Le vice-président de la Fed Michäel Barr démissionne de son poste de superviseur des banques

Le vice-président de la Fed Mickaël Barr, fait partie d'une longue liste de régulateurs démissionnaires dans le secteur financier.
Reuters

Le vice-président de la Fed Mickaël Barr, fait partie d'une longue liste de régulateurs démissionnaires dans le secteur financier.
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C'est le sauve qui peut général chez les régulateurs américains avant l'investiture de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis le 20 janvier prochain. Après Gary Gensler - le président de la SEC, le gendarme de Wall Street, grand pourfendeur des crypto-actifs - ou Mick Mulvaney - directeur du bureau de protection des consommateurs, chargé de protéger les Américains contre les abus du secteur financier - c'est au tour de Michaël Barr, vice-président de la Réserve fédérale américaine (Fed), en charge de la supervision bancaire, d'annoncer sa démission.
« Le risque de conflit autour de cette fonction risque de nous détourner de notre mission [de supervision et de régulation du système financier]. Dans l'environnement actuel, j'ai estimé que je serais plus utile au service des Américains dans mon rôle de [simple] gouverneur », a déclaré Michaël Barr dans un communiqué de la Fed. La banque centrale a précisé qu'elle n'avait pas l'intention de prendre des mesures réglementaires majeures tant que le successeur du vice-président chargé de la supervision n'aura pas été confirmé.
Michaël Barr, qui occupe le poste de vice-président chargé de la supervision bancaire depuis juillet 2022, a joué un rôle déterminant dans le cadre de la « finalisation » des règles prudentielles internationales de Bâle III, notamment pour inciter les grandes banques américaines à mieux se conformer à ce corpus réglementaire, devenu plus exigeant depuis la grande crise financière de 2008.
Toutefois, les initiatives du vice-président ont été souvent critiquées par le lobby des banques américaines, notamment les banques régionales, par des législateurs, et de façon plus globale, par le camp républicain, hostile par principe à la régulation.
C'est d'ailleurs sous la première présidence de Donald Trump que de nombreuses règles prudentielles ont été dramatiquement allégées pour les « petites » banques, ce qui a abouti à des dérives chez certains établissements et à la faillite de plusieurs banques au printemps 2023, dont celle de Silicon Valley Bank (SVB), un cas d'école d'une absence totale de gestion actif/passif qui aurait été impensable en Europe. Toutefois, les banques européennes commencent elles-mêmes à monter au créneau pour contester à leur tour Bâle III au nom du principe d'égalité de traitement et de concurrence.
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La dérégulation du secteur bancaire est l'un des points clés du programme économique de Donald Trump pour sa prochaine mandature, ce qui a permis au secteur de décoller en Bourse. Il s'agit notamment de démanteler, une fois pour toutes, ce qui reste de la réglementation Dodd-Frank, votée en 2010, dans la foulée du scandale des « subprime », qui a failli mettre à bas le secteur financier américain sans l'aide aussi massive que déterminante de l'État.
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La démission de Michaël Barr, effective au plus tard le 28 février, permettra à Donald Trump de choisir son successeur parmi les membres du conseil des gouverneurs réputés plus proches de ses idées. L'un d'eux, une gouverneure nommée par Donald Trump, Michelle Bowman, s'est notamment systématiquement opposée aux tentatives du vice-président de renforcer la régulation bancaire. L'ancienne patronne du FDIC, le système de garantie des dépôts bancaires, nommée par Trump en 2017, Jelena McWilliams, a également expressément manifesté son intérêt pour le poste.
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