Natixis (BPCE) dévisse de 10% sur des inquiétudes sur la liquidité

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(Crédits : DR)
La filiale cotée de BPCE chute de plus de 10% en Bourse ce jeudi 20 juin après que MorningStar ait suspendu sa notation d'un des fonds de H2O AM, hedge fund londonien qu'il contrôle. Un article du Financial Times dénonce l'absence de liquidité des obligations détenues par ce fonds.

[Article mis à jour le 21/06 à 14h30 puis 18h avec correction des encours, développements et cours de Bourse]

Dans un marché bien orienté, porté par l'orientation accommodante prise par les grandes banques centrales, un titre se distingue ce jeudi 20 juin à la Bourse de Paris : l'action Natixis (filiale cotée du groupe BPCE, Banques Populaires Caisses d'Epargne) dévisse de plus de 10%, victime de craintes sur la liquidité d'un fonds détenu par une de ses filiales. En cause : le hedge fund londonien H2O Asset Management, détenu à plus de 50% par Natixis IM, affichant plus de 34 milliards d'euros d'encours sous gestion (à fin mai 2019) et réputé pour ses performances élevées.

L'action Natixis a fini en recul de 11,76% jeudi et perdait encore plus de 4,5% ce vendredi. Elle a clôturé en retrait de 2,13% à 3,41 euros. Soit plus de 1,5 milliard d'euros de capitalisation boursière évaporés en deux séances.

La société de recherche pour investisseurs MoningStar a décidé mercredi de suspendre la note d'un des fonds, H20 Allegro, qui était jusqu'ici classé "bronze" (une des trois meilleures notes).

"Des questions sur la liquidité de certaines obligations détenues par le fonds ont émergé, ainsi que sur un possible conflit d'intérêt concernant Bruno Crastes, co-fondateur d'H2O" explique MorningStar dans un communiqué.

La liquidité "pas remise en cause" selon Natixis

Cette suspension est intervenue au lendemain de la publication d'un article du Financial Times intitulé "H20 AM : amour illiquide", soulignant les liens étroits entre le directeur général de la société de gestion et un sulfureux financier allemand, Lars Windhorst. Or H20 AM serait "de loin le plus gros détenteur des nombreuses obligations" de ce dernier selon le FT, qui affirme que la société détient plus de 1,4 milliard d'euros de ces obligations à travers six fonds dont Allegro.

"4,2% des actifs sont investis dans des obligations illiquides émises par des sociétés contrôlées le financier allemand Lars Windhorst. Si cette poche est relativement limitée en taille, et si nous ne pensons pas qu'elle pose un risque immédiat pour la performance du fonds, la concentration des placements sur une série de sociétés liées au même individu est une source d'inquiétude" analyse MorningStar.

La société de recherche souligne aussi que "depuis mai 2019, Brunos Crastes, directeur général d'H2O, a été nommé au conseil de surveillance ("Advisory Board") de la société Tennor Holding, le fonds d'investissement de Lars Windhorst, laissant transparaître un risque de conflit d'intérêt".

Natixis a réagi dans un communiqué publié vers 15 heures jeudi, relevant que "des informations de presse circulent sur une partie des investissements d'H20, un des affiliés de Natixis Investment Managers".

"Ces informations, qui sont par ailleurs transparentes dans la communication de H2O, ont entraîné la suspension de la notation d'un des fonds de H20 par Morningstar en soulignant le risque d'un potentiel conflit d'intérêts qui n'est pas avéré. Ces éléments ne remettent aucunement en cause la liquidité et la performance des fonds de H20" assure Natixis.

La société de gestion H20 "communiquera prochainement et en détail" sur le sujet. Le courtier Jefferies estime que la réaction du marché est "excessive".

"H20 représente en tout 5%-6% du résultat net du groupe. La structure du fonds a toujours été communiqué par H20, comprenant 85%-90% d'obligations gouvernementales et de dérivés et 5%-15% d'actifs illiquides" font valoir les analystes de Jefferies.

Vendredi, Natixis a indiqué que Bruno Crastes allait quitter ses fonctions au sein du comité consultatif ('advisory board') de Tennor Holding. Le groupe a précisé que H2O Asset Management a enregistré 600 millions d'euros de décollecte depuis le début du deuxième trimestre.

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Commentaires
a écrit le 21/06/2019 à 17:30 :
Après l'accident en Asie, on est en droit de s'interroger sur un certain relâchement au niveau des Risques dans ce groupe. Déjà que la Finance est dévastée...
a écrit le 21/06/2019 à 9:14 :
Le business de la dette dévisse. Pas de bol c'est la principale ressource de nos actionnaires milliardaires européens il va encore falloir qu'on donne chacun un rein pour qu'ils continent d'entasser leurs milliards dans leurs paradis fiscaux.

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