Foncier rural : les prix continuent de monter avec de très fortes disparités

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Attirant toujours une cllientèle soucieuse de placements sécurisés, les prix du foncier rural ont encore progressé l'an passé. Le rythme est modéré mais régulier. Du coté des vignobles, certaines appellations atteignent des niveaux astronomiques

Tous les sondages le démontrent : sur la durée, les biens immobiliers situés en zone urbaine sont les rois des placements. Et ceux localisés à Paris sont quasiment assurés de ne jamais connaître de mouvement baissier. Un rêve pour ceux qui recherchent des placements de père de famille sans risque. Cette tendance de fond est-elle aussi valable pour le foncier rural ? Nos vertes campagnes et de surcroît non construites attirent-elles autant les investisseurs ?

Agrifrance, la filiale à 100% de BNP Paribas spécialisée dans les transactions et la gérance de domaines ruraux vient de rendre public sa note annuelle sur les marchés. Contrairement à ce que l?on a pu voir sur les grandes places financières, y compris celle de Paris, les prix des propriétés agricoles, des vignes ou des forêts n?ont pas subi de plein fouet la crise de solvabilité de la zone euro.

Peu de grandes propriétés agricoles

Du côté des domaines agricoles, et plus particulièrement des propriétés de grande taille, l?offre de qualité est extrêmement réduite pour une demande très importante, avec à la clef des prix toujours plus élevés. Rythme que ne connaissent pourtant pas les prix du foncier agricole, ceux-ci n?ayant que très faiblement progressé l?an passé (+1,9%) avec un niveau moyen de 5.230 euros/hectare. Niveau qui tranche d?ailleurs par rapport à nos voisins européens qui ne disposent pas de surfaces disponibles aussi vastes, comme la Belgique où il faut compter près de 30.000 euros/ha pour un domaine.

« Depuis 1997, le prix des terres agricoles libres en France a progressé de 66% en euros courants et de 35% en euros constants. A noter toutefois que cet indicateur n?exclut pas des oscillations en fonction des régions et du secteur de production. Le secteur de l?élevage ou de la filière fruits et légumes connaît des difficultés, alors que le foncier en grandes cultures est toujours très recherché. Le Bassin parisien, certaines zones réputées du Nord de la France et de la Normandie, voient ainsi leur foncier dépasser les 10.000 euros/hectare », souligne Agrifrance.

IL faut compter 1,5 million d'euros/hectare pour des vignes en Pomerol

Côté vignobles, c?est un peu comme la différence, dans le résidentiel, entre Paris et le reste de la France. Il y a d?une part, les appellations prestigieuses et les autres. En 2010, le prix moyen d?un hectare de vigne s?est élevé à 95.000 euros, en hausse de 2,2% sur l?année précédente. Mais cette moyenne cache de très importantes disparités. En Beaujolais, les prix s?établissent entre 10.000 et 110.000 ?/ha. Globalement, les surfaces à échanger sont faibles et baissent de 13%. En Bourgogne, en revanche, les surfaces vendues ont augmenté de 10%. Les prix font tourner la tête sans boire une goutte de vin : en Côte d?or le niveau moyen atteint 439.000 ?/ha. En Bordelais, le prix moyen est de 77.000 ?/ha.

Dans le haut de gamme, il faut compter1,2 million d?euros/ha en Margaux ou Pauillac, entre 200.000 et 600.000 ?/ha pour le Saint-Emilion et 1,5 million d?euros/ha pour le pomerol. En Champagne, « le marché amorce une sortie de crise grâce à la reprise des exportations. Les prix du foncier s?établissent en moyenne autour du million d?euros/ha.

La concurrence est toujours vive entre producteurs de champagne

Soucieuses d?assurer leurs approvisionnements, les maisons de champagne ont à nouveau acheté du foncier. Une concurrence féroce s?amorce entre le négoce et les petits producteurs, bien souvent coopérateurs », assure Agrifrance. En Provence, le prix des vignes tourne autour de 30.000 ?/ha, dans un marché assez calme sauf pour les appellations Bandol ou Cassis (85.000 0 120.000 ?/ha). En Côte du Rhône, la moyenne du générique atteint 17.000 ?/ha. Le marché est plutôt orienté à la baisse (-6% dans le Vaucluse). Châteauneuf du Pape se stabilise toutefois aux environs de 390.000 ?/ha. En Val de Loire, enfin, les prix tournent autour de 15/20.000 ?/ha. Certaines appellations d?origine protégée (AOP) comme le Muscadet sont sinistrées.

Le succès pour les forêts ne se dément pas

Le marché des transactions en espaces boisés, quant à lui, se porte assez bien. « En 2011, on constate que l?offre est très limitée alors que la demande ne cesse de croître, y compris de la part des investisseurs institutionnels. Du coup, les acquéreurs désireux de réaliser leur projet sont contraints de payer le prix fort pour emporter la mise », ajoute Agrifrance. Les moyennes officielles font état de 3.190 ?/ha en 2010. Ce prix est étroitement lié à la quantité et à la qualité de bois existant sur pied. Une forêt de chêne peut très bien dépasser 8.000 ?/ha. Les régions les plus prisées sont l?Ile de France, la Sologne et le Nord-est, soutenues par le marché de la chasse. Ce qu?il faut bien savoir, c?est que si ce segment des forêts est toujours aussi dynamique, c?est parce qu?il profite d?avantages fiscaux très intéressants pour les personnes assujetties à l?ISF.
« En ces périodes chahutées, le foncier rural conserve donc ses atouts en tant que solution de diversification de patrimoine. Le foncier agricole continue lentement son ascension sans pour autant connaître les sommets de la plupart de nos voisins européens », tempère ainsi Agrifrance.
 

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