Facebook crée sa Fintech Blockchain à Genève pour son futur Facebook Coin

 |   |  861  mots
Facebook avait déjà créé sa monnaie virtuelle, les Facebook Credits, qu'il comparait à des jetons de salles d'arcade, pour jouer en ligne.
Facebook avait déjà créé sa monnaie virtuelle, les Facebook Credits, qu'il comparait à des jetons de salles d'arcade, pour jouer en ligne. (Crédits : Facebook)
Le réseau social a déposé les statuts d'une nouvelle filiale, Libra Networks, au registre du commerce de Genève. L'objet social : des prestations de service dans la finance et la technologie, notamment la Blockchain. Facebook dispose d'une équipe d'ingénieurs consacrée à cette technologie, née avec le Bitcoin, qu'il veut utiliser pour des paiements en ligne.

La future monnaie digitale Facebook sera-t-elle suisse ? Le réseau social américain a déposé début mai les statuts d'une nouvelle filiale, Libra Networks, au registre du commerce de Genève. Cette SARL dont le siège est à Genève et dont Facebook Global Holdings (immatriculée dans le Delaware, aux Etats-Unis) est l'unique actionnaire, a pour objet de fournir des services financiers et technologiques, selon le document consultable sur le site internet du canton de Genève. La société est présidée par Majella Goss, déjà dirigeante de Facebook Switzerland selon le Temps, et gérée par des membres du cabinet d'audit suisse BDO.

« Le but de la société [Libra Networks Sarl] est la prestation de services dans les domaines de la finance et de la technologie, ainsi que le développement et la production de software et d'infrastructure "y relatifs", en particulier en lien avec des activités d'investissement, l'opération de payements, le financement, la gestion d'identité, l'analyse de données, big data, blockchain et d'autres technologies » précisent les statuts.

--

Facebook Libra Genève

[Extrait des statuts de Libra Networks Sarl : cliquer ici pour agrandir. Crédit : registre du commerce de Genève]

--

Equipe pilotée par un ancien de PayPal

Le géant technologique américain a monté il y a un an une équipe se consacrant à la technologie Blockchain, née avec le Bitcoin, : cette équipe d'une soixantaine de personnes est dirigée par David Marcus, ancien dirigeant de PayPal qui pilotait auparavant la messagerie Messenger, et qui a lui-même grandi et étudié à Genève. L'été dernier, il a démissionné du conseil de la plateforme d'échanges crypto américaine Coinbase pour des risques de conflit d'intérêt.

--

David_Marcus

[David Marcus, en 2012, à l'époque de PayPal, deux ans avant de rejoindre Facebook]

--

La filiale européenne Facebook Payments International Ltd est en revanche immatriculée en Irlande, où Facebook avait obtenu l'agrément de prestataire de paiement et d'émetteur de monnaie électronique pour toute l'Europe en octobre 2016 auprès de la Banque centrale d'Irlande.

De nombreuses entreprises de l'univers de la Blockchain et des crypto-actifs sont implantées en Suisse, notamment la Fondation Ethereum, mais dans le canton de Zoug. La Suisse est réputée plus souple à l'égard des crypto-actifs, notamment en comparaison du régulateur américain.

Facebook a actuellement près d'une trentaine de postes ouverts en lien avec la Blockchain sur son site de recrutement, d'analyste financier à data scientist, de directeur produit à ingénieur en sécurité, à San Francisco et son siège de Menlo Park surtout, à Singapour ou Tel Aviv, mais pas à Genève.

Une cryptomonnaie indexée sur le dollar

En décembre dernier, Bloomberg avait révélé que le réseau social aux plus de 2 milliards d'utilisateurs actifs par jour travaillait sur une cryptomonnaie indexée sur le dollar ("stablecoin") pour les transferts d'argent au sein de sa messagerie WhatsApp, dans un premier temps sur le marché indien. En février dernier, le New York Times avait indiqué que ce futur Facebook Coin devait être lancé au premier semestre et que le géant californien cherchait à lever un milliard de dollars pour ce projet. Au même moment la banque JP Morgan avait dévoilé sa propre monnaie numérique indexée au dollar, le JPM Coin. Facebook réalisait alors aussi sa première acquisition dans la Blockchain, plutôt l'absorption d'une équipe (acqui-hire), celle de la startup britannique Chainspace, qui travaillait notamment sur l'accélération du traitement des transaction sur les chaînes de blocs.

