Bankia change de président et pourrait recevoir jusqu'à 10 milliards d'aide publique

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Le Président Rodrigo Rato a annoncé son départ.Copyright AFP
Le Président Rodrigo Rato a annoncé son départ.Copyright AFP
Le président de la banque espagnole en difficulté a annoncé son départ. L'Etat pourrait injecter de 7 à 10 milliards d'euros dans Bankia afin de rassurer les marchés.

Rodrigo Rato a démissionné lundi 7 mai de la présidence de la banque espagnole en difficulté Bankia. Son  départ ouvre la voie à un renflouement dont Madrid espère qu'il rassurera les investisseurs internationaux quant à la stabilité financière du pays. Cette annonce intervient alors que le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a ouvert la porte à un recours à l'argent public pour aider le secteur bancaire espagnol et plus particlièrement Bankia, une hypothèse qu'il rejetait jusqu'à présent. L'aide apportée à Bankia serait sous forme d'une recapitalisation sur fonds publics de 7 à 10 milliards d'euros, selon des sources proches du dossier citées par l'agence Reuters.

Deux sources gouvernementales ont déclaré que des capitaux publics seraient injectés dans Bankia, née du rapprochement de différentes caisses d'épargne ("cajas") locales par le biais de l'achat de "CoCos" ou "contingents convertibles", des obligations susceptibles d'être converties en actions en cas de besoin.
Un tel mécanisme pourrait faire monter le ratio dette publique/PIB de l'Espagne cette année puisque le Trésor devrait emprunter les capitaux nécessaires à l'achat de ces titres. En revanche, il ne creuserait pas le déficit public car Bankia serait obligé de les rembourser à leur valeur de marché.

L'annonce du plan pour Bankia est imminent

Les liquidités ainsi apportées à la banque lui permettraient d'assainir les activités bancaires et immobilières détenues pour l'instant par BFA, la holding de tête du groupe, appelées à être absorbées par Bankia tandis que BFA cesserait toute activité bancaire, a expliqué une source proche du projet.
Un tel montage permettrait de simplifier la structure du groupe, qui détient environ 10% de l'ensemble des dépôts bancaires d'Espagne et est fortement exposée au marché immobilier. Il vise aussi à rassurer les investisseurs qui craignent de voir l'Espagne contrainte de demander une aide internationale pour recapitaliser son secteur bancaire.

L'annonce du plan est attendue dès lundi soir, ont précisé plusieurs sources. "L'objectif est d'envoyer un signal fort aux marchés comme au Fonds monétaire international et aux autres partenaires internationaux en leur montrant que le plan (pour Bankia) est ambitieux et solide et qu'il complètera la réforme bancaire en cours", a expliqué l'une des sources. Ce plan doit compléter un projet plus vaste de création d'une "bad bank" espagnole, ou plus précisément une ou plusieurs sociétés de liquidation appelées à reprendre les actifs immobiliers les plus risqués détenus aujourd'hui par des banques.

Rodrigo Rato remplacé par Jose Ignacio Goirigolzarri

Rodrigo Rato , ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et ancien ministre du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy qui avait piloté l'entrée en Bourse de Bankia l'an dernier, n'a pas précisé les motifs de son départ. Des sources avaient auparavant expliqué que le plan de renflouement de la banque prévoirait des changements au sein de l'équipe dirigeante. Rodrigo Rato cédera son siège à Jose Ignacio Goirigolzarri, ancien directeur général de BBVA.

 

Les banques espagnoles affaiblies par 184 milliards  d'actifs immobiliers toxiques


Pour bon nombre d'observateurs, l'instabilité des banques espagnoles, très affaiblies par l'éclatement de la bulle immobilière et que trois plans de soutien successifs n'ont pas suffi à redresser, est une menace pour les finances publiques du pays, voire pour l'ensemble de la zone euro.  C'est la raison pour laquelle, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy est soucieux de rassurer les marchés. Il a fait savoir dans la matinée du lundi 7 mai que son gouvernement présenterait en détail une nouvelle réforme du système bancaire vendredi, précisant qu'il pourrait mobiliser de l'argent public aider les banques, mais en dernier recours seulement. "S'il s'avérait nécessaire de rassembler les crédits permettant de sauver le système financier espagnol, je n'hésiterais pas à faire ce que d'autres pays de l'Union européenne ont fait: prêter de l'argent public, mais cela ne serait qu'en dernier ressort", a déclaré Mariano Rajoy à la radio Onda Cero. L'Etat espagnol a en effet déjà consacré 18 milliards d'euros au renflouement du secteur financier, tout en pilotant des dizaines de fusions - y compris celle qui a créé Bankia - et en obligeant les banques à passer des pertes plus de 50 milliards d'euros de prêts et d'actifs immobiliers.

Les actifs immobilier à risque des banques espagnoles sont actuellement estimés à 184 milliards d'euros, dont 31,7 milliards pour l'ensemble BFA-Bankia. Le groupe a déjà inscrit dans ses comptes des pertes de 11,9 milliards, soit 37,5% de ce total.

 

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Commentaires
a écrit le 10/05/2012 à 9:47 :
Expliquez moi, comment peut on injecter de l'argent alors que nous somme endettés , c'est mon banquier qui sera très heureux ' je viens lui demander d'injecter quelques mille euros sur mon compte pour que je puisses repartir sur de bonnes bases!!!!!!!!
a écrit le 08/05/2012 à 8:05 :
Voilà une information capitale ! 10 milliards d'euros tirés de l'air des climatiseurs plus 184 potentiels (zerohedge les chiffre à 253 milliards et ils ne se sont jamais trompés). Elle est belle l'Union européenne ! Et que dire de l'endettement des régions espagnoles ? Et lorsque l'on sait que le fédéralisme régional est ce que veut notre nouveau président, il y a de quoi frémir.

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