La décision de la Banque d’Angleterre d’abaisser son taux directeur d’un quart de point pourrait élaguer de 2% à 3% les résultats des banques britanniques les plus présentes au Royaume-Uni, selon Citigroup.
Tout simplement parce qu'une grande partie des revenus des banques provient de la marge nette d'intérêt, c'est-à-dire de l'écart entre les taux longs, auxquels elles prêtent, et les taux courts, sur la base desquels elles se financent. Or l'aplatissement de la courbe des taux, qui fait qu'il n'est pas beaucoup plus onéreux d'emprunter à long terme qu'à court terme, détruit cette belle mécanique. Surtout au Royaume-Uni, où la plupart des prêts aux particuliers et aux entreprises étant à taux variable, une baisse des taux de la banque centrale se transmet rapidement à l'économie via le circuit bancaire. Selon les analystes de Citigroup, la décision de la Banque d'Angleterre pourrait amputer les résultats des grandes banques britanniques les plus exposées au Royaume-Uni de 2% à 3%, dans un premier temps.
Lloyds va procéder à 3.000 nouvelles suppressions de postes
Les experts de Citigroup estiment en revanche l'impact à 1% « seulement » sur les comptes de HSBC, compte tenu du profil beaucoup plus international de la banque sino-britannique. Dès le 3 août, soit la veille de l'annonce de la décision de la Banque d'Angleterre, HSBC avait néanmoins averti qu'une diminution d'un quart de point du taux de la BoE (Bank of England) lui coûterait 100 millions de dollars (90 millions d'euros) de revenus d'intérêt, cette année. Et que cet impact s'élèverait à 200 millions de dollars en 2017, sous réserve que la BoE n'abaisse pas à nouveau son taux directeur. Barclays estime de son côté que le geste de la Banque d'Angleterre devrait élaguer de 82 millions de livres (97 millions d'euros) les revenus d'intérêt de ses activités au Royaume-Uni.
Quant à Lloyds Banking Group, elle évalue le retentissement sur sa marge d'intérêt à 100 millions de livres, pour les douze prochains mois. Il faut dire que cette dernière va devoir réviser rapidement les prix de 70 milliards de livres de crédits à taux variable. Une contrainte qui n'est pas étrangère à sa récente décision de supprimer 3.000 emplois supplémentaires. Lloyds, outre les changements de comportement des consommateurs, de plus en plus friands de services bancaires à distance, avait en effet invoqué « le maintien d'un environnement de taux d'intérêt bas pendant plus longtemps que prévu. »
Le remède en même temps que le mal ?
De fait, les banques n'ont pas beaucoup d'autres alternatives aux réductions de coûts pour tenter de compenser l'effet négatif des taux ultras bas sur leur rentabilité. RBS a bien prévenu qu'un éventuel passage du taux directeur de la BoE en territoire négatif, à l'image de ceux de la Banque centrale européenne et de la Banque du Japon, pourrait la conduire à facturer les dépôts de sa clientèle professionnelle. Mais il s'agirait d'une première au Royaume-Uni, pareille initiative pouvant être lourde de conséquences sur le plan commercial.
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En définitive, c'est peut-être la BoE, qui, en même temps que le mal, a apporté un remède éventuel : outre la baisse de 0,25 point de son taux directeur et l'injection de liquidités supplémentaires dans l'économie, la Banque d'Angleterre a créé le « Term Funding Scheme », qui permettra aux banques britanniques d'avoir accès à un total de 100 milliards de livres de prêts auprès de la banque centrale, à des conditions très avantageuses, et ce, sur une période de quatre ans. Reste à savoir si cela permettra de contrebalancer les conséquences négatives de la baisse du taux directeur sur les marges d'intérêt des banques.