HSBC envisage de supprimer 10.000 emplois en plus des 4.000 de cet été

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(Crédits : Reuters)
Le géant bancaire britannique compte procéder à une vaste restructuration, selon le Financial Times. La filiale française risque d'être lourdement impactée.

Après les 18.000 suppressions d'emploi annoncées par Deutsche Bank cet été, c'est au tour du géant britannique HSBC d'envisager des coupes sombres dans ses effectifs. Selon le Financial Times, la première banque européenne par les actifs aurait l'intention de se séparer de 10.000 de ses collaborateurs, soit plus de 4% du total (238.000 personnes), et ce en plus des quelque 4.000 suppressions d'emploi annoncées en août, en même temps que le remerciement de son patron. Ce ne serait pas la première restructuration d'ampleur du groupe dont le centre de gravité s'est déplacé vers l'Asie, son berceau historique. En 2011, le patron de l'époque, Stuart Gulliver, avait annoncé la suppression de 30.000 emplois sur trois ans. Aujourd'hui, entre le Brexit, potentiellement sans accord, les tensions commerciales et le ralentissement de la croissance mondiale, les perspectives se sont assombries, bien que la banque soit largement bénéficiaire.

L'action HSBC cède 0,6% ce lundi 7 octobre à la Bourse de Londres. Le groupe, qui capitalise 121 milliards de livres (136 milliards d'euros), soit 2,5 fois plus que BNP Paribas, a perdu près de 10% de sa valeur depuis les annonces de cet été.

"Nous savons depuis des années que nous devons faire quelque chose au sujet de notre base de coûts, dont la plus grande partie est constituée de personnels. Nous prenons enfin le taureau par les cornes" a expliqué une source au FT, ajoutant que "il y a des travaux de modélisation très difficiles. Nous nous demandons pourquoi nous avons tant de gens en Europe alors que nous avons des rendements à deux chiffres dans certaines régions d'Asie.

La France touchée

La filiale française, qui emploie environ 8.000 personnes, risque d'être durement touchée. Le directeur général de HSBC France, Jean Beunardeau, a déjà confirmé aux représentants du personnel qu'une "revue stratégique" tait en cours au sujet des activités de banque de détail, qui a dégagé pour la première fois une perte l'an dernier. Les fonctions centrales sont aussi sur le gril et feront l'objet de réduction d'effectifs. Les syndicats craignent que l'impact concerne entre 3.000 et 5.000 postes.

Lors d'un comité central d'entreprise, jeudi, la direction a indiqué qu'elle se préparait à un éventuel déménagement du siège de l'avenue des Champs-Elysées, le bail arrivant à échéance. Tout un symbole du repli du géant britannique qui avait claironné en 2017 qu'il allait relocaliser 1.000 emplois en France dans le cadre du Brexit. Engagement jamais réitéré après le départ du dirigeant de l'époque.

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a écrit le 07/10/2019 à 10:37 :
"Tout un symbole du repli du géant britannique qui avait claironné en 2017 qu'il allait relocaliser 1.000 emplois en France dans le cadre du Brexit."

Oui en effet pendant que les néolibéraux bavaient devant cette promesse, ceux qui savaient ont bien rigolé...

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