Le nom du futur crypto-actif de Facebook serait justement "projet Libra" (le signe astrologique de la Balance en anglais), selon le Wall Street Journal. Il s'agirait en fait d'un système de paiement complet, ayant un réseau d'acceptation, ne se limitant pas aux transferts d'argent de migrants vers leur pays d'origine (remittances) : cette cryptomonnaie pourrait être utilisée pour effectuer des achats directement sur Facebook et plus généralement sur Internet. Le groupe de Mark Zuckerberg aurait discuté avec des institutions financières dont Visa et Mastercard, la firme de traitement de paiement FirstData, ainsi que des e-commerçants afin de les convaincre de rejoindre son futur réseau de paiement.

Lire aussi  Tribune : Facebook Coin : les questions étourdissantes que pose la cryptomonnaie de Facebook

Facebook n'a pas toujours eu du succès dans ses tentatives d'incursion dans le paiement. Il a annoncé le mois dernier l'arrêt en juin du transfert d'argent via Messenger en France et au Royaume-Uni, un service qui n'avait pas vraiment décollé. Facebook avait également créé en 2009 sa propre monnaie virtuelle, les Crédits Facebook (à l'époque 10 crédits valaient 1 dollar), qu'il comparait à des jetons de salles d'arcade, que l'on pouvait acheter en ligne mais aussi en magasin sous forme de cartes prépayées et utiliser notamment pour les jeux intégrés à la plateforme. Le système avait été arrêté, même s'il existe encore des cartes cadeaux Facebook et la possibilité d'acheter une carte de jeu Facebook.

Lire aussi : Facebook dévalue sa monnaie virtuelle

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/05/2019 à 8:46 :
Ça va faire plaisir au consortium financier européen qui adore la Suisse, parce que je ne vois pas trop l'intérêt d'une telle activité au sein même d'un réseau social, que amazone le fasse oui mais fb je ne vois pas l'intérêt de développer leur propre système de paiement.

MZ est sûrement en train de faire profil bas et de distribuer les milliards aux institutions obscurantistes économiques mondiales, afin de rassurer tout ces vieux fossiles bourrés de milliards et de peurs.
Réponse de le 20/05/2019 à 9:47 :
Facebook semble copier les chinois, Wepay et Alipay.
Facebook a une base de clientèle suffisante pour se lancer dans des activités plus rémunérateur, comme Wechat qui se lance dans wepay et beaucoup d'autres activités.
Les seules qui dorment, ce sont les européens qui préfèrent de taxer les entreprises innovateurs et qui mettent des règles partout pour éviter le progrès.
Réponse de le 20/05/2019 à 11:16 :
On est bien d'accord que vu sa puissance financière fb peut même se mettre à construire des bagnoles... mais aller en Suisse pour une procédure de monnaie virtuelle à savoir deux phénomènes dont ont peur nos investisseurs européens, à savoir les GAFA et une nouvelle monnaie, me semble particulièrement révélateur.
a écrit le 20/05/2019 à 8:41 :
A Genève ? Mais que c'est cynique, quelques jours après le passage de MZ en costard à Paris. Je crois que la Taxe Gafa n'a pas fini de brouter...
Réponse de le 20/05/2019 à 9:42 :
Il faut savoir ce qu'on veut, des taxes ou des jobs. La France semble avoir choisi, la Suisse aussi.
Réponse de le 20/05/2019 à 11:55 :
@Réponse de @Frank

Mais c'est clair qu'il faut savoir ce qu'on veut:

Jobs => Taxes

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :