Donald Trump nomme un régulateur opposé au contrôle des réseaux sociaux
latribune.fr
Donald Trump s'est félicité de la nomination de celui qui a critiqué l'influence des réseaux sociaux et d'autres entreprises technologiques sur le débat public.
Le président américain nouvellement élu a annoncé qu'il nommerait Andrew Ferguson à la tête de la Federal Trade Commission (FTC), un fervent opposant « à la censure des Big Tech », selon Donald Trump.
Donald Trump affiche sa ligne de conduite au l'égard des géants de la tech américaine... à commencer par ceux qu'il accuse de s'en prendre à la liberté d'expression. Mardi, le président nouvellement élu a annoncé qu'il nommerait Andrew Ferguson, à la Federal Trade Commission (FTC), l'autorité américaine de la concurrence.
«J'ai le plaisir de nommer Andrew Ferguson à la tête de la FTC. Andrew a fait ses preuves en s'opposant à la censure des Big Tech (les grandes sociétés du secteur des technologies, ndlr) et en protégeant la liberté d'expression dans notre grand pays», a écrit le président élu américain sur sa plateforme Truth Social.
En effet, Andrew Ferguson a critiqué l'influence des réseaux sociaux et d'autres entreprises technologiques sur le débat public. En tant que président, il pourrait donc faire évoluer une partie du programme de lutte contre la concurrence vers la répression des entreprises technologiques accusées d'étouffer la liberté d'expression politique.
Dans sa propre déclaration sur X, Ferguson a déclaré qu'il travaillerait pour « mettre fin à la vendetta des Big Tech contre la concurrence et la liberté d'expression ». Une accusation qui pourrait viser notamment Facebook qui s'était attiré les foudres de Donald Trump en l'excluant temporairement de la plateforme début 2021 à cause de son soutien eux émeutiers du Capitole.
Another great pick for free speech and innovation.@DavidSacksunderstands as well as anyone the threat posed by online censorship and bias, and the danger it poses to AI. But he also has the experience to foster innovation in these cutting-edge sectors. No one better to fill...pic.twitter.com/OuFpu7zB2N— Andrew Ferguson (@AFergusonFTC)December 6, 2024
Il « sera le président de la FTC le plus favorable à l'Amérique et à l'innovation de toute l'histoire de notre pays », a assuré Donald Trump, ajoutant qu'« avant de travailler pour le gouvernement, il était avocat spécialisé dans les litiges antitrust au sein de plusieurs cabinets d'avocats de Washington ».
Le ministère de la Justice et l'Autorité américaine de la concurrence (FTC) pilotent ensemble cinq dossiers judiciaires contre des grandes firmes technologiques, dont Amazon, Apple et Meta. De son côté, l'actuelle dirigeante de la FTC, Lina Khan, a, durant son mandat, cherché à renforcer la force de frappe de la commission d'une manière qui n'avait pas été vue depuis des décennies. Elle a notamment contesté une série de fusions, ainsi que les pratiques commerciales d'entreprises dominantes. Tous les titans de la tech souhaitaient d'ailleurs le départ de celle qui avait été nommée par Joe Biden.
Newsletter
Tech & IA
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.
Marche arrière dans la régulation des réseaux sociaux
Donald Trump n'en est pas à sa première nomination résonnant comme un signal à l'égard des Big Tech. Début décembre il a ainsi annoncé qu'il nommait Gail Slater comme responsable du département antitrust du ministère de la Justice. Un choix laissant entendre que sa future administration allait surveiller de près ces entreprises américaines.
«Les Big Tech ont fait ce qu'ils ont voulu pendant des années, étouffant la concurrence dans notre secteur le plus innovant», avait alors dit le président élu.
Et l'étau semble déjà se resserrer. Récemment, la FTC et le ministère de la Justice ont remporté une victoire judiciaire contre Google et veulent maintenant forcer le géant de l'internet à se séparer de son navigateur Chrome.
Dérégulation des cryptomonnaies
Les nominations de Donald Trump n'auront pas de conséquences que sur les Gafam. Toujours au début du mois, le nouveau président a nommé Paul Atkins à la tête de la Securities and Exchange Commission (SEC), à la place de Gary Gensler.
Le futur régulateur a déclaré que sa « philosophie primordiale » était basée sur le « système du marché libre » et qu'il s'opposait à ce qu'il considérait comme des augmentations improductives de la surveillance des fonds spéculatifs, des contrôles d'audit interne et des règles de négociation des actions connues sous le nom de « Reg NMS », rappelle Reuters. Ce qui ne manque pas d'alerter les adversaires de la dérégulation.
Donald Trump a aussi nommé mardi Jacob Helberg comme son prochain sous-secrétaire d'État à la croissance économique, à l'énergie et à l'environnement. Il « sera le champion de notre politique étrangère "America First" (et) guidera la politique du département d'État en matière de diplomatie économique (...) et de domination technologique américaine à l'étranger », a dit Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier. Jacob Helberg « possède les connaissances, l'expertise et le pragmatisme nécessaires pour défendre les intérêts économiques des États-Unis à l'étranger », a-t-il ajouté.