Eva Sadoun, entrepreneuse et militante pour une autre finance

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(Crédits : Marie-Amélie Journel)
PORTRAIT. A tout juste 30 ans, Eva Sadoun dirige la plateforme de financement à impact positif Lita.co et vient de lancer le “Yuka” de la finance. Objectif : apporter plus de transparence dans notre épargne pour favoriser l'investissement responsable et, in fine, révolutionner la finance à l'échelle européenne. Portrait d'une entrepreneuse politique, passionnée de musique et de philosophie.

Plus jeune, elle se voyait faire de la musique ou de la politique. Eva Sadoun, qui a squatté les scènes du Gibus et du New Morning avec son groupe de pop rock et militait déjà contre le Contrat première embauche (CPE) en 2006, a finalement opté pour un tout autre chemin : celui de la finance et de l'entrepreneuriat. Il y a six ans, alors tout juste âgée de 24 ans, elle crée Lita (à l'époque 1001mpact), une start-up spécialisée dans le financement direct d'entreprises ayant un impact positif sur la société et l'environnement. Sa façon à elle de faire de la politique.

A ses côtés dans cette aventure : son associé et meilleur ami Julien Benayoun, rencontré quelques années plus tôt sur les bancs d'une classe préparatoire à l'Ecole normale supérieure de Cachan (ENS). Une prépa qu'elle rejoint après avoir eu son baccalauréat au rattrapage.

"Cela a été un choc pour moi et mes parents", se souvient aujourd'hui la jeune femme, en souriant avec les yeux. (Épidémie oblige, le bas de son visage est caché par son masque).

La crise financière de 2008 comme déclic

Brillante en maths et habituée aux bonnes notes tout au long du collège, elle se sent pour la première fois en danger. "Ma carrière artistique n'était pas tangible. J'ai compris que mon émancipation ne pouvait passer que par les études et la voie économique", raconte l'entrepreneuse féministe, qui a grandi avec ses parents, tous les deux dentistes, dans l'Est parisien, entourée d'une famille de commerçants d'origine tunisienne et marocaine.

Nous sommes alors en 2008, en pleine crise financière. "J'étais incapable de comprendre comment fonctionnait la finance internationale", raconte Eva Sadoun. Elle voit dans cette formation la possibilité...

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Commentaires
a écrit le 19/11/2020 à 19:08 :
Quel beau parcours, qui doit certainement plaire à Macron !!! Militante contre le CPE, c'est à dire une des formes modernes de l'esclavage des jeunes, un jour, financeuse de l'esclavagisme moderne aujourd'hui. Ça en dit long sur la sincérité des convictions de la dame, diplômée de l'ENS, où les gueux sont légion, c'est bien connu ...
"Le financement à un impact positif", nouvelle arnaque du libéralisme mondialisé. Le concept est aussi creux que la dénomination, typique de la novlangue managériale, prélude à l'instauration de la dictature néolibérale.
Au secours !!
a écrit le 19/11/2020 à 8:32 :
Le but de placer son argent est de gagner du fric sans rien faire et un maximum de fric possible, or l'économie criminelle, alimentée par la finance classqieu sera toujours plus lucrative que la finance vertueuse qui semble avoir bien trop d'embûches sur son parcours pour être ne serait-ce que crédible. La logique financière actuelle est en phase avec la cupidité pathologique liée à la rente.

Ils sont complètement dégénérés et donc imposent un fonctionnement de dégénérés. Tant que les politiciens pour lesquels nous votons pour s'occuper des intérêts du peuple normalement donc, ne s'occuperont que des intérêts des plus riches, le monde sera menacé et tout ce qui est alternatif ne sera qu'une goutte d'eau, qu'un prétexte de plus en attendant l'effondremment.

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