HSBC France confirme une « revue stratégique » sur sa banque de détail

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(Crédits : Reuters)
L'intersyndicale de la filiale française de la banque britannique a eu confirmation que le groupe étudiait différentes options, y compris une cession "totale ou partielle" des activités de banque de détail dans l'Hexagone, qui représentent 3.000 emplois.

[Article mis à jour à 16h]

Les attaques répétées sur ses agences, en particulier celle des Champs-Élysées, à côté de son siège français, pendant les manifestations des Gilets jaunes, ont-elles contribué au ras-le-bol de la maison-mère à Londres ? Le groupe britannique HSBC mène bien « une revue stratégique » sur ses activités en France. L'intersyndicale FO, SNB, CFTC, CFDT, Unsa et CGT a révélé qu'elle avait été informée, mardi 17 septembre, par le directeur général d'HSBC France, Jean Beunardeau, de « l'ouverture d'une revue stratégique menée par le groupe dont une des options possibles est la cession totale ou partielle de la banque de détail en France », même si « à ce stade, aucune cession du réseau de la banque n'est actée. »

Le groupe a confirmé dans une courte déclaration cette « revue stratégique sur les activités de détail en France », sans autre précision. La clientèle d'entreprises (PME en centres d'affaires) et celle de banque privée (gestion de fortune, plus de 5 millions d'avoirs) ne sont pas dans ce périmètre.

Cette entrevue fait suite à la publication, par le Wall Street Journal, le 11 septembre, d'une information sur la mise en vente prévue de l'activité de banque de détail de HSBC en France, issue du rachat en 2002 du Crédit Commercial de France (CCF), qui avait lui-même acquis peu avant la banque Hervet. HSBC France emploie 8.000 personnes, contre 9.500 il y a trois ans, après une importante restructuration, dont environ 3.300 dans la banque de détail, avec 264 agences, dont la moitié en région parisienne. Selon une source syndicale, jusqu'à 5.000 personnes pourraient être concernées, en incluant les services centraux et d'autres filiales.

Pour la première fois, en 2018, cette activité (banque de particuliers et gestion de patrimoine, RBWM pour Retail Banking Wealth Management) a dégagé une perte de 55 millions d'euros avant impôt pour un produit net bancaire de 749 millions d'euros, du fait de l'impact des taux bas et des renégociations de crédit immobilier. Des résultats qui avaient pesé sur ceux de la filiale française, également à la peine dans les activités de marché : le bénéfice avant impôt de HSBC France avait été quasi divisé par cinq, de 219 à 45 millions d'euros, pour un produit net bancaire de 1,7 milliard d'euros (en recul de 10%), inférieur à celui du Crédit Mutuel Arkéa à titre d'exemple.

« Jean Beunardeau s'est engagé à revenir vers nous lors du CCE [comité central d'entreprise] du 3 octobre » nous confie Eric Poyet, délégué national FO. « Nous devrions savoir à quelle sauce nous serons mangés avant la fin de l'année », précise-t-il.

Autre option : un plan de redressement

HSBC est une "petite banque" dans l'Hexagone : positionnée sur un créneau haut de gamme, qui l'a longtemps préservé des difficultés de ses concurrents, elle compte 800.000 clients environ et une part de marché de 2% environ.

« Le directeur général a écarté d'emblée une cession partielle du réseau, qui ne serait pas viable, pour des questions de visibilité et d'amortissement de la base de coûts », explique le représentant FO. « Toutefois, officiellement, rien n'est décidé. L'autre option est un redressement de la banque de détail, par le biais d'un plan énergique » indique-t-il.

Les organisations syndicales et les salariés n'avaient pas été préparés à cette annonce, même si les résultats n'étaient pas bons et le coefficient d'exploitation fortement dégradé. Pour autant, « la production commerciale n'a jamais été aussi bonne » relève Eric Poyet de FO. « La greffe n'a jamais pris avec le CCF et le début de la fin remonte à la vente des banques régionales en 2008 », considère le délégué syndical. A l'époque, le groupe comptait plus de 700 agences. Il avait revendu aux Banques Populaires (groupe BPCE désormais) le Crédit Commercial du Sud-Ouest, la Banque Pelletier, la Banque de Savoie, une partie de la Société marseillaise de crédit (revendue au groupe Crédit du Nord depuis) et la Banque Dupuy de Parseval.

Cette réflexion de HSBC intervient au moment où la petite Milleis Banque, née de la reprise de la filiale française du britannique Barclays en 2017 par le fonds d'investissement AnaCap, compte réduire de près d'un tiers ses effectifs (de 350 personnes sur 1.000 salariés) par le biais d'une rupture conventionnelle collective et ramener le nombre de ses agences de 61 à 34. Alors que les taux d'intérêt durablement bas pèsent sur la rentabilité des banques de détail, qui répondent à ce défi par plus de digitalisation et la poursuite de la rationalisation de leur parc d'agences, il pourrait s'avérer compliqué de trouver un repreneur pour l'ensemble du réseau.

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Commentaires
a écrit le 19/09/2019 à 5:51 :
Revue ou révision ?
a écrit le 18/09/2019 à 19:28 :
HSBC c'était la banque bling bling qui draguait les fortunés et leur permettait d'échapper aux impôts en sautant les frontières.

Et puis les paradis fiscaux sont été de moins en moins paradisiaques, et de plus en plus surveillés, et les banques qui faisaient de l"otpimisation fiscale" ont commencé à avoir des ennuis avec les justices et des amendes de plus en plus énormes...

Alors HSBC tente jette les gants et va se recentrer sur la spéculation pure... moins salissant et plus rémunérateur.

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