Nommé à la tête du groupe bancaire mutualiste depuis la fin 2022, Nicolas Namias opte pour une stratégie de croissance et de diversification, annoncée par son plan stratégique, et matérialisée en 2024 par une succession d’acquisitions et de partenariats.
Nicolas Namias est un dirigeant pressé. Nommé à la présidence du directoire de BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne) en octobre 2022, le jeune banquier (48 ans), issu d'une famille de journalistes, a su donner une nouvelle impulsion à un paquebot bancaire, quatrième banque de la zone euro, mais historiquement lesté de baronnies, de frais de structures élevés et d'une surexposition à l'épargne réglementée qui grève les marges.
L'annonce cette semaine de la signature d'un protocole d'accord avec l'assureur italien Generali pour rapprocher, au sein d'une nouvelle entité à 50-50, les gestions d'actifs des deux groupes en est une nouvelle illustration. Le dirigeant n'a d'ailleurs pas boudé son plaisir.
« Nous annonçons aujourd'hui une opération majeure qui est celle de la création d'un champion européen de la gestion d'actifs. En un an, nous sommes devenus le numéro un européen du financement de l'équipement, le numéro un français et l'un des trois premiers européens du paiement et le champion européen de la gestion d'actifs. C'est cela la transformation actuelle de BPCE », s'est ainsi réjoui Nicolas Namias mardi lors d'une conférence de presse.
Histoire longue et histoire courte
Comme il l'aime à le répéter, le groupe est tout d'abord l'héritier d'une longue séquence de deux siècles, avec la création des Caisses d'Epargne (1818), des Banques Populaires (1878), de Natixis (1919 dans son ancienne version), qui en fait un groupe puissant dans le paysage et qui finance 20% de l'économie française.
Et puis, il y a cette histoire récente, plus courte, qui a présidé à la naissance (aux forceps et dans la douleur) de BPCE en 2009 - merci la crise financière - et qui a permis de renforcer, année après année, les fonds propres du groupe (73 milliards d'euros de fonds propres « durs » CET 1 fin 2024). « Nous avons l'empreinte et la solidité. L'enjeu aujourd'hui est de croître, d'investir et de nous diversifier », rappelle Nicolas Namias. C'est effectivement le projet stratégique du groupe avec Vision 2030, présenté en juin dernier. Un projet qui peut se résumer à un mot : croissance.
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