Groupama enterre ses rêves de grandeur

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Thierry Martel, nouveau directeur général de Groupama, revoit à la baisse les ambitions de son prédécesseur Jean Azéma, dans une interview au Figaro ce mardi.

Nouveau patron de l?assureur vert, Thierry Martel a succédé à Jean Azéma en octobre 2011. Dans un entretien donné au Figaro mardi 28 février, Thierry Martel se fait le chantre du pragmatisme et du réalisme pour maintenir son groupe à flot. Et enterre du même coup les rêves de grandeur de Jean Azéma.

Retour forcé au sens des réalités

Il faut dire que Groupama a bien besoin de ce retour au sens des réalités. Thierry Martel dévoile ainsi que son groupe a perdu 1,2 milliard d?euros du fait de son exposition aux titres Société Générale, 600 millions d?euros sur les titres Veolia, et 2 milliards d?euros supplémentaires sont à mettre sur le compte de la Grèce. Sans compter les "goodwills", ces écarts d'acquisition sur ses filiales à l?international, que Thierry Martel, n?a pas évoqué. A fin décembre 2010, ils se montaient à 3,1 milliards d?euros et l?assureur indique dans son dernier document de référence que "la dégradation de la performance opérationnelle de certaines acquisitions du groupe ou des conditions de marchés pourraient, à l?avenir, conduire à déprécier significativement les écarts d?acquisition [?]. Ces éléments peuvent impacter négativement et de façon importante le résultat net et la situation financière du groupe". Dans un communiqué, la CGT affirme aussi que l?assureur aurait besoin de 400 millions d?euros de fonds propres supplémentaires liés à son développement dans l?assurance vie.
Par conséquent, Thierry Martel indique que le résultat net du groupe ressortira "déficitaire" pour 2011. Les résultats annuels de l?assureur seront publiés le 16 mars prochain. Selon Les Echos, l'assureur se prépare à une nouvelle dégradation de sa note par S&P dans les prochains jours (de BBB- à BB+), ce qui le ferait passer en catégorie spéculative.

Pas d?introduction en Bourse

Au final, Thierry Martel confie que, se placer parmi les 10 premiers assureurs européens "n?est plus un objectif". Avant d?ajouter que "nous avons décidé de mettre un terme au projet de cotation du groupe. Nous passons d?une stratégie de taille à une stratégie de performance, qui va nous permettre de renforcer encore davantage notre solvabilité". Jean Azéma formait ce souhait d?introduction en Bourse depuis plusieurs années. Il avait d?ailleurs créé à cet effet la structure faîtière Groupama SA, pour en faire le véhicule coté du groupe. Et c?est aussi dans ce but qu?il avait demandé à faire noter le groupe par les agences. Dans un tract de 2006, la CGT déclarait: "la volonté de la direction et du conseil d'administration de Groupama SA de mettre le groupe sur le marché boursier constitue une aberration économique, prépare un désastre social et tourne résolument le dos à tous les principes mutualistes". Déjà repoussée à 2015 à l?automne dernier, l'introduction en Bourse est donc désormais définitivement enterrée.

Des changements de périmètre

Thierry Martel a finalement pris la décision de céder sa filiale Gan Eurocourtage, dont le nom du repreneur sera dévoilé en mars. Dans l?interview, il déclare qu?il "souhaite recentrer Groupama sur les marchés sur lesquels il a des positions fortes et le plus de potentiel de rentabilité". Certaines activités à l?international sont donc dans le viseur. Or la plupart d'entre elles sont en situation de "goodwill". Et en cas de cession, l?assureur essuierait donc de lourdes pertes, notamment dans les pays d?Europe centrale et orientale. Thierry Martel a entamé un processus de vente de Groupama Insurances, sa filiale au Royaume-Uni, pour laquelle le repreneur sera connu en avril. Un projet de cession de ses activités en Turquie pourrait aussi être crédible. D?autant plus que la Turquie est un marché à fort potentiel.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2012 à 17:18 :
aller a l'international, en bourse... ca fait des stock options...
a écrit le 29/02/2012 à 17:38 :
C 'est vrai dans le prive on compte plus.
a écrit le 29/02/2012 à 17:19 :
Quand on vend des contrats a perte par rapport a la concurrence et que ces derniers ne sont pas claires il est normal d'aller droit dans le mur. Je suis inquiet pour l'avenir de groupama dans le monde agricole qui est loin d'être naïf.
a écrit le 29/02/2012 à 17:05 :
il faut parfois savoir reculer pour mieux sauter. j'approuve la décision du groupe de vendre pour mieux se refinancer sur les marchés et assurer la solvabilité du groupe en cas de nouvelle crise.
a écrit le 29/02/2012 à 9:25 :
C'est toujours facile avec l'argent des autres
a écrit le 28/02/2012 à 20:02 :
Groupama n'a pas cessé d'acheter des filiales internationales sans même étudier la rentabilité et le prix de celles-ci. Son DG était le seul maître à bord ! Les caisses régionales n'avaient aucune information, ne pouvaient prendre aucune décision...
C'est donc le fruit d'une pseudo dictature... du balai, une nouvelle ère vient de commencer...
Réponse de le 29/02/2012 à 9:53 :
GROUPAMA était dirigé de manière autoritaire jusqu'à son vidage en octobre dernier le mégalomane Jean Azéma qui était conseillé par Alain Minc. Tiens encore lui...!!!!
a écrit le 28/02/2012 à 13:39 :
Quel gâchis. Dans le passé Groupama remboursait rubis sur l'ongle. Maintenant l'assureur traîne des pieds... Il s'est lancé aussi dans la banque. Chacun son métier. Il est vrai que le Crédit Mutuel vend des alarmes et abonnement de téléphone portable.
Réponse de le 28/02/2012 à 19:11 :
C est clair chacun son métier !!! Mais les grands groupes bancaires et autres commencent à faire marche arrière ...
a écrit le 28/02/2012 à 13:34 :
ha ha !!!!
groupama a financiarisé la biologie!!!! les petits directeurs de labo qui ne pensaient qu'au fric (et pas aux patients....) vont s'en mordre les doigts....

Allez Novesciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
ha ha je rigole!!

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