignes devait disparaître.

"Nous avons réalisé une première estimation qui prévoit 2.000 suppressions de postes sur l'ensemble des réseaux", indique à La Tribune, Frédéric Guyonnet, président du SNB CFE-CGC.

De son côté, la CFDT du Crédit du Nord redoute 3.000 à 5.000 suppressions de postes avec l'absorption des réseaux.

Au niveau local, l'heure est à la mobilisation. Le syndicat CFDT de la Banque Courtois vient d'adresser une lettre ouverte à Frédéric Oudéa, PDG du groupe Société Générale, pour dénoncer « la disparition » de la banque et s'interroger « sur les fondements de cette décision » qui risque de détruire « de la valeur économique ». Le syndicat CFDT redoute à la fois des fermetures d'agences, des suppressions de postes mais aussi la fuite d'une clientèle, souvent professionnelle, attachée à l'enseigne depuis des lustres.

De son côté, Société Générale a toujours rappelé aux syndicats que cette réorganisation se traduirait par « aucun départ contraint ». Ce chantier risque de prendre plusieurs années, notamment pour uniformiser les back-office et les systèmes d'informations. Même les numéros d'identification des clients (RIB/IBAN) devront être modifiés. Sans oublier la refonte des produits et de la communication commerciale. Dans un premier temps, il est probable que Société Générale conserve le logo des banques régionales pour assurer en douceur la transition vis à à vis des clients.

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