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CFD : le nouveau produit de Bourse qui séduit les Français

Pascale Besses-Boumard

Publié le 24 avril 2012 à 15:09 - Mis à jour le 24 avril 2012 à 15:29

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Les actions n'ont plus la cote ? Qu'à cela ne tienne. Plusieurs courtiers ont choisi de proposer à leurs clients particuliers des CFD, permettant de jouer les variations de cours de nombreux actifs sans les détenir. Explications.

Les courtiers traditionnels ont bien du mal à traverser la crise financière de ces dernières années. Investisseurs particuliers et institutionnels ont radicalement revu leur position par rapport à la Bourse et n'interviennent plus de la même façon. Les particuliers ont été échaudés par la chute vertigineuse de la plupart des actions et ne veulent plus entendre parler de cet investissement. Les institutionnels sont coincés avec de nouvelles règles prudentielles qui les contraignent à réduire leur programmes d'achat et de vente sur les actions.
Pour autant, d'autres intervenants sont aujourd'hui en train d'émerger. Ils ne se positionnent, certes, pas sur le même créneau. Préférant les produits alternatifs du type CFD (Contract For Difference, c'est-à-dire des instruments financiers de gré à gré qui permettent à un investisseur de bénéficier de la variation d'un actif financier sans jamais en être propriétaire et sans avoir à immobiliser la valeur de la transaction). Ces produits permettent d'investir aussi bien sur les actions que les indices, les devises, les taux ou les matières premières. Ils sont à fort effet de levier et d'un maniement très souple. Ce sont des cousins éloignés des ETF (exchange trade funds) qui permettent, eux aussi de jouer sur ces classes d'actifs, mais aussi des warrants et des certificats, produits de Bourse assez prisés des « day traders », à l'affût de décalages importants à très court terme.

Succès croissant de ces produits de gré à gré

La structure des CFD est toutefois différente. D'abord et surtout parce qu'ils ne sont pas listés, leur négociation passant exclusivement par le courtier qui les propose et non pas via Nyse Euronext. D'où les plages de cotations plus larges que celles des actifs passant par la Bourse traditionnelle. « Ces produits sont en train de séduire un nombre croissant d'investisseurs. En 2011, notre établissement a enregistré 15 milliards d'euros de transactions par mois sur les CFD et le Forex, qui permet de jouer sur les devises. Ce chiffre traduit un bond en avant de 60% par rapport à l'année précédente. A ce niveau, nous possédons aujourd'hui 19% de part de marché sur ce créneau », précise Pierre-Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque qui s'est clairement positionné sur ce marché au même titre qu'IG Market.

Le cabinet Investment Trends vient d'ailleurs de rendre public une étude réalisée en février 2012 sur le poids des CFD et du Forex (trading de devises) en France. Il évalue le marché national à une population de 20 000 investisseurs (ayant passé au moins 1 ordre ces 12 derniers mois) dont 16 000 personnes sur les CFD et 15 500 sur le Forex (57.5% investissent sur les 2 instruments). L'étude démontre par ailleurs le fort développement de cette industrie sur ces douze derniers mois, le nombre de nouveaux adeptes ayant cru de 48% pour les CFD et de 51% pour le Forex.

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Les nombreux mouvements font la joie des courtiers
Cette tendance est-elle symptomatique des nouveaux appétits des Français pour les produits de Bourse ? Si le nombre de détenteurs d'actions en direct a nettement baissé ces deux dernières années, les chiffres avancés par les promoteurs de ces produits spéculatifs tranchent effectivement. Mais s'agit-il de tendances lourdes ?  Ces nouveaux outils ne sont certes pas à mettre dans toutes les mains puisqu'ils sont à fort effet de levier, avec la possibilité de perdre plus que sa mise. Ils sont donc faits pour les investisseurs n'ayant pas peur de prendre des risques. Ce qui est loin d'être la majorité des épargnants par les temps qui courent. Mais il suffit que les « aficionados » initient de nombreux mouvements pour faire la joie des courtiers qui prennent des commissions au passage.
Au-delà du succès rencontré auprès des investisseurs, il est intéressant de voir à quel point les courtiers se positionnent sur ces produits dits OTC, c'est-à-dire ne passant pas par un marché réglementé. Tendance que redoutent plus que jamais les Bourses traditionnelles qui voient dans l'émergence des plateformes alternatives leur réel concurrent de demain. Le paysage des courtiers, déjà en profonde reconfiguration depuis une dizaine d'années, n'a pas fini d'évoluer.

Pascale Besses-Boumard

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